Femmes et politique au Moyen-Orient

Femmes et politique au Moyen-Orient, Sonia Dayan-Herzbrun, L’Harmattan, 159 pages.

Un féminisme à visage musulman

(MFI) Dévoilement, « revoilement » : depuis le début du 20e siècle, les femmes du monde arabe hésitent entre deux identités apparemment contraires. Dans la première moitié du 20e siècle, elles ont été nombreuses à emboîter le pas des pionnières comme l’Egyptienne Huda Sharawi et à jeter leur voile aux orties. Sorties des harems et de l’espace domestique, elles ont participé avec ardeur aux combats nationalistes. Mais depuis les années 1970, Palestiniennes, Algériennes et autres choisissent massivement de porter le hijab. Et apparaissent aux yeux de nombreux Occidentaux comme en pleine régression. Pas si sûr, explique Sonia Dayan-Herzbrun. Certes, les femmes ont pu entrer dans l’espace publique - et politique - à des moments où les hommes ne pouvaient pas se passer d’elles, lors des luttes d’indépendance. Mais sitôt le joug colonial secoué, elles ont été renvoyées à leurs casseroles et à leur rôle de mères au foyer. En soutenant les régimes autoritaires et corrompus qui ont continué à les opprimer, l’Occident ne leur est plus apparu comme libérateur ni même synonyme de modernité. Aujourd’hui, le hijab serait pour elles un compromis permettant de concilier leur désir de circuler librement pour participer à la gestion de la cité et leur recherche d’une modernité originale, soluble dans les sociétés islamiques. « Toutes les jeunes femmes revoilées de leur propre gré ont en commun de vouloir être à la fois musulmanes et modernes », écrit Sonia Dayan-Herzbrun. Reste à savoir si ce chemin-là ne débouche pas sur une impasse.

(source : Le Monde diplomatique, septembre 2006)

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