Femmes victimes de violences dans les conflits armés

Compte rendu du colloque « Femmes victimes de violences dans les conflits armés – Evaluer pour mieux agir ».
Ce colloque a été organisé par Amnesty International France le jeudi 20 mars 2008 au Palais du Luxembourg sous le haut patronage de Monsieur Christian Poncelet, Président du Sénat et sous le parrainage de Madame Gisèle Gautier, sénatrice.

Géraldine Caplot

La violence subie par les femmes en temps de guerre est la manifestation extrême de la discrimination et des abus dont elles sont victimes en temps de paix, ainsi que des rapports de force inégaux existant entre hommes et femmes dans la plupart des sociétés. En temps de paix, ces phénomènes conduisent à l’acceptation généralisée de la violence domestique, du viol et des autres sévices sexuels infligés aux femmes. Lorsque les tensions politiques et la montée du militarisme débouchent sur un conflit déclaré, certaines attitudes ou abus répandus prennent une autre dimension et se systématisent. Toutes les formes de violence s’intensifient alors et les femmes risquent particulièrement les violations de leurs droits humains, et subissent des violences de toutes sortes : privations, tortures, viols, prostitution, exil…

Les violences sexuelles dans les conflits armés ont « toujours existé ». Violer en temps de guerre est une façon de toucher l’ennemi, de l’envahir en « polluant » sa descendance. Le vagin devient un enjeu militaire stratégique et c’est dans l’offense d’autres « mâles » que réside apparemment le « plaisir » du viol de guerre. La guerre fournit aux hommes l’autorisation tacite de violer. Les violences sexuelles sont parfois même ordonnées, en tout cas, elles sont excusées et tolérées par le pouvoir politique et militaire. La phraséologie, les structures et les modalités de la guerre et de la militarisation sont fondées sur des valeurs privilégiant l’agressivité virile et discréditant les qualités traditionnellement considérées comme « féminines ». Les stéréotypes sexistes souvent utilisés dans l’argumentaire des partisans de la guerre ont des conséquences concrètes sur le déroulement des conflits. Le corps des femmes, leur sexualité et leurs facultés de procréation sont, symboliquement et concrètement, utilisés comme un champ de bataille. Les violences liées au genre dans les conflits armés ne sont donc pas des « dommages collatéraux » mais une des caractéristiques intrinsèques de la guerre.

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