Agrocarburants : risque de marginalisation accrue des femmes

Selon un nouveau rapport de l’Organisation des Nations Unies pour
l’alimentation et l’agriculture, l’intensification de la production de biocarburants dans les pays en développement pourrait exacerber la marginalisation des femmes dans les
zones rurales, menaçant ainsi leur moyens d’existence.
Photo : Cécile Thimoreau, Tchad 2006

« La production de biocarburants offre sans aucun doute de nouveaux
débouchés pour les agriculteurs, mais ceux-ci ne se répercuteront au niveau
des exploitations et des femmes que si des politiques en faveur des pauvres
sont mises en place pour donner aux femmes les moyens d’agir »
, a déclaré
Yianna Lambrou, co-auteur du rapport dans un communiqué
Le rapport, intitulé « Inégalité entre les sexes et production de
biocarburants liquides : minimiser les risques pour maximiser les
opportunités »
, souligne que la culture de biocarburants comme le bioéthanol
requiert davantage d’intrants ( terre, eau, engrais chimiques et
pesticides) ; dont l’accès est déjà limité aux petits agriculteurs, dont
les femmes.

Pour Yianna Lambrou, les pays en développement vont devoir adopter des
politiques destinées à favoriser la participation des petits agriculteurs et
des femmes en particulier, s’ils veulent éviter l’accroissement des
inégalités entre sexes et de la vulnérabilité des femmes.
La demande mondiale croissante de biocarburants pousse à la conversion des
terres, ce qui pourrait entraîner le déplacement partiel ou total des
activités agricoles des femmes vers des terres de plus en plus marginales,
observe le rapport, ce qui nuirait à leur capacité de produire de la
nourriture.

Ce changement pourrait par ailleurs priver davantage les ménages de bois et
d’eau, et constituer un danger pour la diversité agricole.
Concernant la création d’emplois, la production de biocarburants est
susceptible d’offrir des emplois pour travailleurs agricoles peu qualifiés,
un secteur où les femmes sont de plus en plus nombreuses — 40% en Amérique
latine et Caraïbes.
Le rapport insiste sur la nécessité d’approfondir les recherches sur
l’impact socio-économique de la production de biocarburants sur l’inégalité
hommes/femmes.

Toutefois, un nombre grandissant de ces travailleurs sont des femmes (environ 40 pour cent en Amérique latine et aux Caraïbes) qui, en raison des inégalités sociales, sont particulièrement défavorisées en termes de salaires, de conditions de travail et d’allocations, de formation et d’exposition aux risques professionnels ou sanitaires.

Pour lire l’article en entier : FAO

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