8 000 femmes intellectuelles ont contribué à façonner l’islam

Un chercheur de l’université
d’Oxford au Royaume-Uni a découvert que, dans un passé
lointain et complètement oublié, les femmes pouvaient enseigner le Coran et écrire les lois.

"Pour les musulmans comme pour les non-musulmans, l’universitaire
islamique est un homme à barbe grise, et les femmes sont plutôt
considérées comme des sujets soumis aux lois islamiques que des
personnes susceptibles de les écrire", souligne le New York Times. Il
existe pourtant des possibilités pour les femmes de recevoir une
éducation religieuse comme à la prestigieuse université Al-Azhar du
Caire. "Malgré ces quelques niches, les barrières culturelles empêchent
les musulmanes de poursuivre de telles études et encore moins
d’enseigner", précise encore le quotidien. Un chercheur de l’université
d’Oxford au Royaume-Uni a cependant découvert que, dans un passé
lointain et complètement oublié, les femmes pouvaient enseigner le Coran
et écrire les lois.

Mohammed Akram Nadwi a commencé ses recherches sur le sujet il y a huit
ans. A l’époque, il pensait faire le portrait de tout au plus 20 à 30
érudites. Sa surprise fut grande quand il a découvert des lettres et des
dictionnaires bibliographiques qu’au moins 8 000 femmes depuis plus de
1,400 ans avaient contribué à l’avancée de l’islam. Femmes dont le
nombre s’est considérablement réduit à partir du XVIe siècle. Il a fallu
à Akram 40 volumes pour les recenser. Une introduction de son ouvrage,
qui à elle seule fait plus de 400 pages, sera bientôt disponible en anglais.

Les recherches d’Akram ont également contribué à mettre l’accent sur
l’attitude actuelle des femmes qui n’osent même plus aller prier dans
les mosquées. En dévoilant ainsi l’histoire de ces érudites, Akram
espère changer les mentalités. "Dieu a donné aux filles des qualités et
des capacités intellectuelles. Si elles ne peuvent pas les utiliser pour
étudier, cela revient à les enterrer vivantes", explique-t-il à ceux qui
ne veulent pas redonner aux femmes la place qu’elles ont occupée dans le
passé.

Nombre d’universitaires islamiques ne voient pas le travail d’Akram d’un
bon œil et l’accusent de prôner la mixité entre hommes et femmes. Ce
dernier plaide pour que les femmes aient de nouveau la possibilité de
fréquenter les écoles islamiques, "mais, ajoute-t-il, elles doivent
rester à leur place, c’est-à-dire dans un coin reculé de la salle ou de
l’amphithéâtre ou encore cachées derrière un rideau" !

Source : Anne Collet, 05.03.2007

Paru sur le site internet de Femmes de la Francophonie (source : [AFARD Togo] RESSOURCES N°74)

Dans la même rubrique :

Communauté

  • Devenir membre
  • Se connecter
  • Nos membres
  • Le genre se bouge
  • Publier un article

infoGENRE

S'abonner à la newsletter