Dot - campagne contre le commerce des femmes au Cameroun

La dot
aujourd’hui semble perdre de sa valeur et de sa signification. Autrefois, symbole
d’amitié, d’union entre deux familles, la dot est de plus en plus un moyen de
marchandage et d’enrichissement rapide pour les parents, par le biais de la "chosification" des femmes.

Cameroun : Dot - campagne contre le commerce des femmes

Cameroon Tribune (Yaoundé)

21 Juillet 2006

Marguerite Estelle Etoa

Beaucoup de Camerounaises subissent des violences psychologiques et physiques au nom de cette pratique qui, pour certains, confère tous les droits à l’époux.

La dot aujourd’hui semble perdre de sa valeur et de sa signification. Autrefois, symbole d’amitié, d’union entre deux familles, la dot est de plus en plus un moyen de marchandage et d’enrichissement rapide pour les parents. Une étude faite en juin dernier par le Centre de recherche en éducation et sciences sociales (CERDHESS) pour le compte du Cercle international pour la promotion de la création (CIPCRE), montre que ce phénomène est plus important dans certaines régions que dans l’autre.

Dans les cinq provinces où l’étude a été menée (Nord, Extrême-Nord, Ouest, Adamaoua et Sud) il a été démontré que le taux de la dot est fixé en fonction du niveau et de lieu d’études de la jeune fille. Et quand elle travaille déjà, c’est encore plus compliqué pour le prétendant. Ce procédé conduit, selon cette étude, à la chosification des femmes, qui subissent parfois des violences et tortures psychologiques et physiques dans leurs foyers. Le mari demande parfois que la femme travaille pendant le mariage pour lui rembourser ce qu’il a dépensé. Et quand c’est un homme à moralité douteuse, il peut prostituer sa femme pour s’enrichir.

Par ailleurs, un lien a été établi dans cette étude, entre la dot et les rites de veuvage. Généralement, la veuve subit au nom de la dot, toutes les tortures de sa belle-famille qui estime l’avoir achetée lors du mariage. La veuve se retrouve alors esclave de sa belle-famille, manquant de liberté dans la gestion des biens de son époux.

Il s’agit donc aujourd’hui pour le CIPCRE, par le biais des semaines pascales, d’éduquer les parents sur la valeur de leurs enfants, et éviter les drames sociaux qui se perpétuent sous le couvert de la dot. La campagne qui a commencé le 14 juillet dernier s’étendra sur trois ans. Le CIPCRE par des études, et des conférences fera un plaidoyer pour la femme au Cameroun afin d’humaniser les pratiques de la dot et des rites de veuvage. Pour le pasteur Jean-Blaise Kenmogne, directeur du CIPCRE, la noce honore, et la dot est un symbole de la tradition et non un raccourci pour la richesse. " Au Cameroun, la dote pose de plus en plus problème. Dans la mesure où elle cesse d’être un lien symbolique traditionnel d’alliance entre les familles pour devenir un simple marchandage pour l’achat des femmes. Il est urgent d’oeuvrer pour une codification des pratiques de la dot ", explique le pasteur. Un combat de plus pour améliorer le bien-être de la femme.

Source : http://fr.allafrica.com/stories/200607210539.html

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