Bulletin Février 2012 - Parlons « AGRO-GENRE »

Le 27 février débutera à New York la 56ème session de la Commission sur le Statut de la Femme (CSW), et aura pour thème prioritaire « L’autonomisation de la femme rurale et son rôle dans l’éradication de la pauvreté, dans le développement et dans les défis actuels ». Des centaines d’organisations non-gouvernementales et des représentants des états du monde entier, partageront leurs bilans et expériences sur la thématique « genre et agriculture ». Cette rencontre sera l’occasion de faire état des principaux problèmes des pays représentés et d’échanger des informations sur les bonnes pratiques innovantes tout en émettant des pistes pour l’autonomisation effective des femmes rurales, en insistant sur leurs rôles dans l’éradication de la pauvreté.

« Élargir et agir » : voici, en deux mots, le message d’alerte que nous lançons aux femmes qui vont y participer.

Parler de « genre et agriculture » aujourd’hui, ce n’est plus seulement se préoccuper de l’accès des femmes au foncier, aux semences et aux formations rurales mais c’est aussi s’intéresser aux questions de la faim dans le monde, de la révolution genrée, voire verte, qui devient un sujet épineux, notamment au Sud, des crises profondes concernant les questions de la croissance économique et financière, la pauvreté, le VIH/SIDA, le changement climatique, les violences à l’égard des femmes etc. Les participantes à la CSW devront être vigilantes pour que le discours de la féminisation de la pauvreté ne masque pas les discriminations et les exclusions dont sont victimes les femmes.

Interrogeons les États présents à la 56ème session de la Commission sur le Statut de la Femme, de quelles manières ils comptent atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) 1, 2, 3 et 7 en 2015, ceux-là même qui visent à éradiquer la pauvreté extrême et la faim, à garantir l’accès universel et égal à l’enseignement primaire, à autonomiser la femme, à promouvoir l’égalité des sexes et la protection de l’environnement.

Demandons-leur où sont les stratégies et les budgets pour que les femmes d’Afrique sub-saharienne soient reconnues comme l’épine dorsale de la main d’œuvre agricole (elles sont responsables de 60% à 80% de la production alimentaire tant pour la consommation que pour la vente) et que les inégalités et les discriminations de genre dont les femmes font l’objet dans le secteur agricole soient reconnues et combattues effectivement au niveau macro des politiques.

Les organisations féminines se sont battues pour que les nouvelles modalités d’aide au développement intègrent le genre. Alors, exigeons des états et des bailleurs qu’ils respectent leur engagement et soutiennent décemment et durablement les organisations féministes et féminines qui luttent dans ce secteur. Nous, organisations de la société civile, devons aussi aller au bout de notre raisonnement et développer des actions synergiques entre nous, avec les femmes du monde rural. Aucune femme ne sera sécurisée alimentairement tant que les agricultrices de par le monde ne le seront pas.
Nous voulons que les dix jours de CSW servent aussi aux 925 millions d’êtres humains victimes de la faim, et aux deux autres milliards en situation de carence alimentaire (FAO, 2009), et pas seulement aux organisations qui ont fait le déplacement à New York.
Diffusons, informons, écrivons, allons et parlons sur le terrain. Il n’est jamais trop tard pour se faire « Agro-genre » !
Pour toutes celles et ceux qui ne seront pas au CSW, nous proposons une sélection d’articles sur les enjeux qui y seront traités. N’hésitez pas à nous envoyer d’autres informations pour compléter ce dossier fondamental pour les droits des femmes.

Annie Matundu Mbambi
Trésorière Adjointe de l’Association Genre en Action
Présidente de WILPF/RDC
Vice-Présidente de l’AFEBAF

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