Bulletin février 2013 : nos engagements associatifs dans un monde qui bouge !

Dans le contexte des mutations actuelles de la société, plusieurs sociologues (Roger Sue, Martine Barthélémy et Jacques Ion) constatent que l’individualisation des références et l’action ponctuelle priment sur les engagements collectifs dans la durée.

On assiste au triomphe du : MOI, ICI, MAINTENANT. Que deviennent alors le NOUS, les AILLEURS et les LENDEMAINS ? Même si ceux-ci ne chantent plus toujours !

Le sociologue Jacques Ion constate que :
- l’action prend le pas sur l’idéologie, elle prime sur l’organisation, ce qui aboutit à des engagements pontuels et à un « à la carte ».

Même si nous voulons garder notre utopie féministe, nous sommes immergées dans un monde d’expert-e-s, aux méthodes techniques et rationnalisantes, avec évitement du politique. La logique marchande, le managérialisme, les évaluations quantitatives et l’efficacité comptable s’imposent partout. Les règles des appels d’offre nous mettent en concurrence, tuent les solidarités entre structures et réduisent les possibilités de l’innovation sociale.

Le règne du tout économique s’insinue partout y compris dans le domaine non marchand, il contribue à la perte de la dimension politique de nos associations et à la remise en question des finalités de nos projets associatifs militants.

Nos associations au Nord vivent des tensions fortes entre la poursuite de leur projet politique et les difficultés grandissantes d’assurer la vie, voire la survie de leurs structures ! Pour cela, elles dépensent de plus en plus d’énergie tout en jouant souvent un jeu qu’idéologiquement, elles dénoncent !

Nos collègues au Sud intègrent, contraintes et forcées, les injonctions des bailleurs de fonds pour que leurs associations continuent à répondre à de nombreux besoins pratiques des populations, tout en défendant leur intérêts stratégiques, facilitent l’émancipation des femmes et soient des facteurs de développement social, économique et culturel !

Si nous ajoutons à ces tensions, les nombreux obstacles et les résistances à nos engagements et actions de féministes, le tableau se complique et s’assombrit !

Il nous reste à :
- analyser les situations pour y déceler les pièges du politiquement correct qui nous sont tendus !
- ne pas opposer les situations du Nord et celles du Sud car ce sont les mêmes règles économiques qui les régissent !
- allier vision d’utopie et pragmatisme de l’action ;
- demeurer envers et contre tout, solidaires car, comme dit Coumba, animatrice de la Maison des femmes de Casamance, « un bracelet ne fait pas de bruit, plusieurs bracelets font du bruit » !

Marie-Lise Semblat, Présidente d’Aster-International, membre du CA de Genre en Action.

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