Communiqué de presse 1/02/07

Des féministes iraniennes arrêtées

Tala’t Taghinia, Mansoureh Shojaie et Farnaz Seify, journalistes et membres du Centre Culturel Féministe de Téhéran, ont été arrêtées le
27 janvier 2007, en fin de matinée, à l’Aéroport Imam Khomeiny de Téhéran. Elles essayaient de quitter leur pays afin de participer à une formation au journalisme sur le web et aux stratégies internationales de communication, organisée par l’agence féministe d’information Shahrzad News (http://www.shahrzadnews.org). Cette formation devait se dérouler à New Delhi en Inde. Après leur arrestation, les forces de sécurité ont accompagné les trois militantes chez elles, où leurs effets personnels, leurs livres, ordinateurs et carnets d’adresse, ont été fouillés et saisis. Après la descente de police, ces trois femmes ont été transférées dans la soirée à la prison Evin de Téhéran.

Elles ont été relâchées le dimanche 29 dans la soirée après que leur famille aient contacté des avocats et payé une caution. Leur passeport a été confisqué. Elles sont accusées d’atteinte à la sécurité de l’Etat, pour participation à « un atelier éducatif » à l’étranger. Pendant deux mois, elles vont rester à la disposition de la justice, qui décidera d’une éventuelle peine.

Depuis leur libération, Shirin Ebadi, avocate iranienne et prix Nobel de la paix, a décidé d’assurer leur défense et a commencé à démonter l’accusation sur le plan légal, démontrant que la loi iranienne n’interdit ni de sortir du pays ni de suivre une formation. Il semblerait que les trois militantes aient été particulièrement ciblées car à l’initiative de la campagne « un million de signatures », lancée l’année dernière, qui réclame un changement des « lois discriminatoires » à l’encontre des femmes dans leur pays.

Dix autres Iraniennes qui les accompagnaient pour les mêmes motifs, ont été, quant à elles, interpellées à la frontière au moment de l’embarquement, interdites de voyage et interrogées par la police pendant six heures sur leur relation à l’agence et à sa rédactrice en chef, avant d’être finalement relâchées.

Ces treize militantes féministes avaient préalablement obtenu, sans grande difficulté, leurs visas pour l’Inde et avaient acheté et acquis leur billet d’avion.

Il est aujourd’hui très difficile d’obtenir plus d’informations, leurs lignes téléphoniques et leurs comptes email étant sous surveillance permanente.

De nombreux contacts avec de multiples organisations de défense des droits humains, des droits des journalistes, ainsi que des organisations féministes ont aussitôt été pris en Inde, en France, aux Pays-Bas et ailleurs dans le monde. Aucune forme de mobilisation n’a pu encore être mise sur pied, sous peine de nuire à la sécurité des interpellées.

Shahrzad News, créée le 1er janvier 2006 à l’initiative d’exilés iraniens, d’une radio communautaire et d’un centre d’archives et de documentation féministe hollandais, est principalement financée par le gouvernement néerlandais. L’agence est animée depuis Amsterdam avec le concours de journalistes iraniens de la diaspora et de l’intérieur.

Cette formation en Inde s’adressait uniquement aux journalistes de l’intérieur. Elle est de fait repoussée sine die sans aucune perspective d’échéance, voire de réalisation.

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