Chili : interdiction de la pilule du lendemain

La présidente socialiste chilienne Michelle Bachelet a perdu une bataille dans sa lutte contre les inégalités sociales et en faveur des femmes. A Santiago, le tribunal constitutionnel a confirmé, vendredi 4 avril, l’interdiction de la "pilule du lendemain".

Dans le cadre d’un ambitieux plan de planification familiale pour les secteurs les plus démunis, Mme Bachelet avait décidé, en septembre 2006, que la pilule du lendemain serait distribuée gratuitement aux adolescentes à partir de 14 ans, sans autorisation préalable des parents, pour éviter des grossesses non désirées. Chaque année, 38 000 enfants naissent au Chili de mères adolescentes. Cette décision a été condamnée par l’Eglise catholique et des partis de droite, mais aussi par des hommes politiques du centre-gauche au pouvoir. Des pharmacies refusaient de distribuer cette pilule, malgré le soutien du ministère de la santé qui les menaçait de lourdes amendes.

Première femme élue présidente du Chili, Mme Bachelet voulait lutter contre le manque d’information sur la sexualité. Dans les milieux défavorisés, une jeune fille sur cinq de moins de 20 ans a déjà un enfant, contre une sur trente dans les classes aisées. « Personne ne fait une campagne en faveur des relations sexuelles précoces, a plaidé la présidente. Malheureusement, 14 % des jeunes filles de 14 ans sont déjà actives sexuellement. Il est donc du devoir de l’Etat de leur fournir une alternative qui ne soit ni l’avortement ni la grossesse. »
L’IVG est interdit au Chili (160 000 avortements clandestins ont lieu par an). Contrairement aux pauvres, les femmes aisées peuvent s’offrir des interruptions de grossesse dans des cliniques privées, qui les déguisent en appendicite.

Un article de Christine Legrand

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Source : article du Monde paru dans l’édition du 06.04.08

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