Forum Euro-Med en Tunisie : lutter contre la violence liée au sexe

Des responsables gouvernementaux et des représentants d’ONG des pays arabes, du Maghreb et d’Europe se sont retrouvés à Tunis pour parler de la violence liée au sexe. Le forum a débouché sur le lancement d’un ambitieux programme de lutte contre la violence liée au sexe dans la région méditerranéenne.

Des militantes des droits des femmes venues d’Afrique du Nord, du Moyen Orient et d’Europe se sont réunies la semaine dernière à Tunis à l’occasion d’un forum d’un genre nouveau.

Ce rassemblement de trois jours, qui s’inscrivait dans le cadre du Programme euro-méditerranéen financé par l’Union Européenne pour la Promotion de l’Egalité entre Hommes et Femmes, s’est achevé jeudi 23 avril par le lancement d’un plan d’action destiné à collecter des données et à fournir des informations plus précises et plus complètes aux gouvernements, aux médias et aux organisations non gouvernementales.

Les participants se sont mis d’accord sur une approche unifiée en vue de la collecte d’informations sur la violence envers les femmes et ont défini des principes pour les enquêtes que les pays participants "en particulier la Tunisie, la Jordanie et le Liban, ont l’intention de mener".

Ce forum a pris acte des progrès réalisés en Tunisie dans le domaine des droits des femmes, et appelé le pays à "finaliser un document pilote" relatif à ses progrès, ses dépenses et ses mécanismes de résolution de problèmes, afin d’aider les autres pays.

L’attention portée par les sociétés arabes à la violence basée sur le sexe est encore loin d’atteindre le niveau souhaité, a déclaré l’ancien ministre égyptien Amina Chafik.

Mais une attention renforcée de la part des organisations non gouvernementales a "obligé les gouvernements à prêter attention à la violence envers les femmes", a ajouté Mme Chafik.

"Nous avons besoin de temps et d’un changement des mentalités, car cela se fera étape par étape et de manière résolue."

Hassiba Houacine, directrice de service au ministère algérien de la Famille, a expliqué que l’Algérie avait commencé à élaborer un programme de lutte contre la violence envers les femmes en 2005. Ce plan est entré aujourd’hui dans sa deuxième phase.

"Nous sommes sur le point de lancer une nouvelle expérience, qui sera la mise en place d’un système d’information unifié permettant d’assurer un suivi en matière de violence envers les femmes", a expliqué Mme Houacine.

En Jordanie, la violence physique envers les femmes se manifeste par les homicides pour l’honneur et le viol, a expliqué Samar Haddadine, journaliste, à Magharebia.

Le gouvernement et les organisations de la société civile ont tenté de modifier les lois en vigueur qui punissent les auteurs de tels homicides", poursuit Haddadine, "mais le parlement, dominé par les conservateurs et les islamistes, a rejeté leurs propositions."

Selon Faiza ben Hdid, spécialiste européenne en matière d’affaires sociales liées au sexe, une femme sur trois est battue, victime d’abus sexuels ou d’autres faits du même ordre. Dans la plupart des cas, l’agresseur est un proche de la victime.

"Une femme sur quatre fait l’objet d’agressions durant sa grossesse",souligne-t-elle.

Sarra Jeraya Kanoun, ministre tunisien des Affaires féminines, familiales, des Personnes âgées et de l’Enfance, explique que "pour parvenir à une meilleure compréhension des droits des femmes et protéger leur avenir, le changement doit venir des gens eux-mêmes".

"Nous devons mieux inciter les gens à prendre des mesures pratiques et efficaces pour mettre en place des politiques et des plans d’action conjoints susceptibles d’entraîner un changement tangible et spécifique dans les efforts visant à lutter contre la discrimination et la violence envers les femmes.”


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Source : AWID

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