Emploi et profit : une équation mondiale

Les femmes de l’Amérique Centrale se trouvent toujours aux premiers rangs de la lutte contre l’exploitation cruelle de la main d’œuvre féminine. Leurs seules « rivales » sont les militantes des droits à l’emploi des Philippines. Un atelier de l’Awid – « Où est l’argent pour les droits des femmes en matière d’emploi ? Défis et opportunités », organisé le vendredi 14 novembre 2008 –, dominé par l’expérience et le tempérament mexicain avec un point de repère philippin, le prouve encore une fois avec un panel de cinq femmes ayant une riche expérience du terrain.

Il suffit de prononcer le mot maquilla pour imaginer immédiatement des femmes courbées sur des machines à coudre enfermées dans des petites salles sans assez de lumière et sans air. Qui sont ces femmes ? Des femmes de tout âge, mais surtout une grande majorité de jeunes qui produisent tout pour le textile souvent dans des conditions lamentables et même dangereuses. La moitié de ces femmes restent complètement invisibles et en dehors de toute statistique. Pourtant les maquillas sont connues depuis longtemps et il y a déjà beaucoup d’organisations impliquées dans la lutte pour les droits de ces femmes cruellement exploitées.

Maquila Solidarity Network et Semillas comptent parmi les organisations qui soutiennent durablement le mouvement des femmes de l’Amérique Centrale et du Mexique. Elles sont sur le terrain depuis déjà plus de 18 ans. Mais l’argent des bailleurs de fonds ne suffit pas pour résoudre le problème de l’emploi. En réalité, Semillas est le seul donneur ayant un programme complet orienté vers la sensibilisation et le soutien aux droits des femmes à l’emploi. Mais ce soutien représente une goutte d’eau claire dans le grand lac de l’exploitation.

Les Maquillas exportées en Europe de l’Est

On parle beaucoup d’aide internationale, mais cette aide est souvent utilisée pour imposer des conditions. Elle passe par des agences qui sont neutres par rapport à la question de genre et atteignent rarement les organisations qui ont le plus grand besoin de fonds. On ne trouve pas de l’argent pour les droits des femmes mais on trouve facilement de l’argent pour soutenir ceux qui ont signé par exemple les traités pour le libre commerce. Il n’y a jamais assez d’argent pour les fonds sociaux mais on a vu la vitesse à laquelle les Etats ont réagi a la crise financière.

On est à la recherche de l’argent pour les droits des femmes à l’emploi. Et pour ne pas créer nous-mêmes des nouvelles barrières et limites il faut élargir nos efforts vers toutes les régions. Car ceux qui profitent du travail mal payé des femmes trouvent très vite de nouvelles niches et places, où les femmes ne posent pas de questions mais veulent juste avoir un travail, a tout prix.

Les maquillas ne sont plus une marque déposée du Mexique ou des Philippines. L’Europe du sud-est est pleine d’« établissements » de ce type, produisant tout pour rien. Et c’est à peine maintenant que ce phénomène est révélé et une solution viable est recherchée. Comme toujours, les groupes de femmes sont les premières à donner le signal et à attirer l’attention publique.

Jivka Marinova, GERT, Bulgarie

Dans la même rubrique :

Communauté

  • Devenir membre
  • Se connecter
  • Nos membres
  • Le genre se bouge
  • Publier un article

infoGENRE

S'abonner à la newsletter