Femmes et Travail en Algérie

Cette présentation est une synthèse partielle des recherches en thèse et doctorats sur le thème « femmes et travail » soutenues au niveau des universités d’ Alger, d’Oran, de Constantine et de Tlemcen. Deux thématiques au cœur des mutations actuellement en cours en Algérie sont couvertes : "Femmes, travail et entreprise" d’une part et de l’autre "Femmes, travail et famille".

Le premier thème traite des rapports : Femmes, travail et entreprise.
Il étudie la réalité sociale des femmes travailleuses dans le secteur industriel en apportant une analyse des difficultés et des blocages qui s’opposent à la participation des femmes dans la vie économique du pays et cela à travers le diagnostic des facteurs socioculturels et professionnels qui encouragent ou entravent la femme à continuer à travailler dans l’entreprise industrielle.

Le deuxième thème traite des rapports : Femmes, travail et famille.
Il aborde la question des conditions sociales de vie des femmes travailleuses et les conséquences sur la vie familiale à travers l’analyse des éléments positifs et négatifs encourus suite au travail de la femme à l’extérieur. Cet axe traite également des différentes difficultés que rencontrent la femme travailleuse dans ses tentatives de concilier vie professionnelle et vie familiale. Autrement dit concilier entre taches domestiques et taches professionnelles.

Méthodologie utilisée :
Toutes les thèses et mémoires ont utilisé en premier lieu la méthode descriptive puis analytique insérée dans une volonté de mise en perspective historique qui consiste à rassembler les données sur des cas précis en vue d’expliquer les facteurs déterminants de la situation sociale de la femme travailleuse.

Outils méthodologiques :
A travers l’étude de ces thèse et mémoires, nous avons relevé l’utilisation de la méthode d’enquête quantitative, qualitative dont l’observation et l’entretien. Les lieux de recherche ont concerné les villes de Constantine, d’Alger, de Bordj Bouarréridj, d’Oran, de Tlemcen, de Batna, de Mila (Ferdjoua). L’approche par échantillon a permis de sélectionner les femmes travailleuses de divers milieux socioculturels, de statut matrimonial différent (mariée, célibataire, veuve, divorcée) et de niveau d’instruction allant de sans instruction au niveau primaire, moyen, secondaire et supérieur.
Les résultats de ces recherches :
Le plus grand taux des femmes travailleuses appartiennent à la catégorie de personnes âgée de 18 à 37 ans.
La faiblesse du nombre des femmes travailleuse mariées et mères dont l’age se situe entre 40 et 45 ans. Les études menées dans les années 80 montrent que les femmes travailleuses quittaient le travail dès le mariage où dès la naissance du premier enfant.

Durant les années 70 et 80, les femmes travailleuses avaient un niveau primaire, moyen et secondaire. Les travailleuses de niveau universitaire venaient en seconde position.
Le nombre de femmes travailleuses mariées a augmenté dès les années 90.
A chaque fois que le niveau d’instruction, est élevé, l’attachement au travail chez la femme augmente.
Le travail est d’une grande importance chez les travailleuses de niveau universitaire ce qui traduit pour nos chercheurs un niveau de conscience élevé notamment dans la contribution au développement du pays.
Les femmes de niveau d’instruction supérieur vivent des problèmes avec leur hiérarchie au niveau de l’entreprise et cela du fait que leurs responsables ou ceux qui détiennent la responsabilité sont d’un niveau d’instruction inférieur. Elles rencontrent aussi des problèmes de position dans l’organigramme qui n’est pas souvent en adéquation avec ses capacités et ses compétences.

Les facteurs qui encouragent les femmes à travailler à l’extérieur sont d’ordre socio-économique traduisant une relation instrumentale à l’égard du travail, ils se résument comme suit : La nécessité économique pour aider la famille ou l’époux, la nécessité d’ordre financier en vue de la réalisation d’un but précis telle que la constitution du trousseau de mariage pour les célibataires et amélioration du niveau de vie pour les autres catégories.
D’autres facteurs d’ordre personnel et psychologique sont signalés tels que : l’aspiration à se réaliser et à conquérir une place sociale dans la société notamment pour les travailleuses d’un niveau d’instruction supérieur, l’aspiration à une autonomie financière.
Toutes ces recherches soulignent que les femmes travailleuses vivent des conditions qui entravent leur participation dans la vie économique et sociale qui se manifestent par le fardeau des taches domestiques, l’absence de crèches et de garderie, le manque de transport. Malgré ce contexte difficile, les femmes travailleuses se distinguent dans le travail par rapport à leurs collègues masculins, elles sont plus respectueuses des règles et de la réglementation du travail notamment en matière de respect des horaires de travail et d’absentéisme. ce qui dénote d’une implication importante quand elles s’investissent dans le travail.

Selon les résultats de ces travaux, un grand nombre de femmes travailleuses déclarent que leurs familles ne s’opposent pas à leur travail , nécessité économique oblige et métiers exercées aussi (enseignement, la santé…). Pour les cas des travailleuses mariés des années 70 et 80, elles soulignent l’hostilité au travail de la part de leurs époux parfois, malgré leurs niveaux d’instruction élevé ainsi que celle de leurs beaux parents ( les parents du mari) du fait qu’ils cohabitent avec ces derniers.
Pour les recherches menées durant les années 90- 2000, les résultats démontrent une avancée dans les attitudes des maris et des familles à l’égard du travail de la femme. La participation des femmes à la prise de décision, son accession aux postes de direction et de responsabilité demeurent plutôt faible notamment dans le secteur de la production, son rôle se limite au niveau de l’exécution. Elles bénéficient moins des possibilités de promotion professionnelle et quand elles en bénéficient, la période d’accès à une promotion est plus longue que leurs collègues masculins et cela malgré leurs compétences et leurs niveaux d’instruction.
Les femmes vivent péniblement cette inégalité avec leurs collègues masculins, elles se sentent exclues des chances de la promotion professionnelle. Cette discrimination entre l’homme et la femme dans le travail est liée aux mentalités dominantes qui au préalable définissent les rôles sociaux des hommes et des femmes et qui se répercutent au sein du milieu de l’entreprise.
La participation des femmes dans l’activité syndicale est très faible.

Conclusion de l’étude :
Les résultats de ces travaux démontrent qu’il est difficile de dissocier la situation des femmes travailleuse de la situation de la société en général. Elles démontrent aussi qu’ on ne peut comprendre l’activité professionnelle des femmes sans la mise en lien mettre un lien avec le travail domestique et ses responsabilités au sein de la famille.
Les résultats soulignent un changement opéré à l’égard du travail des femmes à partir des années 90 marqué par plus de compréhension de la nécessité de la participation des femmes dans l’emploi mais cela non pas parce qu’elles ont des capacités pour contribuer au développementéconomique mais comme nécessité pour aider la famille. Par contre les femmes démontrent un attachement qualitatif au travail comme élément de leur épanouissement notamment chez les travailleuses ayant un niveau d’instruction élevé. Des facteurs objectifs consolident l’attitude des femmes à l’égard du travail malgré les contraintes liées à leurs responsabilités familiales.

Pour consulter le détail de ces études : résultats et conclusions

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1 Message

  • Femmes et Travail en Algérie Le 17/12/11 à 15:32 , par nissou

    je veux bien voir cette these pour mon memoir svp si quelq un peut m l envoyé sur mon email : nesrine_123456 chez hotmail.com et merci d avance

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