Constitution tunisienne : où est la parité ?

L’institution de la parité totale en Tunisie en avril dernier n’a pas eu l’effet escompté. Cinq mois après l’instauration de cette loi, la représentation des femmes têtes de listes n’atteint que 5%, ce qui réduit énormément leurs chances de participer à l’élaboration de la nouvelle Constitution et donc à la consolidation de leurs acquis. De plus, le pourcentage de femmes votantes inscrites à ces élections n’est que de 20%.

« "Où sont les femmes ?" interpelle le blog L’Observatoire Politique Tunisien. A la tête des listes électorales, les femmes brillent en effet par leur absence. « Elles étaient pourtant nombreuses, les personnalités politiques, à se réjouir de cette décision au lendemain du 11 avril 2011, lorsque le gouvernement tunisien de transition votait une loi révolutionnaire instituant la parité totale et l’alternance obligatoire dans le processus électoral », raille le blog.

Cinq mois plus tard, au moment du dépôt des listes, force a été de constater que la représentation des femmes était loin d’être assurée. « Elles ne représentent que 5 % des têtes de liste, ce qui réduit énormément leurs chances de participer à l’élaboration de la nouvelle Constitution et donc à la consolidation de leurs acquis », constate amèrement la journaliste Hanene Zbiss pour l’hebdomadaire en ligne Réalités.

Le 30 septembre, la journaliste assistait à une conférence organisée par la Ligue des électrices tunisiennes sur le thème : « la présence féminine dans le processus électoral entre la théorie et la pratique ». Une ligue fondée après la révolution « par un groupe de femmes unies dans la conscience de l’importance du rôle des femmes dans le soutien de la pratique électorale », note Najoua Hizaoui dans un article pour La Presse. Lors de cette rencontre, sa présidente Narjès Loukil a précisé que « le nombre des femmes inscrites aux élections s’élève à 20 %, dont 5 % sont têtes de liste. Autre indicateur, les femmes âgées entre 18 et 30 ans représentent 51 % des inscrites ».

Un triste bilan que déplore également l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) qui, dans un communiqué en arabe publié sur sa page Facebook, y voit une justification supplémentaire pour constitutionnaliser les droits des femmes, en inscrivant notamment dans la Constitution l’égalité pleine et l’égalité des chances entre les femmes et les hommes.

A qui la faute ? « A la politique politicienne », répond l’Observatoire politique tunisien. « La quasi totalité des partis politiques a fait le choix de s’asseoir sur cette avancée historique craignant le caractère soit disant dérangeant que pourrait représenter une tête de liste féminine aussi bien dans les régions côtières que dans les régions de l’intérieur », poursuit-il.

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Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le blog du journal Le Monde le printemps arabe »

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