Femmes du Congo-Kinshasa. Défis, acquis et visibilité de genre

De l’état passif, longtemps imposé, accepté voire toléré, les
femmes congolaises sont entrées dans l’ère de la prise de parole.
Elles sont devenues actives dans des domaines où on les
acceptait le moins et qui leur étaient interdits. Ce livre tente d’analyser les domaines dans
lesquels leur visibilité est effective ; une visibilité spontanée
et/ou préparée, sans laquelle elles seraient encore réduites à
l’idéal de la maternité, de la beauté du corps, de la soumission
voire d’effacement public.

Femmes du Congo-Kinshasa. Défis, acquis et visibilité de genre, de Cikuru Batumike

Résumé : Leur contribution
au processus d’amélioration des conditions de vie des membres
de la société a été rarement prise en considération, ne figurant ni
dans des études sérieuses ni dans des statistiques officielles.
Elles ont été marginalisées aux motifs liés au pouvoir mâle et à
la sauvegarde de celui-ci. La position subalterne dans laquelle
elles furent jadis parquées -dans la famille et dans la société- fut
considérée comme la norme, en dépit de leurs capacités et
compétences à assurer certaines responsabilités dites réservées
au sexe opposé. Ce livre tente d’analyser les domaines dans
lesquels leur visibilité est effective ; une visibilité spontanée
et/ou préparée, sans laquelle elles seraient encore réduites à
l’idéal de la maternité, de la beauté du corps, de la soumission
voire d’effacement public.


Extrait :
"Au fil du temps, un concept identitaire s’est mis en place : la femme congolaise prend de plus en plus conscience de son identité longtemps -et sciemment omnibulée par une volonté dominante et possessive- mâle. Elle s’est mise à parler pour soumettre ses aspirations de vie. Elle s’est mise à contester l’autorité du mâle et donner un sens à sa vie. De la soumission à la prise en main de son destin, le chemin parcouru reste long. Tout n’a pas été entrepris pour que la femme congolaise jouisse d’une grande considération quant au rôle qu’elle est censée jouer dans la société. Des acquis existent. Des défis, en grande partie, susceptibles d’en finir avec les discours, les promesses, les résolutions, les professions de foi et de poser des actes concrets en terme psychologique (adopter d’autres mentalités qui mettent la femme en confiance) ; culturel (en finir avec la chosification de la femme et se défaire du poids de certaines traditions qui l’amoindrissent dans sa personnalité) ; social (garantir l’instruction et l’accès de la femme aux postes de prise de position) ou juridique (actualiser les codes de la famille et du travail). Certes, des synergies ont vu ou voient le jour, oeuvres de quelques organisations féminines de la société civile. Mais, elles souffrent de l’absence d’une dynamique continuelle d’action, de l’absence de lobbying féminin ou de l’accompagnement de médias, d’un manque de collaboration ou d’entente entre les femmes, chacune voulant tirer la couverture de son côté."(Prise de conscience tardive ?, p.9)

Extrait : “L’éveil des femmes congolaises à la chose politique n’a pas suffit à rallier les troupes et à combler leur retard sur la scène en terme quantitatif. Certes, leurs nominations aux postes de responsabilités ont eu lieu, dans le passé. Mais, celles-ci ont toujours péché par leur côté alibi. Les années Mobutu avaient habitué les Congolais au règne de l’ethnicisme en lieu et place du choix des compétences avérées. Des femmes étaient nommées aux “modestes” postes politiques par le biais de la cooptation, un mode de désignation aussi machiste que tribal. La méritocratie n’était pas la règle de jeu dans ce passage d’une chaise politique à l’autre où il fallait prouver ou une bonne relation ou une appartenance à une famille proche du pouvoir. Les femmes élues par ce système étaient sous-évaluées quand elles n’étaient pas perçues, par l’opinion publique, comme n’ayant aucun mérite politique. En 2008, rien n’avait changé : leur représentativité dans les rouages de la vie politique demeurait en deçà de la norme internationale si l’on se réfère au non-respect des dispositions du sommet de Beijing ou de la résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies qui exige que “la femme soit représentée en raison de 30% dans les institutions dirigeantes du pays”. (Nominations à l’ancienne, P. 25)


Sommaire


Introduction :
prise de conscience tardive ?


Chapitre I : Visibilité dans l’espace politique et les entités civiles, page 10

1. Rôle visible pour première dame
2. Champ politique : la difficile visibilité
3. Société civile ou démocratie participative
4. Quand la femme dit le droit


Chapitre II : Visibilité dans l’espace artistique et culturel, page 41

1. Beaux-Arts, Danse, Théâtre, Musique et Lettres
2. Femmes congolaises et médias : le petit pas


Chapitre III : Visibilité dans l’espace économique, page 63

1. Du formel et de l’informel
2. Des décideurs non visibles
3. Circonstances de visibilité en milieu rural


Chapitre IV : Visibilité et question de traditions, page 77

1. Famille nombreuse : facteur de culpabilité ou empêchement à la visibilité de la femme ?
2. Pagne ou pantalon : une visibilité controversée
3. Prêcher pour rompre la chaîne du silence ?


Postface :
Dessine-moi une femme congolaise, page 85

Bibliographie, page 93


***

L’auteur :

Essayiste, poète et journaliste, Cikuru Batumike est de nationalité suisse. Il est né à Bukavu (République démocratique du Congo) des parents congolais. Il est diplômé en relations publiques (Lausanne, Suisse) et en journalisme (Brunoy, France). Collaborateur de diverses publications (suisse et française), il a travaillé dans les années 1980 en qualité de journaliste à Radio Bukavu (Voix du Zaïre), puis à l’hebdomadaire JUA du Kivu (RD Congo) qu’il quitte après avoir connu les gêoles de la sécurité pour ses opinions. Cikuru Batumike vit et travaille en Suisse depuis 1984. Il est membre de l’Union internationale de la presse francophone (UPF), section suisse. Il est le correspondant en Suisse du magazine Amina.

Publications

- Être Noir africain en Suisse (L’Harmattan, 2006) : Intégration, identité, perception et perspectives d’avenir d’une minorité visible
- Presse écrite africaine d’Europe francophone (Éditions des Ecrivains, 2000) : choix d’exil, défis, échecs et succès
- Souffle, poèmes (Éditions Saint-Germain-des-Prés, Paris, 1989), collection Poésie Toujours
- Arrêt sur étroiture, poèmes (Éditions des Ecrivains, 2007)
- Lettres à(de) l’amie qui me veut du bien (Editions Baudelaire, Paris, 2009), correspondances.


***

Pour en savoir plus :


Collection : études africaines.
Editions L’Harmattan, Paris.
100 pages.
ISBN : 978-2-296-07779-9
Prix public TTC : 11,00 € ; frais de port et emballage : 1,50 € pour la Suisse.

Réservez votre exemplaire auprès de l’auteur : cikurubatumike chez hotmail.com ou par un simple courriel aux éditions l’Harmattan, service de diffusion : presse.harmattan5 chez wanadoo.fr

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