Femmes, handicaps et discriminations

Les femmes handicapées doivent souvent endurer handicaps physiques et discrimination. Un forum d’un type nouveau organisé à Tripoli a abordé cette question et tenté de trouver des solutions appropriées.

Le nouveau plan d’action, baptisé "Approche de Travail de Tripoli", encourage la société à respecter et à préserver la dignité humaine des femmes handicapées du Maghreb, à respecter leur liberté et leur droit à l’auto-détermination. Il appelle également à respecter leurs particularismes et leur indépendance individuelle. Ce plan vise également à promouvoir les droits des femmes à la protection contre toutes les formes de discrimination et leur participation pleine et entière à la société.

A l’occasion de la première conférence de ce type organisée au Maghreb, des militants des droits de l’Homme et des membres de plusieurs ONG se sont récemment retrouvés en Libye pour lancer un plan d’action destiné à aider les femmes handicapées à se réinsérer dans la société sans discrimination ni obstacles.

L’Association caritative libyenne Waatasemu, en coopération avec la Ligue Générale Libyenne des Handicapés, a organisé une conférence de trois jours à Tripoli, vendredi 6 mars, pour discuter des problèmes que rencontrent les femmes souffrant de handicaps et de leurs vies quotidiennes.

"L’augmentation du taux de chômage, les faibles salaires, la difficulté à accéder aux soins médicaux, la rareté des possibilités d’éducation, le manque de services et de programmes destinés aux femmes handicapées, et le danger toujours plus grand d’une exposition à différentes formes de violations physiques, psychologiques et sexuelles, sont les défis auxquels sont confrontées les femmes handicapées du Maghreb", a déclaré Bassam Aisha, un spécialiste libyen des questions humanitaires.

Il a indiqué que la conférence avait parfaitement établi ces difficultés et que les participants avaient pu proposer des suggestions pour mettre un terme à leurs conséquences néfastes.

Aisha Kadhafi, fille du leader libyen Moammar Kadhafi et secrétaire générale de l’Association Waatasemu, a annoncé un programme destiné à mettre un terme aux violences envers les femmes en Libye.

Ce plan, a-t-elle expliqué, comporte trois volets : la mise en place d’un numéro de téléphone (15-15), que les femmes libyennes peuvent appeler pour signaler des cas de violence ; la création d’une unité de policières libyennes ; et la création d’un club et d’un centre culturel destiné aux femmes de Libye.

Cette conférence proposait également plusieurs ateliers qui ont permis aux femmes du Maghreb de faire valoir leurs expériences et d’échanger des idées.

"Il s’agit d’expériences ayant connu différents succès, dans la mesure où certains pays du Maghreb sont déjà avancés dans ce domaine", a expliqué Aisha Zinay, spécialiste algérienne des questions liées aux droits des femmes. "Nous pouvons bénéficier des expériences de surveillants de différents programmes pour handicapés."

Wided Tounzi, une Marocaine atteinte de surdité, a donné son avis sur cette conférence.

"J’ai pu présenter une image positive des femmes souffrant de handicaps", a-t-elle expliqué. "J’ai expliqué aux participants qu’avec une forte volonté et un grand sérieux, nous pouvons surmonter nos handicaps."

Magharebia a appris de sources officielles libyennes qu’une autre rencontre entre spécialistes du Maghreb aurait lieu à Tripoli dans trois mois. Cette réunion adoptera les recommandations de la précédente rencontre et chargera l’Association Caritative Waatasimu et la Ligue Générale Libyenne des Handicapés de rédiger un plan d’action et de préciser les mécanismes de surveillance et de suivi.

Par Jamel Arfaoui


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Source : AWID


Pour en savoir plus :

Approche genrée des droits humains chez les personnes en situation de handicap

Genre et handicap - croisement d’analyses

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