Crise économique : les femmes frappées de plein fouet

La fondation Plan international publie un rapport intitulé « Because I am a girl ». L’étude, qui s’est appuyée sur plusieurs analyses, plaide pour l’autonomisation économique des filles et des femmes comme source de développement des Etats. Afin de mettre en lumière cette relation de cause à effet, l’organisation met en exergue les impacts de genre de la crise économique mondiale.

La récession actuelle représente un cataclysme pour les populations les plus pauvres. Les femmes et les filles étant le groupe humain le plus vulnérable les répercussions sur elles sont démultipliées. La main d’œuvre féminine, fortement présente dans les secteurs fragiles et peu valorisés, a été la première touché par les fermetures d’usines. Selon l’Alliance nationale des femmes de Philippines « Dans le secteur formel, et notamment dans les secteurs destinés à l’exportation, sept travailleurs licenciés sur dix, à cause de la crise financière, sont des femmes ». Des licenciements économiques qui ont propulsés une partie de ces travailleuses précaires dans les rangs de la prostitution.
Concernant l’éducation, en temps de crise les fillettes sont les premières victimes intellectuelles. Dans ces périodes les inscriptions scolaires étant trop coûteuses pour les familles, elles sont retirées de l’école. Pour combler le manque à gagner, les filles sont chargées d’aider leurs mères aux champs, ou de mendier. Dans les situations les plus difficiles, il n’est pas rare qu’elles soient vendues à des trafiquants, comme domestique ou marié de force à des hommes plus âgés. Pourtant selon le rapport (téléchargeable en ligne en anglais) « Les femmes qui ont fréquenté l’enseignement secondaire gagnent 2000 dollars de plus que celles qui se sont arrêtées à l’école primaire ».
Cette catastrophe financière, qui a des conséquences négatives sur les flux financiers, touche particulièrement l’envoi de fonds des migrants aux familles restées dans les pays, les villes ou les villages d’origine. Dès lors les femmes sont doublement touchées. D’une part les maris partis à la recherche d’emplois mieux rémunérés ne peuvent subvenir à leurs besoins, d’autre part, la perte d’emploi des migrantes se traduit aussi par la baisse d’argent expédié. « En 2009, la Banque mondiale a prévu un déclin de7, 3% de ces flux financiers, évalués en 2007 à 14,5 milliards de dollars ».
Par ailleurs, c’est état de fait touchera lourdement le taux de mortalité et de morbidité des fillettes en bas âge. Considérées comme moins importantes selon les cultures, ces bouches à nourrir pourraient être encore plus négligées. Selon la Banque mondiale il y aurait « Cinquante-huit pays dans lesquels la crise pourrait déboucher sur un accroissement de la mortalité infantile atteignant 400 000 décès par an, en majorité des petites filles ».

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Source : site de l’OIF

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