Faute d’argent, le délit de violences domestiques ne sera plus traité

Une manoeuvre politique a eu pour conséquence l’abrogation de la loi interdisant les violences domestiques dans une ville du Kansas, Topeka, aux Etats-Unis. Depuis un désaccord (politico-financier) entre le procureur général du comté du District Attorney et le conseil de la ville de Topeka le 8 septembre 2011, plusieurs affaires en cours ont dû être abandonnées.

La capitale du Kansas, Topeka, a décidé d’abroger sa loi interdisant les violences domestiques, dans un souci de réduire son budget, rapporte le Topeka-Capital Journal.

Le conseil de la ville a voté à 7 contre 3 cette décision purement politique : à cause de coupes budgétaires, le procureur général (District Attorney) du comté s’est mis à transférer toutes les affaires de délits de violences domestiques à la ville, qui refuse de les gérer à cause du coût supplémentaire que cela représenterait. En abrogeant cette loi municipale, les responsables de Topeka espèrent forcer le bureau du procureur à traiter à nouveau les affaires de violences conjugales de la ville.

Le District Attorney a annoncé sa décision d’arrêter de poursuivre les délits de violence domestique (pas les crimes) après une coupe budgétaire de 10%. Ces délits représentaient la moitié de tous ceux traités par son bureau en 2010. Mais la ville assure ne pas avoir les procureurs, les tribunaux, le personnel, les programmes ni même la prison pour prendre soudainement cette charge de travail.

Cette « décriminalisation » de la violence domestique a choqué et énervé de nombreuses organisations locales et nationales, qui estiment que c’est la vie de gens qui est mise en danger pour un jeu politique de « qui cèdera le premier ».
« Je ne comprends absolument pas cette décision. C’est vraiment choquant qu’ils jouent avec la sécurité familiale pour voir qui clignera des yeux en premier. Des gens pourraient mourir pendant qu’ils attendent de régler ça. »

Les responsables municipaux assurent qu’il ne s’agit pas d’une décriminalisation puisque la violence domestique est toujours interdite d’après la loi du Kansas et reste donc un crime au niveau étatique. Mais depuis ce désaccord entre la ville et le comté le 8 septembre, environ 30 personnes accusées de telles violences ont vu les charges contre eux abandonnées, l’un d’entre eux à deux reprises, rapporte le Kansas City Star.

Les associations sont d’autant plus émues que la violence intrafamiliale augmente avec le stress de la crise économique, expliquent-elles, et elles espèrent que cet exemple ne sera pas suivi par d’autres villes ou comtés en difficultés financières.

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Source : Slate.fr

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