1933 et 2005 : Togolaises au créneau

Catherine Coquery-Vidrovitch, historienne et Professeure émérite à l’Université Paris-7 questionne le silence de nos institutions et salue le courage des Togolaises face à la crise politique qui affecte leur pays.

Le rôle des femmes au Togo est important, et j’espère qu’elles vont donner un peu de courage aux hommes… comme en 1933 ! C’était en pleine crise économique, et l’administration coloniale n’avait rien trouvé de mieux que de vouloir imposer l’impôt aux commerçantes en pagnes du grand marché de Lomé, qui souffraient comme les autres et même davantage de la dépression. Les "Nana-Benz" ont organisé la résistance, elles sont descendues dans la rue, comme leurs collègues les marketwomen Igbo et Yoruba l’avaient déjà fait dans le Nigeria voisin dans les années 1925 (ce que les Britanniques ont recensé comme les "women’s wars"). Elles ont eu gain de cause… Puissent-elles contribuer à réussir à nouveau à l’effondrement d’un régime aussi terrifiant que stupide, et qui pourtant sévit dans l’indifférence (ou la bienveillance cachée) généralisée des grandes Puissances et de leurs journalistes supposés internationaux, qui traitent par le mépris un peuple en très grande souffrance…

***

Catherine Coquery-Vidrovitch
Professeure émérite
Université Paris-7 Denis Diderot
Laboratoire SEDET, UMR 2683
http://www.sedet.jussieu.fr
coqueryv chez ext.jussieu.fr

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