Excommunication : "le viol est moins grave que l’avortement"

Le Vatican justifie l’excommunication d’une mère brésilienne et de
médecins, pour l’avortement d’une fillette de 9 ans. L’enfant avait
été violée par son beau-père qui, lui, n’est pas excommunié.

NOUVELOBS.COM | 09.03.2009 | 17:23

Le cardinal Giovanni Battista Re, préfet de la congrégation pour les
évêques au Vatican, a justifié l’excommunication de la mère d’une
Brésilienne de 9 ans ayant avorté après avoir été violée par son
beau-père, car les jumeaux qu’elle portait "avaient le droit de
vivre", apprend-on ce lundi 9 mars.
L’archevêque de Recife dans le nord-est du Brésil a excommunié jeudi
la mère de l’enfant, qui a avorté de jumeaux alors qu’elle était
enceinte de quinze semaines.
L’excommunication a été étendue à toute l’équipe médicale qui a
pratiqué l’opération, mais pas au beau-père de l’enfant car "le viol
est moins grave que l’avortement" a expliqué Giovanni Battista Re.

"Il faut toujours protéger la vie"

"C’est un triste cas, mais le vrai problème est que les jumeaux
conçus étaient deux personnes innocentes, qui avaient le droit de
vivre et qui ne pouvaient pas être supprimées", a déclaré Mgr Re,
qui est également président de la Commission pontificale pour
l’Amérique latine.
"Il faut toujours protéger la vie, l’attaque contre l’Eglise
brésilienne est injustifiée", a-t-il estimé.
"L’excommunication pour ceux qui ont provoqué l’avortement est
juste", car cette opération constitue "toujours la suppression d’une
vie innocente", a commenté le préfet de la congrégation pour les
évêques, notamment compétent pour élire des évêques.

Lula contre les conservateurs

Vendredi, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva avait
vivement critiqué l’excommunication de l’archevêque de Recife,
"déplorant profondément en tant que chrétien et catholique qu’un
évêque de l’Eglise catholique ait un comportement aussi conservateur".
La grossesse de la fillette comportait de hauts risques et mettait
la vie de l’enfant en danger. L’interruption volontaire de grossesse
est toujours interdite au Brésil, sauf en cas de viol ou de danger
pour la vie de la mère.

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