Conséquences négatives de la législation suédoise sur l’achat des services sexuels

La législation suédoise sur l’achat de services sexuels a causé une série de conséquences négatives pour les travailleurs sexuels. Un article qui peut alimenter la réflexion sur cette problématique mondiale.

La loi sur l’achat de services sexuels a augmenté les risques et la violence contre les travailleurs sexuels en Suède et a rendu impossible pour les travailleurs sexuels de travailler en sécurité.

Les plus affectés sont malheureusement les plus exposés, ceux qui vendent des services sexuels dans la rue, les toxicomanes et les travailleurs du sexe des autres pays. Même les nouveaux et/ou travailleurs sexuels jeunes sont plus exposés aux conséquences de la loi sur l’achat de services sexuels que leurs collègues plus d’expérimentés.

La législation et la politique suédoise renforcent aujourd’hui le ”stigmate de pute”, la honte sociale, et l’image stéréotypée et pleine de préjudices qui est autours de la vente de services sexuels.

Loi sur l’achat des services sexuels

La loi sur l’achat des services sexuels implique qu’il est criminel d’acheter des services sexuels en Suède. Il est cependant toujours licite de vendre des services sexuels en Suède.

Une partie des clients a peur d’aller en prison pour l’achat de services sexuels, et cela fait que les clients sont devenus plus stressés et nerveux. Dans la rue par exemple, la négocation avec le client doit se faire plus rapidement car la police peut être dans les parages. Si l’on veut présenter ses services sur Internet, un client peut proposer que la rencontre ait lieu dans un endroit désert où l’on ne peut être vu, ou exiger un arrangement grâve auquel il ne pourrait, de quelque manière que ce soit, être découvert.

Pendant la négociation avec le client, il est donc difficile aujourd’hui de pouvoir se faire une idée du risque que l’on court. Est-ce que l’inquiétude, le stress et la nervosité du client sont causés par la peur d’aller en prison pour l’achat de services sexuels, ou bien est-ce que le client a de mauvaises intentions ?

Beaucoup de clients n’osent pas non plus donner leur réelle identité ou bien prendre contact avec les travailleurs du sexe par des numéros de téléphones inscrits sous un nom. Peu de travailleurs du sexe sauvegardent les données de contact de leurs clients, par égard pour leur intégrité. Les risques de contamination augmentent donc lorsqu’un travailleurs du sexe est contaminé par une maladie sexuellement transmissible. Et au cas où les unités de transmission essaye d’inciter les clients des travailleurs sexuels à prennent contact avec eux, peu de clients osent y répondre.

Si un client soupçonne un travailleur du sexe d’avoir besoin d’aide, le client n’ose pas prendre contact avec les autorités sociales. Les travailleurs du sexe dans la rue avaient aussi pour habitude d’aider les nouveaux, et s’ils rencontraient quelqu’un de beaucoup trop jeune, ils pouvaient alerter les services sociaux.

De la même manière, si un client rencontre un travailleur du sexe qu’il soupçonne d’être victime de trafic, le client n’ose pas alerter la police. Auparavant, les témoignages de clients constituaient de bonnes preuves contre les organisations du trafic et les proxénètes. Mais dorénavant, les clients ne sont plus enclins à coopérer avec les procès, et s’ils sont tenus de témoigner en même temps qu’ils sont jugés pour achat de sévices sexuels, leur témoignage n’est pas aussi crédible.

Le client est aussi inquiet par rapport à la loi sur l’achat de services sexuels. Il arrive que des personnes criminelles trompent un client avec un faux travailleur du sexe pour les voler par exemple. Le client est exposé à des menaces de dénoncement pour achat de services sexuels s’il porte plainte à la police.

Beaucoup de gens qui vendent du sexe dans la rue ont raconté qu’il est devenu plus difficile de prendre contact directement avec les clients à l’extérieur. De cette manière, ils ont été poussés vers d’autre manières d’entrer en contact. Tout le monde n’a pas la même possibilité de présenter ses services sur Internet, beaucoup ont besoin d’aide et il est donc facile d’atterrir dans les mains de profiteurs et de proxénètes.

Les vendeurs de services sexuels se sentent chassés par la police. La police doit attendre que le client et le travailleur du sexe aient commencé l’acte sexuel avant de pouvoir capturer le client. Cela est bien sûr vécu comme une attaque à
l’intégrité du travailleur du sexe. Dans ces situations,
la police a parfois été brutale.

Les travailleurs du sexe ont aussi raconté que les réseaux qui existaient entre eux auparavant ont disparu ou se sont affaiblis avec la loi sur l’achat de services sexuels. Dans le passé, il était possible pour les travailleurs du sexe de se prévenir les uns les autres sur les clients dangereux, les voitures avec une fausse plaque d’immatriculation, etc. Mais à cause de la nouvelle situation, plus stressante dans les rues, et du moindre nombre de travailleurs du sexe, on considère que cela est devenu plus difficile maintenant.

Quand la prostitution disparaît vers les endroits cachés, il est plus difficile pour les autorités d’entrer en contact avec les personnes qui ont besoin d’aide. A Göteborg, beaucoup de femmes ont recherché de l’aide se désintoxiquer de l’héroïne, et presque toutes avaient vendu des services sexuels. Mais le groupe de prostitution de la ville entre rarement en contact avec ces femmes, parce qu’on ne les voit pas dans la rue aujourd’hui. Cela concerne aussi les jeunes toxicomanes à Malmö.

Les clients ”normaux” ont presque disparu des rues. Ce sont ceux qui ont les besoins sexuels les plus perverses et la plus distordue des opinions sur la valeur humaine qui restent.

Et les vendeurs de services sexuels sont plus exposés aujourd’hui auparavant à de plus grands risques de vols, maltraitances physique et viols.

Certains travailleurs du sexe suivent des clients craignant la police vers des endroits cachés, où il n’y a aucune aide à portée de main.

La nouvelle situation dans la rue a impliqué aussi que les prix ont baissé et il arrive que les femmes qui ont un besoin urgent de finances revoient dans la négociation leurs exigences de préservatifs.

La loi sur le proxénétisme

Il est interdit, d’après la loi sur le proxénétisme, de promouvoir ou de tirer profit économiquement d’une manière inappropriée d’une personne qui rend des services sexuels contre de l’argent. Un propriétaire de logement est tenu d’annuler un contrat de location s’il vient à sa connaissance que des services sexuels sont vendus dans son appartement.

Les travailleurs sexuels en Suède peuvent en principe travailler légalement dans des voitures, des camping cars, ou dehors dans des endroits cachés. Ils n’osent et/ou ne veulent pas prendre des clients dans leur propre appartement et n’ont pas toujours les moyens de louer leur propre local de travail. Seulement un petit nombre de travailleurs sexuels est propriétaire de leur logement, où ils peuvent recevoir des clients.

Si un travailleurs du sexe reçoit des clients dans un local ou dans un appartement qu’il/elle loue, alors il/elle doit être sur ses gardes constamment afin que cela ne soit pas découvert.

Il y a des travailleurs du sexe qui ont été obligés de payer des prix d’usurier pour leur loyer, qui ont été délogés, obligés de changer de local avec un préavis très court qui d’une manière générale a été laissé à la décision arbitraire du propriétaire.

Cela cause du stress et de hauts coûts, et cela rend difficile de planifier l’activité et de payer des taxes : les travailleurs sexuels ne peuvent pas savoir quand ils devront interrompre leur activité, avec le manque de revenus qui en résulte. Et puisque l’on doit tenir l’endroit de travail secret, ils/elles sot aussi plus exposés pour les clients potentiellement dangereux.

Puisque personne d’autre n’a le droit de prendre part aux revenus de la vente de services sexuels, cela influence les relations de famille des travailleurs du sexe et leurs relations de travail. Les partenaires et les concubins, de même que les enfants d’un travailleur sexuel en âge d’être punis par la loi, peuvent être jugés pour proxénétisme.

Les travailleurs sexuels qui le désirent ne peuvent pas non plus travailler ensemble. Cela fait que les travailleurs sexuels en Suède sont plus isolés, en même temps qu’ils sont moins protégés d’éventuels clients menaçants.

Questions sociales, taxes et autres

Parfois, les services sociaux considèrent que l’ont n’est pas un parent adéquat simplement par le fait on vend des services sexuels. Les travailleurs du sexe courent de cette manière le risque de perdre la garde de leurs enfants, si l’on découvre qu’ils vendent des services sexuels.

C’est une des nombreuses raisons qui font que les vendeurs de services sexuels n’osent pas rechercher l’aide de la police lorsqu’ils sont victimes d’agressions ou lorsqu’ils ont été dupés. La confiance en la police, tout comme la confiance en les services sociaux, est souvent inexistante, puisque toutes les législations visent à enrayer la vente de services sexuels.

Tout le monde a un devoir de payer des taxes en Suède, même les travailleurs du sexe. La Cours d’appel a décidé que la vente de services sexuels est une activité taxable. Mais les travailleurs du sexe ne peuvent pas enregistrer leurs propres entreprise et déclarer la véritable activité, puisque cela n’est pas accepté par le bureau des taxes.

Et même si le bureau des taxes accepte cette désignation, cela causerait toujours des risques de déclarer une telle activité, par rapport à la famille, au logement, et à la loi sur le proxénétisme. Pour cette raison, les travailleurs du sexe enregistrent une autre activité, ou bien
ne payent pas de taxes.

Cela implique que les travailleurs du sexe risquent de payer des arriérés de taxes. Le fait de payer des arriérés implique de grosses difficultés économiques, surtout pour ceux qui ne gagnent pas beaucoup d’argent. Ils ne savent pas s’ils doivent faire appel contre une décision de devoir payer des arriérés. Une travailleuse du sexe qui avait planifié de cesser avec cette activité a été obligée de continuer afin de payer ses arriérés.

Isabella Lund
Travailleuse du sexe
le 6 juin 2007

Sources :

L’expérience des travailleurs sexuels eux-mêmes

Mémoire de maîtrise : Le péché idéologisé - La politique moderne suédoise en tant que créatrice d’identité et de sûreté
de Petra Östergren

Articles :

Les travailleurs du sexe sont victimes de vol et de chantage
de Per Nygren
Publié : 2007-06-11 dans Göteborgs Posten

De plus en plus de filles se endent pour de l’héroine
d’Emma Johannisson
Publié : 2007-04-05 dans Aftonbladet

Rapport sur la situation dans la rue
de Lina Flyrén
Publié : 2007-01-25 dans Arbetaren

Diminution forte de la prostitution de rue
d’Ossian Grahn,
Publié : 2006-11-15 dans Polistidningen (Journal de la police)

Source : http://www.sans.nu/franska/consequences.htm

Dans la même rubrique :

Communauté

  • Devenir membre
  • Se connecter
  • Nos membres
  • Le genre se bouge
  • Publier un article

infoGENRE

S'abonner à la newsletter