Atelier de capitalisation

Le lundi 30 novembre 2015, s’est tenu à Abidjan l’atelier de capitalisation de la campagne Interpell’action. Cet atelier a été organisé par les associations Gepalef et Leadafricaines, en présence de Mme Anne-Désirée OULOTO, Ministre de la Solidarité, de la Famille, de la Femme et de l’Enfant.

Cérémonie de clôture de la campagne Interpell’action

La matinée à été consacrée à la cérémonie de clôture de la campagne, honorée par la présence de Mme Anne-Désirée OULOTO, Ministre de la Solidarité, de la Famille, de la Femme et de l’Enfant, de Mme KADY DIALLO, Secrétaire Générale de la Commission Nationale de la Francophonie, de candidat-e-s aux élections présidentielles, et des responsables d’organisations féminines nationales et locales.

Dans son intervention, Mme Angèle KOUE, présidente de GEPALEF, a situé le cadre de l’atelier de capitalisation de la campagne Interpell’action. Après la soumission à l’appel au 9ème prix de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), les associations GEPALEF et LEADAFRICAINES ont mis en œuvre la campagne dont l’objectif était de permettre une libre expression aux femmes vis-à-vis des candidat-e-s à l’élection présidentielle du 25 octobre 2015. Les organisatrices se sont félicitées de la bonne réception de la lettre ouverte aux candidat-e-s, relayée par la presse écrite, en ligne et audiovisuelle. Mme KOUE a clos son intervention par des remerciements à l’endroit de l’OIF pour le financement de la campagne, à Genre en Action pour la formation des membres des associations et Mme Anne-Désirée OULOTO, Ministre de la Solidarité, de la Famille, de la Femme et de l’Enfant pour sa présence à l’atelier.

Interview d’Angèle Koué, Radio Yopougon (03/12/2015) by Genre En Action on Mixcloud

A sa suite, Mme Kady DIALLO, Secrétaire Générale de la Commission Nationale de la Francophonie, a remercié la Ministre de la Solidarité, de la Famille, de la Femme et de l’Enfant pour son engagement et son soutien aux initiatives de promotion des femmes, qui traduisent la volonté du gouvernement de réduire les inégalités sociales liées au sexe. A l’endroit des associations GEPALEF et LEADAFRICAINES, elle a affirmé et réitéré le soutien de son institution à la campagne Interpell’action, une initiative novatrice cadrant avec les objectifs 2015 de l’OIF. Elle a souligné l’intérêt de l’organisation pour la promotion de l’autonomisation des femmes dans l’espace francophone.

Puis, cela a été au tour de Genre en Action de s’exprimer et de féliciter l’ensemble des organisations qui ont mené de façon exemplaire la campagne Interpell’action. Ne pouvant être présente physiquement, c’est par l’intermédiaire d’un message vidéo que Lorie Decung, responsable de communication de Genre en Action, a rappelé le rôle de vigie des organisations de la société civile, en particulier des femmes, quant aux politiques publiques et à la redevabilité des Etats en matière d’égalité. « Le déni de démocratie, les femmes le connaissent chaque jour, puisqu’elles sont encore très minoritaires dans les instances de décision politique, dans les processus électoraux, ainsi que dans les débats publics et dans les médias. C’est cela que les femmes d’Interpell’action ont souhaité changer, en exprimant haut et fort leurs revendications pour des conditions de vie meilleures et une société plus juste (…). Aujourd’hui un nouveau président a été élu, mais quelles seront ses politiques en matière de droits de femmes et d’égalité de genre ? Qui veillera au respect de ses engagements, sinon la société civile, c’est-à-dire nous, les organisations locales, régionales, internationales. Nous sommes les observatoires de l’égalité de genre, les vigies indispensables pour que nos sociétés soient des sociétés justes, où chacun et chacune puisse vivre en toute dignité. »

Pour clôturer la matinée, Mme Anne-Désirée OULOTO, Ministre de la Solidarité, de la Famille, de la Femme et de l’Enfant, a souligné le caractère novateur de la campagne Interpell’action, menée par des ‘ »activistes de la cause du Genre ». Ainsi la démarche méthodologique a-t-elle consisté à interpeller les candidats sur la prise en compte des besoins des femmes et encouragé la prise de parole publique des femmes à travers le slogan : « SI VOUS VOULEZ NOS VOIX, ENTENDEZ LES NOTRES ». Ce type de campagne devrait s’étendre aux autres échéances élections (législative, municipale et régionale) pour un plus grand impact. La Ministre a noté que le succès de ce processus a rencontré les priorités du Président Alassane OUATTARA, engagé en faveur des droits des femmes et de l’égalité de genre au travers des réformes suivantes :

  • Modification de la Loi sur le mariage (2012)
  • Réduction de l’IGR sur le revenu chez les femmes fonctionnaires
  • Réalisation d’un Compendium des Compétences Féminines pour renforcer la participation et la visibilité des femmes dans la société ivoirienne
  • Mise en place du Conseil National de la Femme
  • Création de l’Observatoire National de l’Equité et du Genre
  • Développement du Fonds d’Appui aux Femmes de Côte d’Ivoire dans le cadre de la lutte contre la féminisation de la pauvreté

Pour finir, Mme la Ministre a invité les organisations libres de la société civile féminine à davantage d’initiatives, d’actions et de synergie, en particulier dans le domaine de la Budgétisation sensible au Genre, qui représente un défi important en matière de gestion des dépenses publiques et de droits des femmes.

Travaux de capitalisation

Mme Affia Nadège N’GOU (GEPALEF) a présenté le rapport d’activité de la campagne Interpell’action et rappelé l’objectif de la campagne : la prise de parole publique des femmes pour interpeller les candidat-e-s sur les préoccupations des femmes ivoiriennes. Elle a exposé les quatre phases du projet : la formation aux méthodes d’interpellation, avec un module sur la communication et les TICs ; la tournée de sensibilisation et le lancement de la campagne ; les activités de la campagne officielle avec les émissions de radio, les animations sur les marchés, la remise de la lettre ouverte aux candidat-e-s, etc. La présentation a été l’occasion de visionner un diaporama photo des meilleurs moments de la campagne.

Ensuite, deux groupes de travail ont été constitués pour évaluer la campagne (questionnaire électronique et échanges) et réfléchir aux actions futures.

Evaluation de la campagne
En plus du groupe de travail, une évaluation électronique a permis aux participantes de donner leur point de vue sur le processus de la campagne.

Points forts

  • Une implication de nombreuses organisations féminines, qui a amélioré l’impact de la campagne tout en renforçant les capacités de chacune grâce au partage des connaissances
  • Une bonne couverture grâce à la création de sites internet, d’une page facebook et des conférences de presse
  • Des rencontres effectives avec des candidats à l’élection présidentielle du 25 octobre 2015 ;

Points à améliorer
Toutefois, il convient de présenter quelques points de risques :

  • L’indisponibilité de certains acteurs du processus (candidats, responsables d’organisations féminines) pour des raisons de calendrier pendant la période de la campagne électorale ;
  • La campagne s’est déroulée uniquement dans la ville d’Abidjan ;
  • La campagne n’a pas réussi à se doter d’un-e ambassadeur/drice, c’est-à-dire une personne publique populaire pouvant se faire le/la porte-parole de la campagne (les personnes contactées ont décliné)

Propositions pour la suite

  • Mise à disposition des rapports d’activités de la campagne Interpell’action pour diffusion auprès de l’ensemble des acteurs et actrices (candidat-e-s, élu-e-s, organisations de femmes, institutions internationales, etc.)
  • Animation d’un réseau d’organisations féminines pour un lobbying et un plaidoyer effectif auprès des partis et décideurs politiques en vue de listes zébrées aux prochaines élections
  • Campagne de veille en ligne pour interpeller les décideur-e-s politiques sur leurs engagements relatifs à la promotion des femmes notamment le candidat élu (le Président Alassane OUATTARA) relatif à la question de la promotion des femmes pendant son mandat 2015-2020.

Au terme de l’atelier de capitalisation, les participant-e-s se sont félicité-e-s de l’ambiance de travail, de la qualité des échanges et des témoignages. Enrichi-e-s des stratégies mises en œuvre, les participant-e-s ont vivement souhaité que la campagne Interpell’action soit élargie à d’autres échéances électorales (législatives, municipales et régionales). Cependant, pour y parvenir, les associations GEPALEF ET LEADAFRICAINES ont rappelé du besoin de soutien financier, technique et logistique, en particulier des partenaires institutionnels, du développement et des organismes œuvrant de manière générale pour l’avancée de l’égalité de genre et des droits des femmes en Côte d’Ivoire.

Activités de capitalisation

Afin de faire connaître la campagne Interpell’action à l’international et de partager les savoir-faire acquis, les méthodes mises en place, il a été décidé d’éditer un Kit de capitalisation. Ce Kit, sous forme de Clé USB, comporte :

  • le manuel de capitalisation de la campagne, avec le compte-rendu narratif, les supports pédagogiques de formation, les photos, etc.
  • une vidéo de capitalisation, qui retrace, au travers d’interviews filmées, les temps forts de la campagne

Au travers leurs réseaux, les organisations membres de la campagne se sont engagées à diffuser le plus possible ces documents. Ainsi, Angèle Koué, présidente de GEPALEF, présentera la campagne à Yaoundé au Cameroun, invitée par l’Association More Women in Politics (membre de Genre en Action), à l’occasion d’une Conférence Mondiale sur « le Leadership, l’entreprenariat féminin et la participation politique des femmes ».

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