Femmes et économie : quels enjeux ?

Créer des passerelles entre économie et politique, économie et solidarité, global et local, production et reproduction, tel est l’objectif du Pôle socio-économie solidaire qui insiste sur la mise en valeur des initiatives portées par les femmes.

Comment créer les bases d’un nouveau paradigme mettant l’économique au service de la solidarité ? Cette synthèse, largement inspirée des travaux du chantier « Femmes et économie » du Pôle socio-économie solidaire, se propose de répondre à cette question en articulant la mise à plat des résistances structurelles rencontrées par les femmes porteuses d’initiatives d’économie solidaire et la recherche de pistes de justice sociale.

Renforcer les passerelles entre politique et économique, insister sur l’importance du local, accélérer l’accès aux droits, déconstruire l’opposition production/reproduction, valoriser les initiatives, en font partie. La poursuite du travail sur l’élaboration d’indicateurs de richesse incluant le genre permettrait également d’affiner la nécessaire entreprise de valorisation de ces initiatives.

Toutefois, en Inde, au Pérou, en France, ou dans des secteurs comme la micro-finance, les expériences se caractérisent par leur multiplicité, mais témoignent du paradoxe entre la nécessaire action collective pour repenser la lutte contre les inégalités et la vigilance à observer en matière de manipulation et d’exotisme occidental.

Parmi les principales tendances constatées, on peut noter :
-  les femmes seules sont pauvres et discriminées ;
-  les femmes travaillent dans des secteurs d’activité sous-valorisés et sous-payés ;
-  elles occupent des postes précaires ;
-  elles assument un temps de travail supérieur à celui des hommes, non rémunéré ;
-  elles n’ont ni droit aux ressources financières ni à la propriété ;
-  elles n’ont pas le même accès que les hommes à l’alimentation, la santé et l’éducation ;
-  elles sont victimes de violence domestique et sociale ;
-  elles sont sous-représentées au niveau politique ;
-  elles paient la libéralisation des marchés en se substituant à la faillite des services publics ;
-  les tâches domestiques sont reléguées à une obligation aliénante ;
-  les politiques universalistes ne fonctionnent pas car le système patriarcal impose des oppositions public/privé, marchand/non marchand, professionnel/familial, production/reproduction ou encore égoïsme/altruisme ;
-  l’environnement technocratique local n’est pas adapté aux besoins des initiatives d’économie solidaire ;
-  le Pib se mesure à ce qui peut être vendu au détriment de la production d’utilité sociale et de l’intérêt général.

De ces constats résultent ces principales recommandations :
-  concevoir le développement non pas en termes de croissance mais de droits économiques et politiques ;
-  réhabiliter l’histoire des femmes, de leurs luttes et de la multitude de leurs alternatives ;
-  mettre l’économique au service de la solidarité ;
-  privilégier l’approche locale ;
-  créer des partenariats afin d’influer sur les débats publics ;
-  développer les processus collectifs, avec le soutien des hommes, sans occulter le nécessaire leadership ;
-  assurer une vigilance en matière d’instrumentalisation de ces initiatives ;
-  promouvoir leur accompagnement et garantir leur visibilité ;
-  conjuguer engagement et professionnalisme ;
-  privilégier la polyvalence au détriment de la division des tâches ;
-  rompre avec l’étanchéité des pôles privé/public, rural/urbain, local/global ;
-  socialiser les tâches domestiques afin de revaloriser le statut des activités de proximité et de « dénaturaliser » l’opposition production/reproduction ;
-  développer des indicateurs de richesse incluant le genre.

Voir document intégral : www.genreenaction.net/IMG/ pdf/Synthese_Femmes_Economie_PDF.pdf

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