Côte d’Ivoire : nomination de la première chancelière de l’Ordre national

Depuis la chute de Laurent Gbagbo, la construction de la 3ème République s’effectue avec des changements notables en faveur des femmes. Le Président Alassane Ouattara vient de signer un Décret portant nomination de Dagri Diabaté au poste de Grande Chancelière de l’Ordre National.

Le 11 avril 2011, la Côte d’Ivoire a abordé un nouveau versant. Le Président Laurent Gbagbo est débarqué et arrêté. Avec lui s’écroule tout le système de son régime. C’est avec grandes pompes que Alassane Ouattara s’est installé. Depuis, il poursuit la construction des nouvelles institutions ivoiriennes.
Ainsi, le vendredi 13 mai 2011, le Président Ouattara à procédé à la signature d’actes réglementaires et individuels. Au titre de l’Ordre national de la République de Côte d’Ivoire, Madame Henriette Dagri-Diabaté a été nommé Grande chancelière de l’Ordre national.

Madame Dagri devient ainsi la première femme Grande Chancelière de Côte d’Ivoire. Cette femme n’est pas inconnue de l’opinion nationale. Elle fait partie de l’élite intellectuelle féminine ivoirienne. Elle est Professeure Titulaire d’Histoire et a occupé de grandes responsabilités dans l’administration ivoirienne. A ce titre, elle est l’auteure de nombreuses productions scientifiques. Les plus connues sont Le Mémorial sur la Côte d’Ivoire, paru en plusieurs Tomes avec d’autres co-auteurs. La marche des femmes sur Grand-Bassam aux Nouvelles Editions Africaines (NEA) en 1975 est l’un des ses ouvrages majeurs. Madame Dagri vient rejoindre de par cette nomination, une autre femme promue par Ouattara, la Ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, assurant l’intérim de l’enseignement supérieur, Kandia Camara.

Le sens d’une nomination

La nomination de Madame Dagri au poste de Grande Chancelière de l’Ordre national, représente une avancée dans la promotion du genre en Côte d’Ivoire. La nomination s’inscrit dans le cadre de la réalisation de l’objectif 3 des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) relatif à la promotion des sexes et à l’autonomisation des femmes. Elle se loge plus précisément dans le canevas de l’indicateur 12 de cet objectif qui a trait à la proportion des sièges occupés par les femmes dans les instances de décision.

D’autre part, cette nomination épouse également l’esprit de Beijing et du Protocole de l’Union Africaine (UA) sur les droits des femmes en Afrique. Afin d’encourager et de renforcer la représentation des femmes dans les structures politiques, il convient de noter la Déclaration Solennelle de la Côte d’Ivoire sur l’Egalité des chances, l’Equité et le Genre signée par le Président Gbagbo Laurent de la République le 21 février 2007. Des points focaux ont été mis en place dans les services d’administration publique et privée.

Même si le taux de 30% indiqué par la Déclaration solennelle de la Cote d’Ivoire sur l’égalité des chances, l’équité et le genre signée par le Président Gbagbo Laurent en février 2007 n’est pas encore atteint, il n’en demeure pas moins que de nombreux efforts sont faits pour améliorer la représentativité des femmes dans les instances de décision. Il reste à souhaiter que les nouvelles autorités ivoiriennes prendront toutes leurs dispositions pour regarder avec plus de minutie les préoccupations spécifiques des femmes qui se sont accrues avec les violences qui ont cours en Côte d’Ivoire depuis l’éclatement des violences post-électorales de 2010.

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Cet article a été écrit par Silué N’Tchabétien Oumar
Politologue, Sociologue.
Expert en gestion des conflits et paix et en Genre

Sirasso2000 chez yahoo.fr

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