Des formations pour les femmes : dynamiques et ambiguïtés d’un discours peu élucidé

Les formations et plus particulièrement celles qui sont destinées aux femmes se multiplient en Afrique, en tout cas au Burkina Faso, qui est notre terrain d’observation pour la réalisation du projet FICUS (Cultures et Formations). Si personne ne saurait contester la nécessité des formations, leur mise en œuvre au Burkina Faso suscite une foule de questions quant à leurs objectifs, leurs financements, les concepts et les méthodes utilisés, etc. que nous essayons d’élucider dans le projet FICUS, Cultures et Formations.

Sophia Mappa
Forum de Delphes
Juin 2004

Notre objectif particulier dans ce texte est d’interroger le bien-fondé des formations destinées aux femmes africaines. Tant il est vrai que le discours sur le « genre », issu de l’expérience et de la problématique occidentales, est devenu une mode, qui a gagné entre autres les politiques de coopération au développement. Elle se traduit dans la réalité dans un nombre considérable d’actions dont le « public cible » sont les femmes africaines. Pourquoi les femmes ? Sur quelle analyse du statut et du rôle de la femme en Afrique sont étayées ces formations ? Sur quelle perception de l’Afrique et de l’Occident sont-elles élaborées ? Que signifient pour les auteurs de ces formations et leurs bénéficiaires les principes d’égalité, de liberté, de responsabilité, d’actions individuelles, etc. et celui de changement des rapports sociaux qui sous-tendent le concept de genre ? Ces principes sont-ils présents en Afrique, y compris parmi les femmes ? Si tel n’est pas le cas, est-ce par les formations que les acteurs locaux se les approprieront ?

L’analyse des entretiens que nous avons réalisés avec les instigateurs africains et européens de ces formations (vingt-quatre entretiens dans le premier cas, pour la plupart des femmes, huit dans le deuxième), peut apporter des éléments de réponse à ces questions sachant que cette analyse sera affinée ultérieurement par celle d’autres matériaux. Deux courants de pensée semblent se dégager de cette analyse : le premier, largement majoritaire, met en avant pour expliquer les formations destinées aux femmes la discrimination et le statut inférieur de la femme africaine. Le deuxième (quatre personnes sur les vingt-quatre interrogées parmi les Africains) sans nier la discrimination porte un regard plus nuancé et plus global sur la femme, sur ses rapports aux hommes, et sur la société africaine. Il formule, de ce fait, des critiques sérieuses du concept du genre.

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