Conférence régionale Euro-Med à Rabat

Les médias appelés à donner davantage de visibilité à la femme lors d’une conférence régionale qui s’est tenue du 14 au 16 juin à Rabat, dans le cadre du processus préparatoire à la conférence ministérielle en novembre prochain à Istanbul.

Etablir un plan d’action Euro-Med pour le renforcement du rôle des femmes dans la
société (2007-2011) qui sera soumis à la conférence ministérielle en novembre
prochain à Istanbul, tel est l’objectif d’une conférence régionale, tenue du 14 au 16
juin à Rabat, dans le cadre du processus préparatoire de ce rendez-vous turc.
Pour l’élaboration de notre plan d’action, nous avons souhaité réunir tous les acteurs travaillant
sur ce sujet : société civile, parlementaires, etc. », a expliqué Danièle Smadja, directeur des
relations multilatérales et droits de l’Homme, lors de la conférence de presse donnée jeudi 15 juin
en compagnie de Laura Baeza, chef de l’unité « Questions horizontales Proche et Moyen-Orient,
Méditerranée du Sud », à la Commission européenne.
Durant les deux premières journées des travaux, a ajouté Mme Smadja, un accent très fort s’est
dégagé pour le renforcement du cadre juridique, l’accès des femmes aux postes à responsabilité
dans le domaine judiciaire, la formation et l’appel aux médias à donner davantage de visibilité à
la femme.
Dans ce sens, rappelant que « la Fédération internationale des journalistes a organisé une
conférence sur l’égalité de genre dans le journalisme et le syndicalisme en 2001 et adapté une
politique pour l’intégration de la perspective de genre dans le journalisme, le plan d’action aborde
les problèmes des femmes : à tâche égale salaire égal, représentation des femmes dans les médias,
etc.
Pour sa part, le réseau européen des femmes journalistes a élaboré un guide des meilleures
pratiques de femmes journalistes pour la couverture de la prostitution et le trafic des femmes dans
les médias », indique le rapport « Culture et communication : instruments fondamentaux pour le
changement des mentalités et des sociétés », élaboré par la Fondation euro-méditerranéenne Anna
Lindh pour le dialogue entre les cultures, pour servir d’instrument de travail pour les participants
à cette réunion.
Autre question, autre rapport. L’islamisme politique est-il compatible avec les droits des femmes
 ? La réponse est affirmative et elle vient de la bouche de Mme Baeza, qui a indiqué qu’au Maroc,
tous les partis politiques représentés au Parlement, allant des progressistes aux conservateurs
islamistes, parlent de la même voix quand il s’agit des droits de la femme. « Les femmes
développent une nouvelle relation avec l’Islam via les mouvements islamistes et ouvrent des
fissures dans l’ordre patriarcal existant.
Ce faisant, elles contribuent à modifier leur statut traditionnel.(…) Tout comme les mouvements
islamistes politiques pacifistes qui acceptent le pluralisme et la démocratie sont des interlocuteurs
dans toute tentative de promouvoir les changements politiques dans la région, les féministes ou
organisations de femmes islamistes et leurs compatriotes laïques sont vitales dans le débat sur
l’égalité des droits", indique l’étude « Les femmes en tant que participantes à part entière à la
Communauté euro-méditerranéenne d’Etats démocratiques », réalisée par l’institut Euromesco.
Ce document ajoute qu’afin de faire progresser les droits de la femme dans les Etats partenaires
du Sud, les groupes de femmes laïques ainsi que les gouvernements devraient s’efforcer de
comprendre la diversité des groupes politiques islamistes et leurs divergences.
Quant au troisième rapport versé également aux travaux de cette conférence, il a été rédigé par
FEMISE sous le thème : « Les femmes et le développement économique en Méditerranée ».
Revenant au Maroc, une chose est sûre.
Malgré les initiatives prises par le Maroc quant au renforcement des droits de la femme par
l’élaboration du nouveau Code de la famille, qui pourrait servir d’exemple aux pays de la région,
il reste que leur transposition dans les faits reste encore imparfaite, ont conclu ces deux hauts
fonctionnaires de la Commission européenne.

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Rachid Tarik | LE MATIN

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