Film-débat et exposition : "Porteuses d’espoir"

L’association Peuples solidaires, faisant partie du Radsi (Réseau Aquitain pour le développement et la solidarité internationale) a coorganisé avec l’association Genre en Action et la mairie de Pessac (France), une exposition intitulée « Burkina Faso, regards de femmes », en mars 2010. Un film, des photos et un débat ont alimenté cette manifestation sur ces Femmes africaines porteuses d’espoir.

Extrait de l’article paru dans Sud-Ouest


La vie de la femme africaine n’est pas toujours rose. Elle cumule un double handicap : le joug de la tradition et la violence ordinaire faites aux femmes sous toutes les latitudes, dans tous les milieux. Mais tout n’est pas perdu : « Il y avait un film, une expo, nous en avons profité pour créer notre manifestation Femmes africaines porteuses d’espoir », indique Francie Albarran. Elle est membre de l’association Peuples solidaires au sein du Radsi qui coorganise cette action avec Genre en action et la mairie.

Marie Devers passait par là. Actuellement en Master 2 « coopération internationale et développement » à Sciences Po, elle revient à Bordeaux après un détour par le Québec et le Burkina Faso : « J’ai d’abord fait des études de journalisme, ici. Puis j’ai travaillé un peu en France et je suis partie au Québec. Pendant quatre ans, j’ai exercé plusieurs emplois, notamment pour des ONG. » C’est l’une d’elles, Oxfam-Québec qui l’a envoyée cinq mois au Burkina Faso, pour y tourner un film dans le cadre de la première campagne internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, en Afrique de l’Ouest.

C’est ce document qui a été projeté à la Médiathèque. Excision, mariages forcés, scarifications et autres maux ordinaires dans une région d’Afrique où la tradition pèse son poids... des femmes et des hommes du Burkina Faso ont décidé de prendre les choses en main pendant « 15 jours d’activisme ».

La tradition a bon dos

« L’excision est officiellement interdite depuis 1996, mais elle se pratique toujours et la clandestinité amène des problèmes d’hygiène », souligne Marie Devers. Dans ce contexte l’aspect rituel deviendrait moins important que la force de l’habitude : « On coupe pour couper. »

La tradition a bon dos également quand il s’agit pour un homme, au décès de sa femme de prendre d’office pour épouse, sa soeur. « C’est le Sororat ». Et si c’est l’homme qui décède, son frère hérite de sa femme... « C’est le Lévirat ».

Autres violences qui scandalisent Marie Devers, les accusations de sorcellerie, bien commodes pour se débarrasser de quelqu’une : « En une demi-heure, la femme est jetée hors de son village sans rien et la malédiction la suit. Beaucoup meurent sur la route, après avoir tout perdu, leur dignité, leur raison d’être. » Certaines parviennent jusque dans les deux centres créés à Ouagadougou. « J’en ai visité un, mais je n’ai pas pu filmer. »

Son documentaire de 38 minutes n’est pourtant pas un film catastrophe : « Il montre l’engagement et l’enthousiasme de Burkinabé qui veulent faire évoluer les choses. » Marie Devers a aussi ramené des photos dans ses bagages. Elles sont réunies à la Médiathèque sous un titre qui incite à ouvrir l’oeil : « Burkina Faso, regards de femmes. »

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Source : Sud-Ouest

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