Les femmes en politique locale (RDC)

Genre en Action et CFCEM (sud Kivu) lance un nouveau projet pour la participation active des femmes dans les politiques locales.

Le projet "femmes en politiques locales, RDC"

Genre en Action et CFCEM (sud Kivu) lancent un nouveau projet (soutenu par la Fondation RAJA) pour la participation active des femmes dans les politiques communales, en vue des premières élections locales qui devraient se tenir fin 2018 en RDC.

Situation

En RDC, les droits des femmes piétinent. Le chapitre 14 de la Constitution de la RDC stipule la parité entre femmes et hommes. Cependant, le projet de loi organique sur la parité n’a pas encore été approuvé par le Parlement, en dépit du plaidoyer de la société civile. La sous-représentassions des femmes dans les postes électifs (8,4 % à l’Assemblée Nationale et 4,6 % au Sénat) reflète le statut inférieur qui leur est assigné dans la vie économique, sociale et politique. Actuellement, la R.D.C est engagée dans les processus électoraux (enrôlement et vote) dont les premières élections locales sont prévues en décembre 2017 après une longue période allant de juillet 2016 en Juillet 2017 couvrant le processus d’enrôlement. Au Kivu, où les viols constituent une arme de guerre depuis des décennies, la participation des femmes aux processus électoraux locaux est un réel enjeu de gouvernance mais aussi de survie. Ces élections représentent une opportunité unique pour les femmes d’entrer dans la prise de décision locale et d’agir pour leurs droits. Le diagnostic établi par CFCEM montre que les femmes et les filles des milieux ruraux et périurbains ne se font pas entendre pendant le processus électoral, votent peu (par marginalisation sociale, analphabétisme, manque d’information, de carte d’électrice, préjugés et méfiance face aux « politiques ») et ont des préjugés sur les femmes candidates. Peu se portent candidates, celles qui le souhaitent ne savent pas comment le faire, et/ou n’ont pas les moyens. Elles redoutent aussi de braver les préjugés attachés aux "femmes publiques", car les hommes, mais des femmes aussi, résistent à l’entrée des femmes dans l’arène politique locale.

Objectifs

C’est pourquoi le projet présenté par Genre en Action, en partenariat avec l’asbl CFCEM (Coordinnation Congolaise des Femmes pour l’Equilibre dans les Ménages) vise à augmenter la participation des femmes et des jeunes filles au processus électoral, à soutenir les candidatures et campagnes des femmes et à mettre en place une campagne d’interpellation des candidat.es sur les besoins des femmes et installer une veille collective sur la participation des femmes à la vie politique locale à travers la tenue d’ateliers de formation sur les techniques de sensibilisation au processus électoral, les campagnes d’interpellation des candidat.e.s et la production d’outils de communication et constitution des comités de pilotage au niveau local.
Le projet se déroulera dans les communes dans les territoires d’UVIRA, WALUNGU et KABARE (sud Kivu)

Trois objectifs spécifiques sont identifiés :

1/ Augmenter la participation des femmes et des jeunes filles au processus électoral (s’inscrire, voter, soutenir les candidates),
2/ Soutenir les candidatures et campagnes des femmes
3/ Mettre en place une campagne d’interpellation des candidat(e)s sur les besoins des femmes et installer une veille collective sur la participation des femmes à la vie politique locale.

Activités prévues

  • Activité 1 : Atelier de 6 jours pour former une équipe d’animation de 9 femmes de CFCEM : information sur le processus électoral, obligations et droits des candidat.e.s et de l’électorat, argumentaire contre les préjugés sexistes à l’encontre des candidates, construction des modules et supports pédagogiques (boites à images, affiches, outils de sensibilisation).
  • Activité 2 : L’équipe (scindée en 3) mènera une campagne de sensibilisation des acteurs et actrices clefs dans les 3 territoires : interpellation des leaders locaux (élu.e.s, autorités locales, chefs locaux, responsables religieux, associations de développement et associations de femmes/jeunes filles). Cette étape est indispensable pour contrer les résistances que le projet pourrait rencontrer, ses intentions étant de « bousculer » un ordre social établi dans lequel « L’adhésion des acteurs-actrices clefs permettra d’assurer la mise en œuvre du projet dans de bonnes conditions. Ces personnes seront activement encouragées à mobiliser les femmes pour la prochaine étape.
  • Activité 3 : Les équipes organiseront des ateliers pour les femmes dans les territoires. Ils porteront sur l’importance de la participation des femmes, fourniront des informations sur le processus électoral (comment voter, comment revendiquer les droits, comment se porter candidate etc.).
  • Activité 4 : Les femmes formées constitueront des équipes de suivi locales auprès des femmes et filles en âge de voter et/ou candidates. Quartier par quartier, elles inciteront les femmes à s’inscrire massivement sur les registres électoraux. Le projet assistera les femmes candidates.
  • Activité 5 : Le projet animera une campagne d’interpellation des candidats (femmes et hommes) "Si vous voulez nos voix, entendez les nôtres" et une campagne "cette fois, je donne ma voix aux femmes".
  • Activité 6 : Capitalisation et évaluation participative, production d’outils.+ Communication en transversal, et Comité de Pilotage

Les résultats attendus

  • Le taux de participation des femmes et des filles à l’enrôlement et au vote augmente de 51% en 2011 à 70% en 2017 et 2018 dans les territoires d’UVIRA, WALUNGU et KABARE
  • La représentativité des femmes des territoires d’UVIRA, WALUNGU et KABARE au sein des organes de prise de décision augmente en raison de 20%
  • La prise en compte des besoins et revendications des femmes et jeunes filles par les candidat.e.s ainsi que de leur participation active à la citoyenneté sont effectives.

Bénéficiaires

  • 9 femmes de CFCEM formées aux techniques de mobilisation citoyenne dans les processus électoraux
  • 150 leaders locaux (femmes et hommes) sensibilisé.e.s sur la participation des femmes et la gouvernance
  • 300 femmes informées sur leurs droits civiques
  • Plus de 600 femmes touchées par les campagnes de sensibilisation
  • 10 à 15 femmes candidates accompagnées par le projet
  • 50 candidat.e.s interpellé.e.s par les femmes
  • 5000 membres de GeA profitent de la capitalisation

Partenaire local

Le CFCEM a pour objet la lutte contre les violences basées sur le genre et toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et filles. En outre, cette ASBL milite pour l’autonomisation des femmes, la parité et l’égalité des sexes. Cet objet statutaire est poursuivi à travers la sensibilisation, le renforcement des capacités des femmes et des filles, surtout en milieu rural où les besoins sont plus ressentis. L’asbl CFCEM/GA compte 13 femmes bénévoles et militantes. Elle organise des séminaires, ateliers et campagnes sur les droits des femmes à l’intention des femmes et des filles, mais aussi des hommes et leaders, et porte des actions concrètes pour assister les femmes dans leurs projets économiques et la lutte contre les violences. L’association est insérée dans le réseau local et national de la société civile féminine, ses membres sont formées et informées sur les enjeux congolais. CFCEM a déjà sensibilisé les femmes rurales sur le leadership féminin. Il a réussi à regrouper des centaines des femmes dans des entités telles que Walungu, Luvungi Kavumu et Kabare, dans des associations avec des dirigeantes choisies parmi leurs membres. Cet exercice de leadership et de démocratie est une bonne expérience pour les femmes rurales.
Les Associations Villageoises d’Epargne et de Crédit dirigées par les femmes, dotées d’un règlement d’ordre intérieur est le premier pas. CFCEM est adhérente et membre active de Genre en Action depuis 2013. Elle participe aux actions et réflexions de l’association et du réseau, notamment s’agissant de la situation des femmes au Congo.

Financement

Début 2017, le projet a obtenu un soutien de la Fondation RAJA. Des partenaires locaux le soutiennent aussi en RDC.

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