Femmes en diaspora

Envisager la situation diasporique sous l’angle du sort réservé aux femmes revient à établir que migrer ne se fait pas sur le même mode, n’a pas les mêmes implications pour les hommes et pour les femmes.

D’après "Diasporas. Histoire et sociétés", n°11, automne 2007

Thème du dossier : « Femmes »

Envisager la situation diasporique sous l’angle du sort réservé aux femmes revient à établir que migrer ne se fait pas sur le même mode, n’a pas les mêmes implications pour les hommes et pour les femmes. Bien plus, il s’agit d’admettre qu’au-delà de la singularité de chaque parcours individuel, il existe suffisamment de caractéristiques communes aux migrantes pour qu’on puisse les regrouper en vertu de leur sexe. C’est à cette possibilité d’observer les sociétés diasporiques à travers les relations de genre que s’attache ce numéro de Diasporas.

Le rapport rendu en 2006 par le Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP)[1] souligne, du point de vue quantitatif, la légitimité de s’intéresser aux femmes migrantes : leur part dans les migrations ne cesse de croître et il s’agit un phénomène ancré dans l’histoire et qui peut être appréhendé dans sa dimension diachronique.

Par ailleurs, le lien très fort que les femmes conservent avec le pays d’origine doit nous inciter à étudier les incidences du départ des femmes sur leur pays, région, cellule familiale d’origine - on insistera notamment sur l’impact sur l’économie du pays de départ/accueil - mais on s’intéressera aussi à l’influence culturelle - au sens large - que peuvent exercer ces femmes sur le/les pays d’accueil et aux modifications que la migration induit sur le mode de vie des migrantes.

Il semble que les femmes soient au cœur des tensions entre traditions et valeurs de la communauté d’origine, dont elles sont souvent chargées d’assurer la transmission, et adaptation voire adoption de celles des sociétés d’accueil. Elles peuvent de ce fait se trouver dans une situation d’instabilité, prises entre deux mondes qui les aspirent. Sans doute est-ce cette tension qui fait des femmes en diasporas les victimes les plus fréquentes de pratiques discriminatoires et d’exploitations de tous ordres sur lesquelles on ne manquera pas de revenir.

Si passer les frontières signifie donc souvent affronter des obstacles innombrables, se confronter à une altérité hostile, se mettre en danger, cela peut aussi vouloir dire émancipation et liberté. Par le fait même de partir. Par la construction d’un itinéraire personnel à distance des normes parfois pesantes de la société natale. S’éloigne ainsi, du fait du passage en diaspora, la représentation traditionnelle des femmes, à l’ombre des maris, pour faire place à des femmes qui se battent pour leur survie, gagnent en autonomie et s’aventurent avec succès sur des voies traditionnellement considérées comme masculines.

[1] Il est consultable en ligne à l’adresse :
http://www.unfpa.org/swp/2006/french/introduction.html, pour la version française.

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