Bulletin décembre 2009 : Espoir gelé, colère réchauffée

Je comptais faire un bel éditorial sur Copenhague, mais cette issue de la conférence internationale me laisse sans voix – comment est-ce possible que les grands de ce monde démissionnent si lamentablement devant un problème que nous connaissons désormais plus qu’assez, malgré quelques divergences des scientifiques qui sont finalement marginales… ?

La pensée très essentialiste s’impose : est-ce que les cerveaux très majoritairement masculins des dirigeants et de leurs négociateurs qui n’arrivent pas à se projeter dans l’avenir pour tenir compte du danger réel qui compromet déjà la base de subsistance pour beaucoup de personnes vivant dans des zones vulnérables (dans des pays pauvres, comme par hasard) et qui menace très fortement l’avenir de nos enfants et des générations futures ? Est-ce que des femmes à leur place auraient été aussi influençables par des considérations électoralistes et des pressions des lobbies ? Est-ce que le discours serait resté si biaisé par une vision masculine et occidentale ?
Difficile alors de relativiser, tant le mélange de colère et de déception me paralyse. En tous les cas, entre l’apologie des femmes comme « gardiennes de l’environnement » et leur désignation comme coupables car trop fertiles, les hommes tirent leur épingle du jeu et n’assument simplement pas leurs responsabilités. La lutte contre la pauvreté et pour l’égalité ne peut être efficace si elle reste déconnectée des questions d’écologie - dont le changement climatique n’est pas la seule composante, d’ailleurs, même si elle est la plus médiatisée actuellement. Et même la cible de vouloir maintenir le réchauffement en dessous de 2°C témoigne d’un cynisme lié à l’arrogance de l’apprenti sorcier qui prétend tout maitriser – les points de vue des premiers concernés par ces dangers et ceux des pays des Sud, de la société civile et des femmes n’ont pas pesé. Mama Koité Doumbia, la vice présidente de la nouvelle association Genre en Action et Présidente de FEMNET a affronté le froid glacial de Copenhague pour contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique – elle témoignera de cette expérience désolante.
Quelles leçons faut-il alors tirer ?
Pékin + 15 s’approche et sera aussi une occasion de rappeler que le droit de vivre dans un environnement sain est un droit humain pour toutes et pour tous. Je continue à garder l’espoir que des avancées sur la plateforme de Pékin contribueront aussi à forger les esprits pour accorder plus de priorité à l’environnement, pour un développement vraiment humain, pour tous et pour toutes.

Passez de bonnes fêtes de fin d’année quand même !
Bonne lecture des nombreuses nouveautés sur le site et au plaisir de poursuivre nos efforts ensemble en 2010

Elisabeth Hofmann
(coordinatrice)

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