Bonnes à vendre

Reportage

Depuis des années, des jeunes filles d’une trentaine de pays pauvres viennent se placer comme domestiques au
Liban. Aujourd’hui, elles sont plus de 90 000 Sri-Lankaises, 30 000 Ethiopiennes, 40 000 Philippines, sans
parler des autres nationalités, dont beaucoup de Burundaises et de Malgaches. Une personne sur seize vivant
au Liban est une domestique étrangère, selon le quotidien anglophone Daily Star. Ces domestiques sont
payées 200 dollars par mois pour les Philippines (les plus éduquées), 150 dollars pour les Ethiopiennes, 100
dollars pour les Sri-Lankaises - moins de 20 centimes d’euro de l’heure. L’employeur peut à tout moment
"rendre" la bonne, qui, elle, n’a pas le droit de partir.

LE MONDE | 10.10.07

Bienvenue à l’aéroport Rafic-Hariri", susurre une voix féminine tous les quarts d’heure. 7 h 30 du matin, le hall est vide. Seule une salle d’attente est noire
de monde. Sur le mur, un panneau indique "zone de réception pour les bonnes". Des chrétiens, des musulmans, des couples, des familles entières, arrivent.
Parmi eux, M. Hadj, un médecin franco-libanais. Il est pressé, le travail à l’hôpital l’attend : "Les agences s’occupent de tout, explique-t-il, mais il faut venir soimême
pour la livraison de la bonne." "En 2002, j’ai littéralement sauvé de la famine une Togolaise en la prenant chez moi, raconte une dame en jeans. Je l’ai
d’abord payée 50 dollars (35 euros) par mois, mais au bout de six mois, comme elle travaillait très bien, je l’ai augmentée à 75 dollars (53 euros)."

Depuis des années, des jeunes filles d’une trentaine de pays pauvres viennent se placer comme domestiques au
Liban. Aujourd’hui, elles sont plus de 90 000 Sri-Lankaises, 30 000 Ethiopiennes, 40 000 Philippines, sans
parler des autres nationalités, dont beaucoup de Burundaises et de Malgaches. Une personne sur seize vivant
au Liban est une domestique étrangère, selon le quotidien anglophone Daily Star. Ces domestiques sont
payées 200 dollars par mois pour les Philippines (les plus éduquées), 150 dollars pour les Ethiopiennes, 100
dollars pour les Sri-Lankaises - moins de 20 centimes d’euro de l’heure. L’employeur peut à tout moment
"rendre" la bonne, qui, elle, n’a pas le droit de partir.

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