Quelle approche féministe des connaissances ouvertes ? une session proposée par Anacaonas, BRIDGE et Genre en Action

Notre session s’intitule "Reconquérir notre pouvoir. Genre et connaissances : une approche féministe des nouvelles technologies". Notre idée est qu’un mouvement féministe fort doit mener une politique de gestion de ses savoirs, qui prend en compte les hiérarchies sociales, les barrières linguistiques, les connaissances locales et les défis technologiques. Il est important de s’interroger sur la façon dont les connaissances sont produites, diffusées et utilisées et de mieux comprendre les structures de pouvoir qui sous-tendent ces processus.

Est-ce que les nouvelles technologies ont permis aux femmes d’organiser et d’exprimer leurs voix ? Les femmes ont-elles une meilleure information pour prendre des décisions ? Leurs connaissances sont-elles incluses valorisées aux niveaux local, régional et mondial ? A partir d’exemples et de témoignages provenant d’Afrique, d’Asie et d’Amérique Latine, la session propose de construire une nouvelle vision féministe du "savoir".

Panélistes

  • Kemly Camacho, Sulá Batsú (Costa Rica)
  • Anita Gurumurthy, IT for Change (Inde)
  • Françoise Mukuku, Genre en Action / Observ’action (République démocratique du Congo)
  • Firuzeh Shokooh Valle, Voices Online / Université mondiale NorthEastern (Puerto Rico / US)

Objectifs

La session vise à reprendre le concept de la connaissance en tant que puissance et d’explorer les façons dont les femmes pourraient utiliser cette puissance à travers les nouvelles technologies, comme les technologies des communications et de l’information (NTIC) et l’Open Knowledge. Nous voulons explorer le concept d’"Open Knowledge". Ce mouvement a t-il permis jusqu’ici, le partage des savoirs entre les acteurs et actrices de l’égalité de genre ou facilité un mouvement féministe international ?

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Séminaire sur l’Open Knowledge à l’Institut des Etudes de Développement (Octobre 2015, Brighton, UK)
OPEN ACCESS ? Ouvrir les connaissances, c’est-à-dire permettre à toutes et à tous d’y accéder librement, peut aider les mouvements progressistes à combattre les inégalités. Mais de quels types de connaissances parle-t-on ? Quels sont les contenus ? Qui les produit ? Qui y accède et de quelles façons ? Telles sont les questions cruciales que se posent les portails d’information féministes tels qu’Anacaonas.net et Observaction.org.
Avec de g. à dr. : Kemly, Gabi (Anacaonas/Sula Batsu, Costa Rica), Françoise (Observ’action/Genre en Action, RDCongo), Paola (BRIDGE/IDS, Grande-Bretagne), Lorie (Genre en Action, France)

Description et méthodologie

Nous allons d’abord examiner si les nouvelles technologies et l’avènement du mouvement "Open Knowledge" ont permis aux femmes d’avoir un meilleur accès à des connaissances multiples, à même d’informer leurs actions en tant que citoyennes et activistes, dans les domaines économiques, social, et culturel.

L’ "Open Knowledge" est lié à une vision qu’il existe des "biens communs" mondiaux liés à la connaissance. Les nouvelles technologies sont utilisées pour encourager des cultures de recherche collaborative. L’Internet a tenu la promesse que cela se produise, mais qu’en est-il si on analyse le phénomène avec une approche féministe ? Est-ce que la "connaissance ouverte" combat ou reproduit les inégalités traditionnelles dans la création et la diffusion de la connaissance ? Les connaissances de l’hémisphère Nord et des pays du Sud sont-elles également représentées et évaluées ? Ou, comme certain·z·s chercheur·e·s féministes l’ont mis en évidence, l’approche mainstream de la gestion des connaissances pour le développement a tendance à se concentrer sur les aspects technique, les infrastructures, plutôt que sur les aspects discursifs et normatifs liés à la production des connaissances et leur diffusion.

Pour discuter de ces questions, nous proposons un atelier d’échange d’expériences, pour réfléchir sur la relation entre le genre, la technologie, l’information et la connaissance dans un contexte mondial interconnecté.

Nous vous proposons un atelier participatif basé sur l’expérience des participant·e·s, afin de co-construire de nouvelles connaissances. Les participant·e·s peuvent apporter leur « histoire de la connaissance » - bonne ou mauvaise.

Nous allons utiliser une approche à double voie, en abordant à la fois la capacité des femmes à accéder à des informations pertinentes, et la nécessité de positionner l’information produite par les femmes dans les canaux les plus accessibles pour elles.

Nous allons ensuite prendre en compte les expériences des organisateurs autour de l’Open Knowledge et du genre. Nous allons présenter des études de cas en provenance d’Asie, d’Amérique latine et de l’Afrique couvrant des sujets tels que les plateformes de développement, la gestion des informations et des processus de connaissance et les stratégies de valorisation des savoirs non savants et locaux.

Ce processus permettra aux participants de se rapprocher encore davantage les défis associés aux processus d’information, structures de pouvoir associés à la connaissance, ainsi que la nécessité d’intégrer une perspective de genre dans le mouvement Open Knowledge.

Ensemble, nous allons créer des propositions concrètes pour élaborer une vision féministe collective de l’Open Knowledge, qui tient compte des structures de pouvoir, et des rapports de genre.

Langue : anglais, français et espagnol.

Public : Activistes, universitaires, communiquant·e·s, membres des organisations de la société civile et internationales qui produisent et diffusent des connaissances.

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