Droits et combats des femmes

Courrier de l’action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT)

L’abolition des discriminations s’avère décisive pour éradiquer les violences contre les femmes. La discrimination est en effet un facteur qui favorise la tolérance à la torture.
Dans ce numéro de la revue "Courrier de l’action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT)", des articles concernant la Tchétchénie, l’Amérique Latine et l’Irak.

L’abolition des discriminations s’avère décisive pour éradiquer les violences contre les femmes. La discrimination est en effet un facteur qui favorise la tolérance à la torture.
Dans ce numéro de la revue "Courrier de l’action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT)", des articles concernant la Tchétchénie, l’Amérique Latine et l’Irak.

Editorial : Femmes en première ligne

Anne Cécile ANTONI
Membre du Comité Directeur de l’ACAT-France

Discriminations légales, exclusion de la vie publique, violences domestiques, trafic de femmes, prostitution forcée, esclavage sexuel, viol en temps de guerre et de paix, viol comme moyen de torture, mutilations sexuelles, lapidation pour motif d’infidélité, crimes d’honneur, « féminicides », infanticide des filles, voici la terrifiante et mortifère litanie des violations des droits des femmes parce qu’elles sont femmes. Elle se double des atteintes qui mettent en danger, au même degré que les hommes, des opposantes politiques, des syndicalistes, des journalistes.

Les mauvais traitements contre les femmes trouvent leur ancrage dans des sociétés qui leur dénient l’égalité de droits. Souvent patriarcales, ces cultures essaient de justifier l’appropriation violente par les hommes du corps des femmes. Et certains gouvernements prétendent interpréter restrictivement les droits des femmes en fonction de la situation économique, des traditions ou des pratiques religieuses de leur pays. Or, rien ne saurait légitimer les violations de l’intégrité physique des femmes, ni de leur inaliénable dignité. Jésus a ouvert lui-même la voie d’un changement radical d’attitude envers elles (Jn 8, 1-11).

Face à ces atteintes barbares se sont dressées, de haute lutte, d’admirables figures : Aung San Suu Kyi en Birmanie, les Mères de la place de Mai en Argentine, Taslima Nasreen au Bangladesh, Salima Ghezali en Algérie, Shirin Ebadi en Iran, Wangari Maathai au Kenya, Zhanna Litvina en Biélorussie, Hauwa Ibrahim au Nigeria. Cette procession de lauréates du prix Nobel de la paix ou du prix Sakharov n’éclipse pas le travail d’innombrables militantes moins célèbres, dont la cause gagne du terrain, en particulier sur le plan des avancées juridiques. Mais un abîme existe encore entre le droit international, qui garantit les droits fondamentaux des femmes, et leur condition quotidienne. Dans nombre de pays, la loi présente des lacunes ou infériorise les femmes. Dans d’autres, elle n’est pas appliquée et peut être concurrencée par des systèmes juridiques parallèles ou battue en brèche par les préjugés communautaires.

L’abolition des discriminations s’avère décisive pour éradiquer les violences contre les femmes. La discrimination est en effet un facteur qui favorise la tolérance à la torture. L’engagement des femmes pour leurs droits croise ainsi les chemins de l’ACAT à travers ses champs d’action : lutte contre l’impunité, soutien des défenseurs des droits humains, éducation aux droits humains. Vous avez dit « droits humains » ? Oui, human rights, derechos humanos, Menschenrechte : la langue de nos voisins exprime mieux que la nôtre que les droits de l’homme sont aussi ceux des femmes.

Source : http://www.acat.asso.fr/courrier/annee_2007/Courrier_273/page_editorial_272.htm

Dans la même rubrique :

Communauté

  • Devenir membre
  • Se connecter
  • Nos membres
  • Le genre se bouge
  • Publier un article

infoGENRE

S'abonner à la newsletter