France : La maternité reste un frein pour la carrière des jeunes femmes

Devenir mère est toujours un frein à la carrière professionnelle pour les jeunes femmes, contrairement à leurs compagnons, qui pâtissent beaucoup moins de leur paternité, selon une étude du Centre d’étude et de recherche sur les qualifications (Céreq) publiée vendredi.

Par Sarah DAWALIBI AFP - Vendredi 20 juillet, 16h34

PARIS (AFP)

Selon cette enquête, réalisée auprès de 16.000 jeunes sept ans après leur entrée sur le marché du travail, 32% des femmes déclarent que la naissance de leur premier enfant a eu une incidence sur leur emploi.

Après cette première maternité, 17% des jeunes femmes passent ainsi à temps partiel, 11% changent de poste ou acceptent une mutation, 7% démissionnent de leur emploi et 4% prennent un congé parental à temps complet.

Après un deuxième enfant, l’impact sur la carrière est encore plus fort, avec 35% des femmes qui réduisent leur temps de travail et 16% qui prennent un congé parental à temps complet.

Ces changements conduisent à un impact sur leur revenu, puisque parmi les diplômées ayant au minimum un bac+3, l’écart de salaire atteint 12% entre les jeunes mères et les femmes sans enfant.

Toujours chez les diplômées, 49% seulement travaillent à temps plein lorsqu’elles sont mères de plusieurs enfants, contre 92% quand elles n’en ont pas.

Parmi les femmes qui n’ont pas fait d’études, la mise entre parenthèses de la vie professionnelle est encore plus forte, avec seulement 18% des mères de plusieurs enfants qui travaillent à temps plein, contre 55% pour celles qui n’ont pas d’enfants.

Chez les hommes, par contre, "être père ne semble pas avoir de conséquences sur leur situation professionnelle", souligne le Céreq, en constatant qu’enfants ou pas, "presque tous travaillent à temps plein au terme de leur septième année de vie active, et leur salaire ne varie guère en fonction du nombre d’enfants".

91% des pères déclarent ainsi que leur situation professionnelle n’a en rien été affectée par la naissance de leur premier enfant et, lorsque le deuxième arrive, 96% ne déclarent aucun changement.

La principale explication, souligne le Céreq, est que ce sont toujours les femmes qui assument encore l’essentiel des charges domestiques, et la "spécialisation vers des rôles conjugaux traditionnels" s’accentue même au fur et à mesure que la famille s’agrandit.

Passer l’aspirateur, préparer le repas du soir et faire les courses : les jeunes femmes s’acquittent pratiquement quatre fois plus de ces travaux que les hommes.

Elles effectuent en moyenne 1,8 de ces tâches si elles n’ont pas d’enfant, 2 si elles en ont un, et 2,1 si elles en ont plusieurs. Les jeunes hommes quant à eux en réalisent en moyenne 0,6, qu’ils soient pères ou non.

Cette division du travail persiste, même si c’est la femme qui a la situation professionnelle la plus avantageuse dans le couple. 25% des femmes qui déclarent gagner au moins autant d’argent et travailler au moins autant de temps, voire plus, que leur conjoint assurent tout de même l’essentiel des tâches domestiques.

A contrario, seuls 8% des hommes qui sont moins bien rémunérés et ont un temps de travail moins long que leur conjointe, disent réaliser l’essentiel des tâches ménagères.

Cette enquête s’appuie sur le suivi par le Céreq de la "Génération 98", constituée par un échantillon de 16.000 jeunes qui sont entrés sur le marché de l’emploi en 1998, et qui sont périodiquement interrogés sur l’évolution de leur vie professionnelle.

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