Cameroun, le secourisme se conjugue au féminin

Les femmes se mobilisent aussi pour intervenir en cas d’accidents ou de catastrophes humanitaires.

Le Potentiel (Kinshasa)

Publié sur le web le 30 Mai 2007

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Kinshasa

A 43 ans, Marie Juliette Menye Ewodo, secrétaire à la délégation provinciale de la Santé pour le Centre réalise un rêve d’enfance : devenir secouriste. " Pour moi, secourir quelqu’un en détresse me donne l’impression de redonner la vie où elle aurait pu être perdue ", affirme-t-elle en brandissant fièrement son diplôme de fin de formation.

Pour Bertille Fofié Ahofack, être secouriste est une nécessité en plus d’être un plaisir. " Je l’ai fait d’abord pour moi et ensuite pour ma famille. A la maison, on a parfois des accidents et on ne sait comment intervenir ", affirme-t-elle.

En même temps qu’une trentaine d’autres, Bertille Fofié Ahofack a participé à une formation baptisée " Opération cent femmes ". Elle était organisée par la Croix rouge camerounaise du 12 février au 3 mars derniers. Il était question de permettre aux femmes de s’intéresser davantage au premier secours. " Dans la famille, les femmes endossent tous les petits bobos. Elles sont en contact tout le temps avec les souffrances des enfants. Quand le mari rentre avec une éraflure, c’est encore elle qui est sollicitée. Elles doivent toujours être prêtes pour agir efficacement afin d’éviter le pire", explique Guilaine Tchadieu Tchapya, formatrice.

La formation comportait quatre modules. La connaissance du mouvement ; les premiers secours ; l’éducation pour la santé et la préparation et la réponse aux catastrophes. Le deuxième module donnait à recenser les différents cas qui peuvent survenir dans la vie quotidienne. " Il peut arriver que pendant que l’enfant mange, un morceau de macabo cale au niveau de sa gorge. Il faut connaître certaines tactiques pour désobstruer les voies respiratoires. Il y a aussi les cas d’intoxication. Par exemple, l’enfant a bu de l’eau de javel pensant que c’était de l’eau à boire ; les cas d’arrêt cardiorespiratoire, beaucoup en meurent. Pourtant, si on avait agi cinq minutes plus tôt, on aurait pu les sauver ", souligne-t-elle.

Le 4e module a permis de s’intéresser aux risques liés à l’environnement : inondation, tremblement de terre, glissement de terrain... Les femmes ont participé activement aux discussions par des questions pour mieux être édifiées. Lors de cette formation, elles ont été invitées à recenser les risques encourus par elles et leurs familles dans leur environnement, pouvant contribuer à provoquer une catastrophe. " Nous vivons dans un contexte où les femmes sont très vulnérables de par leur pauvreté extrême. Elles endossent les responsabilités de la famille et la plupart vivent dans un environnement précaire.

Certaines familles habitent des zones où elles savent pertinemment qu’en cas de pluie, il peut y avoir inondation, glissement de terrain S’il pleut, et qu’il y a inondation que faut-il faire ? La préparation doit se faire avant ; pendant la catastrophe, il faut agir. Après, il faut une évaluation pour voir si effectivement la préparation a porté des fruits ou s’il y a eu des carences et comment les corriger pour les prochaines échéances ", suggère la formatrice Guilaine Tchadieu Tchapya.

Le temps imparti (10 jours) était cependant insuffisant pour outiller convenablement les femmes.

[source : http://fr.allafrica.com/stories/200705300177.html-<http://fr.allafrica.com/stories/200705300177.html]

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