Rencontres des Etudes Africaines (Juillet 2014, France)

Les 3èmes Rencontres des Etudes Africaines en France

Les 3èmes Rencontres des Etudes Africaines en France

Dans le cadre des 3èmes Rencontres des Etudes Africaines en France, organisées par le Laboratoire des Afriques dans le Monde (LAM), partenaire de Genre en Action depuis 10 ans, Genre en Action a animé le 1er juillet 2014 une table ronde sur le thème "Réseaux transnationaux d’Afrique et de la diaspora : apports, obstacles et avenir".

Pourquoi une table ronde sur les "Réseaux transnationaux d’Afrique et de la diaspora : apports, obstacles et avenir" ?

Cette table ronde s’intéresse à l’apport et à l’avenir des réseaux de femmes et des organisations et de femmes d’Afrique et de la diaspora, de leur impact sur l’égalité de genre et le féminisme en Afrique et en général, sur les risques d’instrumentalisation politique auxquels ils sont confrontés. En effet, depuis la Conférence de Pékin de 1995, les réseaux locaux et transnationaux pour l’égalité de genre se sont multipliés (Tripp, 2005). En Afrique, ils concernent en particulier les violences contre les femmes – dont les mutilations génitales féminines, les conflits et la paix, l’entreprenariat féminin et la gouvernance politique (Madunagu, 2001 ; Snyder, 2003).

Néanmoins, les obstacles au fonctionnement et à l’efficacité de ces réseaux sont nombreux : ils restent fortement influencés par le passé colonial (Adams, King & Hook, 2010), les espaces sont cloisonnés – francophones, anglophones, hispanophones… Par ailleurs, l’institutionnalisation du genre a dépolitisé, « déféministé » et « ONGisé » les luttes des femmes, notamment par les conditionnalités des financements. Les femmes et leurs réseaux ont du mal à s’imposer comme productrices d’analyses spécifiques de l’évolution des relations sociales et restent davantage considérées comme véhicules ou bénéficiaires des politiques d’égalité des États (Palmieri, 2013).

Cependant, de nombreux réseaux continuent à émerger, notamment grâce à l’usage des TICs. En France par exemple, les femmes migrantes africaines, à l’instar du Black feminism de la diaspora africaine aux Etats Unis (Marteen, 2004) introduisent l’idée que les rapports de domination de classe, race, et de genre sont intersectionnels et modernisent ainsi la théorie féministe à l’échelle mondiale.

Avec :

  • Joëlle Palmieri (Genre en Action/LAM) : Réseaux de femmes et féministes en Afrique : entre institutionnalisation et radicalité
  • Claudy Vouhé (Genre en Action) : Un réseau multi-acteurs/trices francophone « Genre et Développement » ? Pour quoi faire ?
  • Mariam Touré (Awodiag) : Associations, mouvements, réseaux de femmes africaines en diaspora : Retombées, Obstacles et Avenir
  • Brice Monnou (Fecodev) : Femmes migrantes actrices de développement : s’engager et agir pour un développement endogène.

Les intervenantes et leurs réseaux

Genre en Action

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Joelle Palmieri

Joelle Palmieri est chercheure en sciences politiques. Experte en genre, conseil en communication, elle collabore régulièrement avec l’Organisation internationale de la Francophonie, le CRDI (Centre de recherches pour le développement international), avec des instituts de recherche, des universités et avec des ONGs, telles que enda-Tiers Monde, le réseau Genre en Action, sur des projets de recherche en genre dans et via l’information et la communication, le développement durable, la citoyenneté et l’économie. Sa thèse de doctorat en science politique a porté sur « Genre et Internet : Effets politiques des usages de l’Internet par des organisations de femmes et féministes sur deux types de domination (masculine et colonialitaire) : les cas de l’Afrique du Sud et du Sénégal ». Engagée très tôt dans le mouvement associatif, Joelle Palmieri est familière des métiers de la presse et de la communication, du multimédia et de l’information numérique. Joelle Palmieri est membre du Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (Codesria), co-fondatrice, et membre du Réseau Genre en Action, membre associée du Laboratoire les Afriques dans le Monde (Lam).

La contribution de Joelle Palmieri est disponible sur son site internet : Réseaux de femmes et féministes en Afrique : entre institutionnalisation et radicalité

Extrait : "Deux types de réseaux demandent à être différenciés en Afrique. Les « féminins » et les « féministes ». (...) Depuis les indépendances, la chute de l’apartheid et l’avènement des démocraties parlementaires, les lois, les discours politiques, l’activité des partis sont restés dans le domaine masculin. L’exercice de la citoyenneté demeure un privilège réservé aux hommes. Pour agir sur le politique, les militantes africaines doivent donc se créer des espaces spécifiques, en marge de l’officiel, tout en exprimant un soutien. Lire la suite

Claudy Vouhé est Présidente de l’association Genre en Action depuis 2009. Elle a commencé à travailler sur l’égalité femmes-hommes en 1988 en Europe, en lien avec le chômage de longue durée et l’économie sociale et solidaire. De 1992 à 1997, en Namibie, elle a coordonné un programme Unicef pour la promotion économique des femmes (micro-entreprises) et l’intégration du genre dans les politiques sectorielles. De 1997 à 2001, elle a été enseignante-chercheure à Londres au sein du programme « Gender Policy and Planning » du Development Planning Unit (University College London). De retour en France en 2001, elle a co-fondé en 2003 le réseau francophone Genre en Action. Elle est consultante en « genre et développement » et collabore avec des centres de recherche, des universités, des agences internationales et nationales ainsi que des ONG, surtout en Afrique subsaharienne, sur des missions consacrées à l’intégration du genre dans tous les secteurs du développement..

En savoir + : www.genreenaction.net

AWODIAG (Femmes Africaines Actives de la Diaspora)

Mariam Touré (AWODIAG) est Avocate au Barreau de Paris. Activiste féministe, elle milite pour une meilleure implication/visibilité des femmes actives africaines en diaspora tant dans le pays d’adoption que dans le pays d’origine. Fondatrice de l’association AWODIAG, elle a développé et dispense des formations sur les thématiques telles que Emergence/ leadership féminin, le Droit comme instrument de développement du Genre en Afrique Subsaharienne, La problématique politique et sociale de la situation des femmes africaines en pays de conflit et la problématique des réseaux/associations de femmes africaines en diaspora. Dans un registre différent et pourtant indissociable de la thématique du Genre, elle organise des séminaires résidentiels réservés uniquement aux femmes sur le Bien-être au Féminin. Mariam collabore avec toute organisation, association ou collectif engagé dans une réflexion positive et des actions réelles et constructives pour les femmes africaines subsahariennes sur le continent ou en diaspora.

L’Association AWODIAG : En diaspora, les Femmes Africaines Actives doivent faire face à deux défis de taille : la discrimination professionnelle/ le plafond de verre dans le pays d’adoption, et une situation “d’inexistence” aux yeux des décideurs/Institutions/gouvernements des pays africains d’origine. AWODIAG a pour ambition de remédier à cette situation “d’inexistence” en devenant une plateforme de rencontre, d’échanges et de travail entre, d’une part, les Femmes Actives de la Diaspora et les Femmes Actives Africaines évoluant sur le Continent Africain et, d’autre part, les Gouvernants africains afin qu’il soit remédiée à cette situation “d’invisibilité” . Nous ambitionnons de devenir la “Voix” des Femmes Africaines Actives de la Diaspora sur le Continent Africain de même que dans nos pays d’adoption en vue :
• de débattre de la problématique de la Femme Africaine Active en Diaspora
• de la création d’un réseau fort et efficace
• d’être une Valeur Ajoutée dans le processus de développement de nos pays d’origine respectifs et partant, du Continent Africain

Nos projets en cours :
• Enrichissement du répertoire des compétences professionnelles féminines en diaspora
• Conclusion de l’enquête sur les femmes africaines en diaspora
• Réflexion sur la situation des associations/réseaux des femmes africaines en diaspora
• Organisation et recherche de financement/sponsors pour l’organisation d’une Conférence mondiale en décembre 2014 en Afrique subsaharienne

En savoir + : www.awodiag.org

FECODEV (Femmes et Contributions au Développement)

Binouri Brice MONNOU est consultante avec une expertise « Migrations et Développement ». Elle est migrante Béninoise et Française et réside en France.

Depuis quelques années elle dirige l’organisation Femmes et Contributions au Développement (FECODEV), un réseau d’une quarantaine d’associations de développement animées par des femmes migrantes résidentes en France et originaires de 20 pays africains.

Binouri Brice MONNOU connaît bien la situation des femmes migrantes, leurs combats, leurs forces. Elle se veut une femme de terrain qui, forte de son expérience, entend apporter au travers de l’initiative FECODEV, la contribution des femmes tant au Nord qu’au Sud, à la coopération et à la solidarité internationale. Elle participe et contribue sur le sujet dans des espaces de consultation de concertation et de décision en France et dans des instances internationales.

Elle est administratrice du FORIM (Forum des organisations de solidarité internationale issues des Migrations), plateforme regroupant environ 700 associations de migrants en France. Elle est par ailleurs active dans plusieurs ONG de développement en France et à l’international.

Femmes et Contributions au Développement (FECODEV) est une organisation à but non lucratif, créée en 2005 et constituée d’un réseau d’une quarantaine d’associations animées par des femmes migrantes résidentes en France et originaires du Bénin, Togo, Sénégal, Mali, Niger, Guinée, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Congo, RDC, Centrafrique, Cameroun, Gabon, Ethiopie, Djibouti, Erythrée, Guinée Bissau, Rwanda, Comores, Sao Tome et Principe. Ce sont des associations qui œuvrent dans le champ de l’intégration en France, de la coopération et de la solidarité internationale dans les pays du Sud.

FECODEV s’est donnée pour but de renforcer les capacités de ses membres, de mutualiser des compétences et des initiatives féminines en vue de valoriser la dynamique participative des femmes au processus de développement et de la lutte contre la pauvreté.

En savoir + : www.fecodev.org

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