Genrer les politiques publiques de développement en France

Genre en Action est impliqué activement dans le plaidoyer de la société civile française à l’endroit des institutions de développement, principalement le Ministère des affaires étrangères et l’Agence Française de Développement.

La plateforme Genre et développement du Ministère français des Affaires Etrangères reprend ses activités, animée par Genre en Action

Interview de Claudy Vouhé pour le bulletin de Coordination SUD (2014).
Créée en 2006 par le ministère des Affaires étrangères, la plateforme Genre et Développement reprend ses actions dans un climat institutionnel favorable mais encore incertain. Elle est animée par l’association Genre en Action, spécialiste du genre depuis 10 ans.

Source : LES NOUVELLES DU SUD, le bulletin d’information de Coordination SUD #156 (automne 2014)

La plateforme existe dans le but de rassembler les institutions publiques chargées de l’aide publique au développement, les organisations de la solidarité internationale – y compris celles issues des migrations – le monde de la recherche, les acteurs de la coopération décentralisée et les parlementaires. Le Document d’orientation stratégique (DOS 2, 2013-2017) indique que son rôle est « d’assurer l’accompagnement et le suivi de la mise en oeuvre de la stratégie genre et développement » du ministère des Affaires étrangères et du Développement international. Cependant, pour que la plateforme ait une action structurante inscrivant durablement l’approche genre dans l’analyse, la mise en oeuvre et l’évaluation de toutes les politiques et pratiques du développement en France, elle doit aussi impulser la co-construction d’initiatives de recherche, de formation, d’outils et programmes.

Un climat institutionnel incertain par manque de moyens et de vision transversale

Le 8 juillet, une centaine de personnes se sont réunies pour relancer la plateforme, en sommeil depuis quelques années. Si la progression de l’approche genre et développement en France est évidente, elle reste handicapée par le manque de moyens (humains, financiers), de compétences, d’expertise et d’outils, et par le peu de collaborations entre les différentes familles d’acteurs. Les secteurs « durs » (économie, infrastructures, changement climatique, etc.) sont peu sollicités, alors qu’ils pèsent lourdement sur l’égalité femmes-hommes. Même si les OSI/ OSIM sont plus actives dans le domaine du genre (à travers la commission Genre de Coordination SUD) que les collectivités territoriales ou le monde de la recherche, seules quelques-unes sont spécialisées et leurs moyens et impacts sont limités. Des actions sont requises pour concrétiser la production de données, former et outiller les équipes, capitaliser l’expérience et l’expertise des acteurs et mobiliser les médias.

Une relance de la plateforme en ordre de marche

Cinq groupes de travail ont été proposés : le suivi et l’évaluation de la mise en oeuvre du DOS 2 et du Cadre d’intervention transversal genre de l’AFD ; les outils d’opérationnalisation du genre ; les priorités et enjeux internationaux ; le genre et les droits sexuels ; les définitions et le langage du genre. Une stratégie de communication assurera la visibilité des travaux de la plateforme. Un comité de pilotage travaillera avec Genre en Action pour maintenir la dynamique et coordonner le travail des groupes. Les membres de la plateforme contribueront aux efforts des institutions pour rattraper le retard général de la France dans le domaine du genre. Gageons que les institutions soutiendront leurs efforts en retour en fléchant des financements adéquats pour plus d’égalité femmes-hommes.

Source : LES NOUVELLES DU SUD, le bulletin d’information de Coordination SUD #156 (automne 2014)

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LES NOUVELLES DU SUD, le bulletin d’information de Coordination SUD #156 (automne 2014)

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