Afrique du Sud : hommage après le viol collectif et le meurtre d’une jeune fille

Des centaines de personnes se sont rendues aux funérailles d’Anene Booysen, samedi 9 février, dans la petite ville de Bredarsdorp à 80 kilomètres du Cap. Cette jeune fille de 17 ans est morte le week-end dernier. Victime d’un viol collectif et d’atroces mutilations, elle a été retrouvée éventrée sur un chantier et est décédée peu après à l’hôpital.

Source : RFI

Toute la semaine, des manifestations ont eu lieu et la vague d’indignation se poursuit dans le pays où le niveau de violences faites aux femmes est très élevé. Le président Jacob Zuma a déclaré que cet acte était « choquant, cruel et profondément inhumain ».

Elles sont une dizaine de militantes pour le droit des femmes à chanter en mémoire d’Anene Booysen. En plein centre de Johannesburg, dans la nuit noire, elles brûlent des bougies blanche. Il y a une semaine, la jeune Anene, âgée de 17 ans, est morte après avoir été violée par plusieurs hommes.

Sa mère a raconté comment elle avait été atrocement mutilée : tous ses doigts et ses jambes ont été brisés, son estomac a été découpé. On pouvait voir ses intestins quand elle a été retrouvée encore vivante sur un chantier de Bredasdorp. Sa gorge a aussi été tranchée.

Un acte qui révolte Nthabiseng, une jeune sud-africaine : « Nos vies sont en danger ici. En tant que femme, on se sent extrêmement vulnérable. Quand on marche dans la rue, on risque d’être tuée ou on peut nous tirer dessus. Je connais de nombreuses victimes de viols et souvent, ceux qui les ont violées sont libres et on les croise au quotidien, alors que les victimes vivent dans la peur et rien n’est fait pour les aider ».

Linda a les larmes aux yeux en découvrant le portrait d’Anene Booysen. Trois hommes sont en détention dans le cadre de l’enquête sur cette affaire. Ils comparaîtront la semaine prochaine devant un juge : « Je suis là pour voir ce qui va leur arriver. Car si on fait d’eux un exemple, alors je pense que beaucoup sauront qu’ils ne sont pas libres de faire n’importe quoi dans ce pays. Nous sommes si fatiguées ! Ça suffit ! »

Selon la police, près de 65 000 infractions sexuelles ont été commises l’an dernier en Afrique du Sud. Mais la police estime qu’un seul viol sur 36 est signalé.

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