Activité 2 : Former les équipes de recherche-action sur la BSG

Du 1er au 4 juin, le projet s’est poursuivi avec un atelier de formation à St Louis. Animé par la coordinatrice de Beutou Askanwi (et du projet BSG), Mme Penda Diouf et par Claudy Vouhé (formatrice en BSG de Genre en Action), l’atelier avait pour but de former les équipes de St Louis et de Nabadji Civol et de préparer l’audit (recherche-action) dans les deux communes.

22 personnes, 14 femmes et 8 hommes (la moitié venant de St Louis et l’autre de Matam) - élu.e.s, chercheur.e.s, responsables associatifs et médias - ont participé à un atelier de 4 jours pendant lequel elles ont examiné les tenants et aboutissants de la budgétisation sensible au genre (BSG), ses pratiques et ses outils, et préparer des outils de recherche.

Contenu et résultats de l’atelier

L’atelier était à la fois une formation sur la budgétisation sensible au genre (BSG) et un atelier de travail collectif de préparation de l’audit genre. L’audit étant prévu sous forme de recherche-action, pour assurer la cohérence, l’atelier a suivi une approche de form’action, alliant théorie et pratiques, sur un mode participatif et selon une approche andragogique. Les participant.e.s ont contribué à enrichir les contenus à partir de leurs expériences et savoirs. La multidisciplinarité a permis des échanges fructueux entre personnes ayant des savoirs et pratiques sur le genre et les droits des femmes, et celles ayant des savoirs et pratiques de la gestion communale, notamment la budgétisation.

L’atelier a été scindé en deux parties. Les jours 1 et 2 ont été dédiés à l’exploration conceptuelle et à l’outillage de la BSG (avec exercices pratiques).

Le premier jour a été consacré à la mise à niveau sur les questions de genre et sur la budgétisation, afin que toutes les personnes présentes parlent « le même langage » dans ces deux domaines. Le matin, la présentation des 22 membres du groupe s’est faite de manière ludique afin de « briser la glace ». Puis, un rappel a été fait du genre comme concept (en insistant sur le croisement entre genre et autres identités sociales), comme outil d’analyse (division du travail, accès et contrôle des ressources, besoins pratiques et stratégiques) et comme approche de planification du développement (transversalité et actions spécifiques). En groupe, les participant.e.s ont appliqué une matrice d’analyse contenant ces outils sur le contexte des deux communes. L’après-midi a été consacré au cycle de budgétisation des communes et aux éléments-clefs du budget communal en lien avec les compétences des communes.

Le deuxième jour, le groupe a articulé budget et genre, et s’est familiarisé avec la notion de budgétisation sensible au genre (ses origines, ce que c’est, ce que ce n’est pas, ses objectifs) et ses outils. Puis les groupes ont travaillé sur deux outils : les budgets-temps (pour renforcer la manipulation des outils de base – rôles, ressources, besoins) et l’analyse des bénéficiaires (en l’occurrence, les employé.e.s de la commune de St Louis). L’objectif était de rendre concret le lien entre le budget (qui permet la provision de ressources, services, infrastructures …) et le genre (qui impacte les rôles et responsabilités et besoins des femmes et des hommes). Les outils ont permis d’insister sur l’importance du diagnostic sexo-spécifique et de la participation équitable des femmes à l’identification des problèmes, besoins et solutions dans l’élaboration des budgets communaux.

Les jours 3 et 4 ont été dédiés à l’élaboration de la recherche-action à venir : définition des questions de recherche, des outils, des équipes, de la feuille de route etc. Les équipes ont d’abord commencé un diagnostic des communes avec leurs nouveaux outils. Même sans aller très loin dans le diagnostic à ce stade, elles ont mis en évidence des zones d’ombre et des failles sur lesquelles l’audit devra se pencher : la faible participation des femmes dans les instances et processus budgétaires, le faible emploi des femmes parmi le personnel communal, le manque de données sexo-spécifiques des besoins des « populations », l’invisibilité du travail des femmes, entre autres.

Puis, les participant.e.s ont identifié 5 champs d’observation (qu’allons-nous observer ?) à dérouler dans les deux communes (sauf le champ 5, uniquement pour St Louis). Ces champs d’observation sont :

  • Champ d’observation 1 : L’intégration du genre dans les orientations politiques de la commune (Nabadji Civol et St Louis)
  • Champ d’observation 2 : Le processus d’élaboration du budget communal (Nabadji Civol et St Louis)
  • Champ d’observation 3 : Le budget de la commune (Nabadji Civol et St Louis)
  • Champ d’observation 4 : L’impact du budget communal sur les bénéficiaires (Nabadji Civol et St Louis)
  • Champ d’observation 5 : L’égalité femmes-hommes parmi le personnel communal (St Louis)

Les participant.e.s ont ensuite formé 5 sous-groupes ayant pour tâche de préparer la fiche de recherche dans « son » champ d’observation : questions de recherche (qu’avons-nous besoin de savoir) et outils (comment, où, avec quoi/qui chercher l’information ?).

La co-construction est un ingrédient essentiel d’une démarche de recherche-action. Il était donc important que les équipes de recherche s’impliquent dans le design de la recherche, pour s’en approprier les enjeux et en définir les contours. Le dernier jour, le groupe a établi collectivement la feuille de route de la recherche-action, en prenant soin d’assurer la cohérence entre les différents champs d’observation d’une part, et entre les différentes activités du projet d’autre part. Les activités post-recherche-action ont aussi été abordées à cette occasion.

*** Claudy Vouhé ***

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