De gré ou de force - les femmes dans la mondialisation

Les femmes dans la mondialisation

Le livre de Jules Falquet part d’un point de vue inhabituel : celui des femmes en lutte. Il montre comment, de gré ou de force, les femmes sont au coeur de la mondialisation. Parce que les institutions internationales et les gouvernements tentent de s’appuyer sur elles, sur leur immense désir de « participer » et sur leur force de travail, pour en faire un pilier du néolibéralisme. Un certain discours sur l’égalité des sexes et sur le développement est mobilisé pour les engager à participer à leur propre domination et pour légitimer la mondialisation.

Sur le plan économique, la surexploitation des paysan­nes, des ouvrières, des migrantes dans le travail sexuel et les « services » permet de dégager de nouveaux profits. Sur le plan de la contrainte par la force, à la violence « classique » contre les femmes s’ajoute un état international de guerre permanente. Ces deux formes de « guerre de basse intensité » contre la population civile font partie des nouveaux modes semi-privatisés de gestion de la force de travail mondialisée et féminisée.

L’auteure

Jules Falquet, maîtresse de conférences en sociologie à l’université Paris-Diderot, étudie depuis plus de quinze ans les luttes sociales en Amérique latine et aux Caraïbes. Son livre s’adresse tout autant aux chercheur es qu’aux militantes. Il braque le projecteur sur une réalité fortement sous-estimée dans les analyses de la mondialisation : l’instrumentalisation des femmes.

Extrait de l’introduction :

La mondialisation ne constitue pas un phénomène univoque et dépourvu de contradictions. Ce livre en présente une analyse critique, mais ne rejette pas pour autant d’autres lectures plus « optimistes ». Simplement, il part d’une perspective que nous n’avons pas l’habitude d’adopter ni de prendre vraiment au sérieux : celle des femmes. Plus précisément, celle des féministes latino-américaines et caribéennes. Or cette perspective est passionnante.

En effet, être opprimée confère un « point de vue » (stand point) particulier, comme l’a expliqué notamment Sandra Harding. Des féministes noires comme bell hooks et Patricia Hill Collins l’ont conceptualise comme une position d’« extériorité intérieure » qui produit une conscience particulièrement aiguë des phénomènes de domination. Surtout, le fait de réfléchir collectivement, de s’organiser dans des mouvements sociaux, contribue puissamment à développer des outils et des capacités d’analyse. C’est pour cela qu’ici, je m’appuierai beaucoup sur les réflexions pionnières et éclairantes des féministes latino-américaines et caribéennes.

Dans la perspective ouverte par ces femmes, j’essaierai de montrer quatre choses :

- Premièrement, que nous n’allons pas vers un monde meilleur et plus égalitaire grâce à la mondialisation néolibérale, au contraire : tous les systèmes d’exploitation se renforcent, notamment le système de classe et le système raciste, mais aussi le système patriarcal global.

- Deuxièmement, que c’est d’abord par le biais de la coercition et d’une grande violence matérielle (économique et physique) que cette mondialisation nous est imposée. Or les mécanismes de contrainte à l’oeuvre possèdent une dimension de genre très importante, jusqu’ici mal intégrée aux analyses.
Troisièmement, que c’est également grâce à un volet de persuasion que la mondialisation s’installe. On assiste à la construction d’un consensus idéologico-politique légitimant, dont un dispositif central et pourtant lui aussi peu étudié consiste à « faire participer » les femmes.

- Enfin, j’aborderai la question des résistances, en montrant que les remises en cause et les alternatives que les femmes et les féministes apportent à travers divers mouvements sociaux doivent absolument être placées au centre de la réflexion et de la pratique, si nous voulons réellement qu’un autre monde advienne.



SOMMAIRE :

Introduction

Chapitre I : Points de repère pour l’analyse de la mondialisation néolibérale

Chapitre II : « Hommes en armes » et « femmes de service »

Chapitre III : « Développement » et participation selon les institutions internationales

Chapitre IV : Chiffres, concepts et stratégies du « développement » néolibéral

Chapitre V : Trois questions aux mouvements sociaux « progressites »

Conclusion

Bibliographie



Renseignements et commandes :
LA DISPUTE éditeurs
109, rue Orfila
75020 Paris
01 43 61 99 84
la.dispute chez wanadoo.fr
Diffusion et distribution
en France : CDE-Sodis
Diffusion en Belgique, au Canada et en Suisse : Gallimard export

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Pour en savoir plus :
Amitié entres les peuples - Crise du capitalisme et renforcement de l’oppression des femmes. J.Falquet

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