Doris Lessing, Prix Nobel de Littérature 2007

Le Prix Nobel de Littérature 2007 a été attribué jeudi 11 octobre à la romancière britannique Doris Lessing. Le comité de l’Académie suédoise récompense une "conteuse épique de l’expérience féminine, qui avec scepticisme, ardeur et une force visionnaire scrute une civilisation divisée", selon les termes du communiqué.

Doris Lessing
Bibliographie / Biographie de Doris Lessing, Prix Nobel de Littérature 2007.

Le Prix Nobel de Littérature 2007 a été attribué jeudi 11 octobre à la romancière britannique Doris Lessing. Le comité de l’Académie suédoise récompense une "conteuse épique de l’expérience féminine, qui avec scepticisme, ardeur et une force visionnaire scrute une civilisation divisée", selon les termes du communiqué. Doris Lessing est la 11e femme depuis 1901 à obtenir le Nobel de littérature. Doté de 10 millions de couronnes suédoises (près d’1,1 million d’euros), le Prix lui sera remis le 10 décembre prochain à Stockholm.

Doris Lessing est née le 22 octobre 1919 à Kermanshah (Iran) de parents anglais. Son père, Alfred Tayler, est employé à la Banque Impériale de Téhéran, sa mère infirmière. Elle passe sa petite enfance en Perse puis suit en 1925 sa famille qui part exploiter une plantation de tabac et de maïs en Rhodésie (aujourd’hui Zimbabwe). Doris Lessing entame des études à la Girl’s High School de Salisbury (Grande-Bretagne) mais quitte l’école dès l’âge de quinze ans pour occuper un emploi d’aide-soignante, puis de standardiste. De retour dans la ferme familiale, elle épouse à l’âge de 19 ans un fonctionnaire, Frank Wisdom, dont elle a deux enfants, mais le quitte en 1942. Entre temps, elle commence à écrire et publie quelques textes dans une revue sud-africaine. Pendant la seconde guerre mondiale, elle se politise et adhère à un groupe communiste luttant notamment contre la politique d’Apartheid menée par la Rhodésie. Elle y rencontre un émigré juif allemand, Gottfried Lessing, qu’elle épouse en 1945 et dont elle aura un enfant. En 1949, de nouveau divorcée, elle quitte la Rhodésie pour s’installer définitivement à Londres. Elle emporte dans ses bagages le manuscrit de son premier roman, The Grass is singing (Vaincue par la brousse), inspiré de son expérience africaine. Publié en 1950, le roman connaît un grand succès en Angleterre et sera suivi en 1952 d’un recueil de nouvelles, This was the Old Chief’s Country (Nouvelles africaines). Sa carrière d’écrivain lancée, Doris Lessing entame alors un cycle de cinq romans autobiographiques regroupés sous le titre de Children of Violence (Les Enfants de la violence), qui seront publiés entre 1952 et 1969 et qui mettent en scène une héroïne, Martha Quest, en quête d’indépendance sociale, politique et sexuelle. Un autre volume de nouvelles intitulé Five sort en 1953, suivi en 1956 d’un roman, Retreat to innocence. Très engagée politiquement, la romancière critique ouvertement nombre d’injustices sociales, en particulier sur le pays de son enfance, ce qui la fera interdire de séjour en Afrique du Sud et en Rhodésie. À partir du milieu des années ’50, elle perd cependant toute illusion sur le communisme et quitte le Parti Communiste en 1956, après l’intervention soviétique en Hongrie. En 1962, Doris Lessing publie The Golden Notebook (Carnet d’Or, Prix Médicis étranger 1976), roman "psychanalytique" d’un roman en train de s’écrire où, à travers son personnage Anna Wulf, l’écrivain fait éclater un Moi illusoire et relate sa désillusion politique. Le roman, considéré aujourd’hui comme son chef-d’oeuvre et un classique de la littérature féministe (sauf par Doris Lessing, qui s’en défend), marquera sa consécration internationale. Au début des années ’70, la romancière publie La Descente aux Enfers (1971) et L’été avant la Nuit (1973), qui annoncent un tournant dans son oeuvre. A partir de cette époque Doris lessing s’intéresse en effet de plus en plus aux univers psychiques, à l’occultisme, à la parapsychologie et surtout au Soufisme, religion qu’elle étudiait déjà depuis plusieurs années. Un nouveau cycle de cinq volumes regroupés sous le titre générique de Canopus dans Argos : Archives débute en 1974 avec Shiskasta et Mémoires d’une survivante et se poursuivra jusqu’en 1983. Dans cette série de quasi science-fiction, Doris Lessing explore notamment les thèmes de l’évolution de l’univers et de la survie de l’humanité. En 1983 et 1984, Doris Lessing publie successivement deux romans sous le pseudonyme de Jane Somers — un canular destiné à tromper les éditeurs — Journal d’une voisine et Si viellesse pouvait..., consacrés à la solitude, à la maladie, au vieillissement et à la mort. Ils seront suivis (sous son nom) de nombreux autres ouvrages comme entre autres La Terroriste, Le Cinquième enfant, Rire d’Afrique, La Madone noire, Dans ma peau, La Marche dans l’Ombre, Les Grands-Mères, Le Rêve le plus doux, Un enfant de l’amour, etc.

Au total Doris Lessing est l’auteur d’une cinquantaine d’ouvrages (romans, nouvelles, théâtre, essais,...), la plupart inspirés par son enfance, l’Afrique et ses engagements sociaux et politiques, tous plus ou moins autobiographiques et tous d’une très haute teneur morale et spirituelle qui font d’elle l’un des plus grands témoins de l’époque.

La République des Lettres, jeudi 11 octobre 2007

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Source : La République des lettres

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