Expériences de lutte contre l’excision en Afrique subsaharienne

Des dynamiques africaines existent contre la pratique des mutilations génitales féminines, et ce depuis de nombreuses années, si bien qu’il devient important d’une part de visibiliser cette capitalisation et d’autre part de mettre en perspective les différentes approches qui la composent.

A NOTER : le 6 février a été choisi (par le Comité Interafricain) en 2003 pour être la journée internationale de lutte contre les MGF (mutilations génitales féminines). Le bulletin n°5 du Réseau Genre en Action couvre cette journée au Mali : bulletin n°5.
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Le Mali, quoique moins médiatisé que ses voisins burkinabés et sénégalais qui ont votés une loi, n’en reste pas moins un pays dans lequel des dynamiques multiples de lutte contre la pratique de l’excision existent et se sont développées depuis environ 30 ans.

Sommaire :
Données de base sur la pratique au Mali.
La lutte contre l’excision : quelques dates clefs pour comprendre.
Les principales associations maliennes dans la lutte.
Bibliographie, documents et sites Internet pour aller plus loin
.


I- Données de base sur la pratique au Mali.


La pratique est très répandue au Mali.

DEFINITION
Les Mutilations Génitales Féminines (ou MGF), souvent nommée « excision », recouvrent en fait trois formes différentes de pratique (distinction de l’Organisation Mondiale de la Santé) :
-  l’ablation du prépuce du clitoris et/ou du clitoris en entier (ou clitoridectomie)

-  l’ablation du clitoris, des petites et/ou des grandes lèvres (communément appelée excision)

-  l’ablation du clitoris, des petites et/ou grandes lèvres et suturation (infibulation).
Il existe aussi une quatrième forme consistant en une incision, une piqûre… du clitoris et/ou des organes génitaux externes.

PREVALENCE
Les données les plus fiables concernant la prévalence sont issues de l’Enquête Démographique et Santé du Mali (réalisée par la Cellule de Planification et Statistiques du Ministère de la Santé et la Direction Nationale de la Statistique et de l’Informatique, avec le soutien technique de ORC Macro). Des questions sur l’excision ont été introduites en 1995-1996 dans ces enquêtes.
Selon la dernière enquête de 2001 (la nouvelle enquête est en cours et devrait être publiée en 2006), 91, 6 % des femmes entre 15 et 49 ans sont excisées au Mali. Cette pratique est en légère diminution par rapport à la précédente enquête (1995-1996) qui affichait un taux de prévalence de 93,7%.

FORMES
Au Mali, l’infibulation reste marginale : on rencontre le plus souvent les types I et II.
Toutes les ethnies ne pratiquent pas au Mali : par exemple, dans le Nord du pays, où les communautés Songhais, Tamasheqs sont majoritaires, la pratique est inexistante.

LES CONSEQUENCES
Elles sont nombreuses mais dépendent en premier lieu de la sévérité de la pratique et de ce qui a été touché.
Mais plus généralement, on peut distinguer entre les conséquences à court terme et les conséquences à long terme qui vont marquer la femme malienne pendant toute sa vie.
1) les conséquences à court terme : douleur (voire choc), hémorragies, infections de la plaie, fractures (quand la fille se débat face à la douleur), transmission du virus HIV par le partage des instruments de l’excision entre plusieurs fillettes, ulcération de la zone génitale, rétention d’urine, lésion des tissus adjacents. Certaines hémorragies et infections entraînent la mort.
2) les conséquences à long terme : difficultés à l’accouchement (perte d’élasticité due à la cicatrisation, le travail dure plus longtemps, il peut même y avoir parfois des déchirures voire des fistules), sécheresse vaginale qui rendent les rapports sexuels douloureux (ces micro déchirures étant aussi des voix d’accès du virus HIV), kystes, abcès, formation de chéloïdes (..), lésion de l’urètre entraînant une incontinence urinaire, des règles douloureuses, conséquences psychologiques et sexuelles (relations sexuelles difficiles, angoisse, dépression, …)

POURQUOI EXCISER ?
Les motivations populaires sont très nombreuses et hétérogènes :

-  arguments culturels et /ou traditionnels : c’est un rite d’initiation pour le passage de l’état d’enfant (petite fille) à celui d’adulte genré (femme)

-  arguments esthétiques et hygiéniques : le clitoris est perçue comme sentant mauvais et laid.

-  arguments religieux : au Mali, on excise au nom de l’islam. pourtant, l’excision n’est pas du tout une pratique islamique (pas dans la Coran, ni aucun autre texte religieux de référence ; de nombreux pays musulmans dans le Moyen Orient ne pratiquent ne connaissent pas la pratique). La pratique existait avant l’arrivée de l’islam en Afrique subsaharienne.

-  arguments moraux : préservation de la virginité avant le mariage et fidélité ensuite (maîtriser son désir).

-  arguments reproductifs : le clitoris empêcherait la reproduction (il pourrait blesser le bébé lors de l’accouchement ou le mari lors des rapports sexuels).
Dans l’enquête réalisée en 2001, 41, 7% des femmes et 28,8 % des hommes trouvent que l’avantage principal de la pratique est la reconnaissance sociale qu’elle procure. En effet, une femme non excisée est mise à l’écart de la société, pas considérée comme une femme mais encore un enfant. Il y a d’ailleurs des insultes à leur encontre (terme de « bilakoro » en bambara par exemple).
Mais on aurait tort de présenter l’excision comme une pratique ancestrale, immuable, liée de façon quasi organique aux valeurs culturelles de ces sociétés. En effet, la pratique n’est pas figée, si elle perdure elle a surtout évolué en s’inscrivant clairement dans la modernité.

LA PRATIQUE et EVOLUTIONS
A l’origine, c’était une exciseuse traditionnelle qui pratiquait sur un groupe de jeunes filles pubères. Mais aujourd’hui, ces exciseuses traditionnelles sont parfois remplacées par du personnel médical. L’âge a également changé : on excise les filles plus jeunes (les parents veulent ainsi éviter la douleur), voire à la naissance. Cela se fait aussi maintenant de plus en plus individuellement et sans toutes les cérémonies qui l’accompagnait, pour des raisons économiques, car cela coûtait très cher.

II- La lutte contre l’excision : quelques dates clefs pour comprendre.


1959 : Congrès constitutif de l’Union des femmes d’Afrique de l’Ouest (UFAO) à Bamako. L’excision est mise à l’index.

1962-68 : Awa Keita (figure emblématique du mouvement féministe au Mali) dans le cadre de la Commission sociale des femmes de l’US RDA mène des activités contre l’excision.

1978 : Union Nationale des Femmes Mali (organe de représentation officiel des femmes) met en place un projet qui aborde le problème de l’excision.

1983 : Les premiers programmes commencent surtout dès 1984-1985, dans le cadre de ses centres pour les jeunes filles, avec un projet sur la santé de la mère avec le Centre Djoliba (association malienne).

1984 : création du COMAPRAT (Comité Malien pour l’Abandon des Pratiques Traditionnelles Néfastes).

1987 : ratification par le gouvernement malien de la Convention Internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (1979).

1991 : création de l’AMSOPT et APDF, associations pionnières dans la lutte.

1993 : création d’un Commissariat pour la promotion de la femme. Naissance de l’ASDAP.

1994 : Conférence Internationale sur la Population et le Développement (Le Caire) qui condamne la pratique et demande aux gouvernements concernés de mener des actions.

1995 : Conférence Internationale sur les femmes, Beijing.
Et : mise en place par Plan International d’un « Projet MGF » (2000-2005) avec des agents d’exécutants nationaux (AMSOPT, ASDAP, APDF, AMPE et Centre Djoliba).

1996 : résultats de l’enquête EDS II (Enquête Démographique et de Santé- 1995/1996). La pratique de l’excision est estimée à : 94% de la population féminine de 15 à 49 ans.

-  3 août 1996 : remise de couteaux symbolique par 24 exciseuses à l’épouse du président de la République sous l’impulsion de l’AMSOPT.

-  31 décembre 1996 : création d’un Comité National d’Action pour l’éradication des Pratiques Néfastes (CNAPN) dans le cadre du Plan d’Action pour la promotion de la femme (1996-2001) du Commissariat pour la promotion de la femme.

1997 : création du MPFEF (Ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille). Plan d’Action Régional pour accélérer l’élimination des MGF en Afrique, OMS.

1999 : mise en œuvre projet MGF de Plan International. Second procès en France de Awa Gréou au Tribunal de Bobigny. Publication d’une enquête réalisée par la COFEM sur le taux de médicalisation de la pratique de l’excision.
7 janvier 1999 : une lettre circulaire du Ministère de la Santé, des Personnes Agées et de la Solidarité interdit l’excision dans les centres de santé.

2000 : renouvellement du programme de Plan International dans le cadre de la lutte contre les MGF (2000-2005) avec un remaniement des partenaires et une insertion dans une stratégie de santé de la reproduction plus large.
Et : mise en place du PASAF (Programme d’Appui à la lutte contre les Pratiques Préjudiciables à la Santé de la femme et de l’enfant) soutenu par le FNUAP sous égide du CNAPN et dont l’agent d’exécution et PATH (ONG américaine) pour 3 ans.

2001 :

-  8 juin 2001 : prise de position publique du Président de la République (Alpha Oumar Konaré) contre l’excision à la radio et télévision nationales.

2002 : EDS III (2001-2002) la pratique de l’excision est estimée à 91,6% de la population féminine 15-49 ans.

-  22 janvier 2002 : AOK et 6 de ses ministres ont été sensibilisés sur l’excision. AOK décide de convoquer un Conseil des Ministres extraordinaire d’où ressortent les recommandations suivantes : création d’un PNLE et rédaction d’un projet de loi.

-  Mai 2002 : avant-projet de loi contre l’excision qui reste lettre-morte (à l’Assemblée Nationale).

-  4 juin 2002 : création du PNLE (Programme National de Lutte contre l’Excision).

-  8 juin 2002 : Amadou Toumani TOURE entre en fonction (nouveau président de la République).

-  24 juin 2002 : loi relative à la santé de la reproduction (mentionne l’excision).

2003 : rédaction et introduction de curricula sur l’excision pour l’IUFM. 

-  juillet 2003 : Politique et Plan National d’Action pour l’Abandon de la pratique de l’excision.

-  Décembre 2003 : Forum National sur l’excision organisé par le PNLE (avec partenariat de l’UNICEF) réunissant « tous » les acteurs.

2004 : sensibilisation des parlementaires (Centre Djoliba et AMSOPT).
6 février : 1ère journée internationale de lutte contre les MGF.

2005 : la journée du 6 février prend de l’ampleur avec le soutien de la Première Dame.
Le PNLE mène des activités de coordination des différents acteurs sur le terrain.


III- Les principales associations maliennes dans la lutte.


Il y a quatre associations maliennes historiques qui ont commencé à lutter contre l’excision au début des années 90 (voir avant) : AMSOPT, ASDPAP, APDF et le Centre Djoliba.
Mais d’autres associations sont maintenant impliqués dont : l’association « Tagné », le Réseau Malien de lutte contres les MGF, Musow Jigi, et Sini Sanuman.

AMSOPT :
C’est la principale association dans la lutte, qui se consacre quasiment exclusivement sur cette question. Elle a été pionnière dans les dépôts de couteaux des exciseuses et continuent des activités de terrain et un plaidoyer actif au niveau national envers les décideurs.

Présentation rapide :
Statut juridique :
ONG
Date de création :
1991
Buts généraux et principales activités :
Promotion des pratiques traditionnelles positives et lutte contre celles qui sont néfastes et qui nuisent au développement en général. Sa principale activité concerne la lutte contre les MGF, mais elle mène aussi des Activités Génératrices de Revenu et lutte contre le mariage forcé et précoce.
Groupes cibles et zones d’intervention :
Les femmes, les hommes, les jeunes, les leaders communautaires et religieux, et les décideurs politiques. Elle intervient dans 70 villages dans les régions de Koulikoro, Kayes, et dans le district de Bamako.
Ressources humaines :
6 personnes.
Contacts :
BPE 1543
Bamako : Hamdallaye
Tel : 229-58-95.
amsopt chez datatech.toolnet.org

Activités dans la lutte contre l’excision :
Sa principale activité est l’IEC (Information Education et Communication) dans les villages. Mais elle organise aussi de nombreuses formations, jouissant maintenant d’une expérience solide dans la lutte : avec les enseignants, avec les groupements de femmes, avec les jeunes ONG, les médias…
Elle mène aussi un plaidoyer très actif, notamment avec les parlementaires qu’elle rencontre régulièrement.



APDF :
C’est une association de défense des droits de la femme qui est très reconnue au niveau national mais qui est également implanté dans toutes les régions. Elle mène une campagne active de plaidoyer auprès des autorités publiques pour un engagement positif contre la pratique.

Présentation rapide :
Statut juridique :
Association.
Date de création :
Avril 1991.
Buts généraux et principales activités :
Défense des droits de la femme, amélioration de leurs conditions de vie sur le plan socio économique, juridique et culturel.
Groupes cibles et zones d’intervention :
Les femmes et les enfants.
Ressources humaines :
13 personnes à Bamako et représentants dans toutes les régions du Mali.
Contacts :
Bamako : immeuble Djiré, Hamdallaye.
Tel : 229-10-28.
apdf chez datatech.toolnet.org

Activités dans la lutte contre l’excision :
Elle mène des activités très variées. Elle organise de nombreuses formations en régions (avec les communicateurs traditionnels, avec les groupements de femmes…). Elle mène des activités de reconversion pour les exciseuses. Elle soutien également les femmes fistuleuses.
Elle a organisé des concours de dessin dans les écoles.


ASDAP :
C’est également une association pionnière dans la lutte. Elle se concentre essentiellement sur les activités autour de la santé de la reproduction. Elle a acquis une solide expérience qui fait d’elle une organisation ressources majeure dans la lutte.

Présentation rapide :
Statut juridique :
ONG
Date de création :
1993
Buts généraux et principales activités :
Promotion de la santé, mais des activités connexes sont également organisées (notamment en matière d’environnement, d’alphabétisation, d’AGR…). L’approche genre est transversale.
Groupes cibles et zones d’intervention :
Les jeunes et les femmes. Elle est également présente en régions.
Ressources humaines :
80 dans tout le Mali
Contacts :
Bamako : Faladié SEMA
220-27-69/38-43.
asdap chez datatech.toolnet.org

Activités dans la lutte contre l’excision :
Elle travaille en étroite collaboration avec les autres associations dans le même domaine dans Elle appuie beaucoup les autres ONG à travers des formations en renforcement des capacités. Mais elle a également mis à la disposition des autres acteurs des outils clefs dans la lutte sur le terrain, notamment la « boîte à images » (grand livre de présentation, qui peut être vu de loin, et qui regroupe un ensemble d’images servant de support pour une sensibilisation sur l’excision : corps de la femme, organes, pratiques de l’excision…).
L’excision constitue une approche intégrée, présente dans l’ensemble des programmes, notamment ceux autour de la santé, la santé de la reproduction et le VIH SIDA.


CENTRE DJOLIBA :
C’est la première organisation qui mène des campagnes contre la pratique de l’excision dès le milieu des années 80. Disposant de solides ressources humaines, c’est une organisation qui se concentre maintenant dans le renforcement des capacités des autres organisations. Mais elle mène encore aussi des activités de sensibilisation sur le terrain.

Présentation rapide :
Statut juridique :
Association.
Date de création :
Janvier 1962
Buts généraux et principales activités :
Promotion du développement sous toutes ses formes à travers des formations, un centre de documentation et des activités d’appui aux initiatives de développement (groupements de femmes, de jeunes) et lutte contre les pratiques traditionnelles néfastes.
Groupes cibles et zones d’intervention :
Les ONG, les groupements de femmes et de jeunes, les communautés villageoises et les collectivités territoriales.
Ressources humaines :
20 personnes à Bamako, mais également antennes en région.
Contacts :
BP 298, Bamako, Mali
Tel : 222-83-32.
centredjoliba chez afribone.net.ml

Activités dans la lutte contre l’excision :
Elle organise de très nombreuses séances d’animation (par exemple en 2004 : plus de 500), des formations sur les complications de l’excision auprès de groupes stratégiques (les enseignants, les exciseuses, les leaders religieux, les autorités communales), elle a également mis sur pied des troupes de théâtre locales composées d’exciseuses reconverties et gère des clubs contre l’excision dans différents établissement scolaires.
Elle travaille également à la sensibilisation des parlementaires et des religieux musulmans.


ASSOCIATION « TAGNE » :
C’est une association qui est basée à Kati (région de Koulikoro). Elle est très dynamique et organise des journées de sensibilisation dans les villages avoisinants à l’aide d’un matériel pédagogique précis.

Présentation rapide :
Statut juridique :
Association.
Date de création :
1998, création d’un groupement de femmes (tontine).
Buts généraux et principales activités :
Amélioration de la santé de la femme et de la petite fille.
Groupes cibles et zones d’intervention :
Les habitants des villages autour de Kati.
Ressources humaines :
8 personnes.
Contacts :
BP 132, Kati Mission.
Tel : 227-25-25 / 227-24-11
Association_tagne chez yahoo.fr

Activités dans la lutte contre l’excision :
10 villages sont ciblés par an. Elle organise des journées de sensibilisation autour d’un tournoi de foot, pour attirer les jeunes (avec des maillots : « il faut abandonner l’excision ». après un repas, une causerie est organisée avec une sensibilisation sur l’excision et d’autres questions de santé (nutrition par exemple). Les animateurs disposent d’un « mannequin » qui permet de mieux expliquer les conséquences de la pratique (il s’agit d’une buste de femme où les organes génitaux sont présentés).
Elle organise aussi des formations avec les groupements de femmes et les enseignants. Elle organise également des causeries débats dans les écoles.
Elle a même mené une enquête dans ses zones sur la connaissance de l’excision (qui a montré que la majorité des gens connaissaient la pratique, une faible minorité débat de la question dans sa famille ou avec ses amis et une courte majorité est en faveur de l’abandon de la pratique).
Des clubs ont aussi été mis en place dans les écoles de Kati : les membres sont formés.


MUSOW JIGI
C’est une ONG de taille modeste mais bien implantée dans ses zones d’intervention, notamment à travers des centres d’alphabétisation. L’excision est un programme transversal, inclus dans toutes les activités de développement.

Présentation rapide :
Statut juridique :
ONG
Date de création :
Janvier 1996 (mais activités depuis 1993).
Buts généraux et principales activités :
Promotion de la santé de la mère et de l’enfant, et éducation (des centres d’alphabétisation ont été créé).
Groupes cibles et zones d’intervention :
Les femmes et les enfants. Les activités sont essentiellement à Sébékoro (région de Kayes), Ségou et Bamako.
Ressources humaines :
4 personnes (bénévoles)
Contacts :
Bamako : Sogoniko.
Tel : 220-56-78
muswojigi chez yahoo.fr

Activités dans la lutte contre l’excision :
Il s’agit d’une approche intégrée dans le cadre de la promotion de la femme : Activités Génératrices de Revenu, banques de céréales, micro-crédits… Par exemple, dans le cadre du maraîchage, de petites causeries sont organisées avec les bénéficiaires autour de thèmes de sensibilisation sur la santé (santé de la reproduction et excision en particulier). Le même genre d’activité est organisé dans les centres d’alphabétisation.
Des agents relais sont formés au niveau des zones d’intervention basée sur le principe de transferts de compétences : par exemple sur 20 à 25 femmes formées, 5 vont passer le message à leurs pairs.
La principale difficulté est la pérennisation des activités quand les programmes financés ne sont pas renouvelés.


RESEAU MALIEN DE LUTTE CONTRE LES MGF :
C’est un réseau dynamique qui regroupe les principales associations nationales qui luttent contre les MGF. Il organise des rencontres régulières au cours desquelles les membres présentent les activités qu’elles ont faites et proposent des partenariats. Des activités de formation leur sont proposées.

Présentation rapide :
Statut juridique :
Association.
Date de création :
avril 1997 (mais des activités ont commencé en 1995).
Buts généraux et principales activités :
Renforcer les compétences des ONG et associations selon leurs besoins.
Groupes cibles et zones d’intervention :
Associations et ONG oeuvrant dans la lutte contre les MGF qui sont membres du Réseau.
Ressources humaines :
6 personnes à Bamako (dont deux bénévoles) mais antennes locales.
Contacts :
Bamako : immeuble Adia Soumaré, ACI 2000.
arama_patomon chez yahoo.fr (Emile Arama, directeur)
Tel : 229-33-55.

Activités dans la lutte contre l’excision :
Durant l’année, le Réseau suit les activités de ses membres (66 membres) pour identifier leurs besoins à travers des réunions trimestrielles mais aussi des suivis plus précis qui se concentrent sur deux associations choisies par an.
En 2004, le Réseau a organisé une formation sur le vocabulaire adapté aux MGF (une journée) et une autre sur le développement institutionnel et le renforcement des organisations (pendant 5 jours).
.
Il vient de s’installer en 2004 dans des bureaux.


SINI SANUMAN :
C’est une association encore jeune, mais qui a mené quelques activités intéressantes, notamment par la production d’une cassette audio.

Présentation rapide :
Statut juridique :
ONG
Date de création :
Octobre 2002.
Buts généraux et principales activités :
La lutte contre toutes les formes de violence faites aux femmes.
Groupes cibles et zones d’intervention :
Les populations à Bamako et Koulikoro.
Ressources humaines :
1
Contacts :
BPE 3885
Tel : 222-54-50.
sinisanuman chez yahoo.fr

Activités dans la lutte contre l’excision :
Elle a mis en place une pétition contre la pratique de l’excision (Pacte contre l’excision), qui est diffusée par le biais de clubs et d’associations partenaires.
Elle organise aussi des interventions dans les écoles et différentes animations régulières.


III- Bibliographie et documents et sites Internet pour aller plus loin.


Quelques sites Internet (en français) :

- Organisation Mondiale de la Santé :
Données de base sur la pratique, les conséquences…
http://www.who.int/topics/female_genital_mutilation/fr/

- Pour les données statistiques sur le Mali et le Kenya (et autres pays) dont certains sont en français :
http://www.measuredhs.com

- AFRIK
Ce site d’actualité africaine a un dossier thématique régulièrement mis à jour sur la pratique de l’excision.
http://www.afrik.com

- Stop Excision ! :
Site de la campagne internationale contre l’excision, en collaboration avec l’UE.
http://www.stopfgm.org

- Les mutilations sexuelles féminines :
Ouvrage de Pierrette HERZBERGER-FOFANA (2000)

- Union Interparlementaire (UIP) :
Sur leur site on trouve une présentation des organisations impliquées dans la lutte et des liens vers des textes juridiques de référence.
http://www.ipu.org/wmn-f/fgm/ref.htm

- Courants de femmes :
C’est une association française composée d’étudiant(e)s et de journalistes qui organisent des formations en informatique et en réalisation de site Internet pour les associations de femme en Afrique de l’Ouest. Sur son site, ils cherchent à visibiliser les associations rencontrées.
http://www.courantsdefemmes.org

Des documents :

- Des ouvrages de référence :

- Des couteaux contre les femmes, Séverine AUFFRET, des femmes du MLF, Paris, 1982, 295p.
Un ouvrage engagé.

- La femme blessée, essai sur les mutilations génitales féminines, Michel ERLICH, l’Harmattan, 1986, Paris, 326p.
Ouvrage très complet, même si un peu ancien, écrit par un gynécologue qui a pratiqué en Afrique.

- Dieu d’eau. Entretiens avec Ogotemmeli, Marcel GRIAULE, Fayard, Paris, 2002 (1ère édition 1966), 233p.
Pour avoir quelques éclaircissements sur la pratique chez les Dogons (Mali).

- Les mutilations sexuelles féminines, Fran HOSKEN, Denoel/Gonthier, 1982 (mise à jour en 1993), 299p.
Rapport toujours très complet sur la lutte contre l’excision en Afrique, pays par pays.
Ce rapport a fait grand bruit la première fois qu’il a été édité (1975) aux Etats-Unis.

- Abandonner l’excision féminine. Prévalence, attitudes et efforts pour y mettre fin, Liz CREEL, Population Reference Bureau, 2002, 34p.

- Eclosion au Sénégal : pourquoi les populations abandonnent la pratique de l’excision ?, TOSTAN, janvier 1999, 99p.

- Des articles :

- « Le combat des femmes maliennes contre l’excision », Sophie MALAVOY, Interface, mars-avril 1998 (http://www.icdr.ca)

- « Pénaliser un fait culturel : quelle solution à l’excision ? », Penda MBOW, Présence Africaine, n°160, 1999, pp 66-77.

- « Abandon collectif de l’excision. le début de la fin », Gerry MACKIE, in : Female circumcision in Africa- Culture, controversy and change, B.SHELL-DUNCAN et Y.HERLUND, Lynne Reiner publishers Inc, Londres, 2000, pp253-282.

Très bon article rédigé par une sociologue qui fait le lien entre la réussite des campagnes contre le bandage des pieds en Chine et la lutte contre l’excision.

- « Un thème sensible : l’excision en Afrique et dans les pays d’immigration africaine », Laurence PORGES, Afrique Contemporaine, n°196, 2000, pp49-75.

- « Mutilations sexuelles féminines et droits humains en Afrique », Fatou SOW, Labrys, numéro 5, 2004.
Article disponible sur :http://www.unb.br/ih/his/gefem/labrys5/textos/fatousow/htm

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Cet article a été réalisé par aurélie Latourès, doctorante IEP/CEAN (Bordeaux)
contact : aurelie.latoures chez wanadoo.fr

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[Voir aussi l’article relatant une expérience similaire de la Côte d’Ivoire en cliquant ici. Elles pratiquaient l’excision jusque dans la capitale

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