Forum Social Mondial 2009, Belém do Para, Brésil : Déclaration de l’Assemblée des Femmes

Lorsque cette année, le FSM s’unit à la population de la Pan-Amazonie, nous, femmes de différentes parties du monde réunies à Belém, nous affirmons la contribution des femmes autochtones et des femmes de tous les peuples de la forêt comme sujet politique qui vient enrichir le féminisme à partir de la diversité culturelle de nos sociétés et avec nous, rendre plus forte la lutte féministe contre le système patriarcal capitaliste globalisé.
Photo : Aurélie Latourès, FSAfricain, Mali 2006

Lorsque cette année, le FSM s’unit à la population de la Pan-Amazonie, nous, femmes
de différentes parties du monde réunies à Belém, nous affirmons la contribuition
des femmes autochtones et des femmes de tous les peuples de la forêt comme sujet
politique qui vient enrichir le féminisme à partir de la diversité culturelle de
nos sociétés et avec nous, rendre plus forte la lutte féministe contre le système
patriarcal capitaliste globalisé.

Le monde aujourd’hui, assiste à des crises qui montre la non viabilité de ce
système. Les crises financières, alimentaire, climatique et energétique ne sont pas
des phénomènes isolés, mais représentent une même crise de modèle mue par la
surexploitation du traVail et de la nature et par la spéculation et financiArisation
de l’économie.
Face à ces crises, les réponses paliatives basées encore dans la logique du marché
ne nous intéressent pas. Ceci ne peut seulement mener qu’à une survie du même
système. Nous avons besoin d’avancer dans la construction d’alternatives. Pour la
crise climatique et energétique, nous rejetons la solution des agro-combustibles et
du marché de crédits de carbones.

Nous, femmes feministes, nous proposons le
changement du modèle de production et de consommation.
Pour la crise alimentaire, nous afirmons que les transgéniques ne représentent pas
une solution. Notre proposition est la souveraineté alimentaire et la production
agro-écologique.
Face à la crise financièra et économique, nous sommes contre les millions retirés
des fonds publics pour sauver les banques et les entreprises.

Nous, femmes
féministes, revendiquons la protection au travail et le droit à un revenu digne.
Nous ne pouvons accepter que les tentatives de maintien de ce système soient faites
sur notre dos de femmes. Les démissions en masse, la réduction des dépenses
publiques dans le social et l´affirmation renouvelée du modèle productif affecte
directement nos vies et qu’augmente le travail de reproduction durable de la vie.

Pour imposer son emprise sur le monde, le système recourt à la militarisation et à
la course aux armes ; il invente des confrontations/génocides qui font des femmes
des butins de guerre, et il assujetit leurs corps à la violence sexuelle comme arme de
guerre dans les conflits armés. Il expulse les populations et les oblige à vivre
comme réfugiées politiques ; il laisse dans l’impunité la violence contre les
femmes, le féminicide et d’autres crimes contre l’humanité qui se succèdent
quotidiennement dans le contexte des conflits armés.

Nous féministes, proposons des transformations profondes et radicales des relations
entre les êtres humains et avec la nature, la fin de la lesbophobie, du patriarcat
heteronormatif et raciste.

Nous exigeons la fin du controle sur nos corps et nos sexualités. Nous revendiquons
le droit de decider en liberté sur nos vies et les territoires que nous habitons.
Nous voulons que la reproduction de la societé ne se fasse pas à partir de la
super-exploitation des femmes.

Dans la rencontre de nos forces, nous nous solidarisons avec les femmes des régions
des conflits armés et en guerre. Nous joignons nos voix à celles de nos compagnes
d’Haiti et nous répudions la violence pratiquée par les forces militaires
d’occupation. Notre solidarité aux Colombiennes, Congolaises, et tellement d’autres
qui résistent tous les jours aux violences des militaires et milices impliqués dans
les conflits de leurs pays. Notre solidarité avec les Iraquiennes qui font face à
la violence de l’occupation militaire norte-américaine.
Actuellement et spécialement, nous nous solidarisons avec les femmes de Palestine
qui sont dans la Bande de Gaza sous l’attaque militaire d’Israel. Et nous nous
joignons à toutes celles qui luttent pour la fin de la guerre au Moyen-Orient.
Dans la paix comme dans la guerre, nous nous solidarisons avec les femmes victimes
de la violence patriarcale et raciste contre les femmes noires et contre les jeunes.

De la même manière, nous manifestons notre appui et solidarité à chacune des
compagnes qui sont en luttes de résistance contre les barrages, les marchands de
bois, les entreprises minératrices et les mégas-projets en Amazonie et autres
parties du monde. Elles sont persécutées pour leur opposition légitime à
l’exploitation. Nous nous joignons aux luttes pour le droit à l’eau.

Nous nous solidarisons avec toutes les femmes qui sont criminalisées pour pratique
de l’avortement ou parce qu’elles défendent ce droit. Nous reforçons notre compromis
et convergeons nos actions pour résister à l’offensive fondamentaliste et
conservatrice, et pour garantir que toutes les femmes qui en ont besoin aient le
droit à l’avortement légal et en sûreté.

Nous nous joignons aux luttes pour l’accès des femmes porteuses de déficiences et
pour le droit d´aller et de venir des femmes migrantes.

Pour nous et pour toutes, nous continuerons notre compromis de construire le
mouvement féministe comme une force politique contre-hégémonique et comme un
instrument des femmes visant la transformation de leurs vies et de nos sociétés,
appuyant et renforçant l’auto-organisation des femmes, le dialogue et l’articulation
avec les luttes des mouvements sociaux.

Nous serons toutes, dans le monde entier, le 8 mars prochain et durant la Semaine
d’Action Globale de la Marche Mondiale des Femmes de 2010, à nous confronter au
système patriarcal et capitaliste qui nous opprime et nous exploite. Dans les rues
et dans nos maisons, dans les forêts, dans les champs et plantations, dans le
cheminement de nos luttes et dans le quotidien de nos vies, nous maintiendrons notre
rébellion et mobilisation.

Belém, 1er février 2009

Marche Mondiale des Femmes contre les Violences et la Pauvreté
25/27 rue des Envierges 75020 Paris
Téléphone : 01 44 62 12 04 ; 06 80 63 95 25 ;
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