Crise et violences basées sur le genre en Côte d’Ivoire : résultats des études et principaux défis

En vue de l’élaboration de la stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre y compris les mutilations génitales féminines, le Ministère de la Famille, de la Femme et des Affaires Sociales (MFFAS) de Côte d’Ivoire a entrepris une série d’études sur les violences basées sur le genre.

Le présent document (2008) fait le point des résultats des cinq études entreprises dans des départements spécifiques (affrontements, zones ex-assiégées et les zones de transit des populations déplacées) et dégage les principaux défis à relever en matière de Violences Basées sur le Genre dans le pays.
Avant-propos :
Après la réalisation de l’enquête sur les violences basées sur le genre, au regard
des résultats et de leur pertinence, le Ministère de la Famille, de la Femme
et des Affaires Sociales a souhaité la conduite d’une opération similaire dans
d’autres départements affectés par la crise, surtout en zones ex-occupées. Il
s’agissait de circonscrire le phénomène dans son entièreté en vue de mieux
orienter les axes stratégiques lors de l’élaboration de la stratégie nationale de
violences basées sur le genre y compris les mutilations génitales féminines.
Pour doter le pays d’une base suffisante et large d’information nécessaire à la
prise de décision, six opérations de collecte des données ont été réalisées dans
8 départements des zones Centre Nord Ouest avec le concours de 4 Agences
des Nations Unies. Les résultats indiquent que la quasi-totalité des enquêtés
ont subi au moins une forme de violence. Les formes les plus répandues sont
les violences physiques, les violences verbales, les violences psychologiques et
les violences sexuelles. De toutes les formes de violences, c’est au niveau des
violences sexuelles que l’on observe une variation importante entre les sexes.
Les violences familiales et domestiques se produisent dans l’intimité du cercle
familial trop souvent considéré comme un lieu privé où la loi trouve mal sa
place. La mise en corrélation des auteurs des violences et de la nature des
actes a permis de montrer que la violence à l’endroit des femmes, revêt les formes
de violences sexuelles (imposition de rapports sexuels, viols, etc.), violences
psychologiques et violences économiques.
L’enquête réalisée dans le département d’Abidjan avait montré que les non déplacées
avaient subi moins de violences que les déplacées. Mais, dans les zones
où les affres de la guerre ont été les plus criardes, la présente étude donne des
résultats contraires, attirant encore plus l’attention sur la prise en compte des
populations d’accueils dans les zones Centre Nord Ouest. Bien que des dispositions
existent pour une prise en charge, les victimes de violences font très peu
recours aux structures juridico administratives engendrant des conséquences
sur la qualité de leur vie future. Une autre forme de violence est la pratique des
mutilations génitales féminines qui est une pratique préjudiciable à la santé
des jeunes filles et des femmes. D’autres pratiques comme le premier rapport
sexuel forcé/contraint ou alors les interruptions volontaires des grossesses ont
mis en évidence la nécessité de mieux orienter les actions de lutte contre les
violences dans le pays.
Au terme de cet important travail, 8 principaux défis ont été dégagés dont l’opérationnalisation
et la mise en oeuvre sont nécessaires pour renforcer la lutte
contre les violences basées sur le genre dans le pays.

***

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter et télécharger l’étude sur la crise et les violences basées sur le genre en Côté-d’Ivoire

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