GENRE ET POUVOIR POLITIQUE

Le séminaire atelier « Genre et Pouvoir » qui s’est déroulé du 5 au 7 décembre 2006 à
Lomé est une initiative conjointe de l’Antenne du Togo de l’Association des Femmes
Africaines pour la Recherche et le Développement (AFARD) et du Réseau Togolais
pour la Promotion du Genre (ReTOP Genre). Le but de l’atelier était de démystifier
(banaliser afin de montrer la véritable nature) et de démythifier (ôter le caractère
mythique) le pouvoir et son exercice pour les femmes.

« GENRE ET POUVOIR POLITIQUE »
Actes d’un séminaire-atelier national de formation
Lomé, 5 – 7 décembre 2006

PREFACE

Le séminaire atelier « Genre et Pouvoir » qui s’est déroulé du 5 au 7 décembre 2006 à
Lomé est une initiative conjointe de l’Antenne du Togo de l’Association des Femmes
Africaines pour la Recherche et le Développement (AFARD) et du Réseau Togolais
pour la Promotion du Genre (ReTOP Genre). Le but de l’atelier était de démystifier
(banaliser afin de montrer la véritable nature) et de démythifier (ôter le caractère
mythique) le pouvoir et son exercice pour les femmes. Spécifiquement la formation
visait à :

- Familiariser les participantes avec le concept, l’approche et les questions
genre,
- Discuter des différentes questions relatives à l’accès, la gestion/l’exercice et
les vices /pièges du pouvoir,
- Déterminer les rapports différenciés que les hommes et les femmes ont vis-àvis
du pouvoir,
- Elaborer des stratégies efficaces pour favoriser l’accès des femmes au
pouvoir.

Le pouvoir selon le dictionnaire Robert est : « la capacité ou les moyens dont dispose
un individu [dans notre contexte les femmes] pour faire quelque chose, accomplir
une action » sur les plans économique, social et politique. En fait, l’acquisition du
pouvoir par les femmes et leur accès aux sphères décisionnelles ne peut qu’être
bénéfique pour la société. Mais malheureusement, on remarque que dans nos sociétés
et communautés les femmes disposent d’un pouvoir limité et ce pour plusieurs
raisons : entre autres la difficulté qu’éprouve la société dans son ensemble à confier
officiellement l’exercice du pouvoir aux femmes, parce qu’elle ne croit pas en sa
capacité de réussir à l’exercer, et le manque de confiance des femmes en leur propre
capacité d’arriver à exercer le pouvoir surtout dans la sphère publique. Pour essayer
de comprendre les raisons qui sous-tendent ces difficultés, hésitations et manque de
confiance, il est nécessaire d’aborder la question dans une perspective de genre.

La notion du genre est apparue aux Etats-Unis à la fin des années 69 et surtout au
début des années 70. Elle se distingue de celle de sexe et se réfère à la culture, au
contenu culturel et social du féminin et du masculin ; le sexe, lui, se référe aux
caractéristiques biologiques qui font d’un individu une femme ou un homme. Le
genre n’est pas synonyme de « femme » ou de « féminin ». C’est une notion
sociologique qui distingue les différences sociales des différences biologiques, et qui
évolue selon le lieu et le moment où on l’appréhende. L’analyse genre cherche à
analyser les relations qu’entretiennent dans une société les femmes et les hommes. Il
soutient que deux catégories de sexe se définissent l’une par rapport à l’autre : ce qui
implique une déconstruction des différentes relations qu’elles entretiennent afin de
mieux cerner les raisons profondes qui sous-tendent ces relations et les inégalités
dont sot victimes les femmes. L’analyse genre révèle donc les contraintes, les
injustices, les discriminations qui sont tolérées, voire encouragées dans divers
contextes sociaux, le plus souvent à l’encontre des femmes.

Aborder donc la question du pouvoir des femmes dans une perspective de genre est –
à notre avis - une démarche susceptible de promouvoir une réelle égalité des chances
entre les femmes et les hommes en matière d’accès aux postes de décision.

Dans le cadre de notre séminaire, la réflexion a porté sur l’accès des femmes au
pouvoir politique. A travers les différentes communications qui ont été présentées au
cours du séminaire, les sessions ateliers et les discussions, les participantes ont
cherché à comprendre comment le concept du genre influe sur la participation des
femmes à tous les niveaux de la vie politique : au niveau de leur capacité à contribuer
à la vie politique, à accéder aux postes politiques, à exercer le pouvoir politique et à
demeurer aux postes décisionnels.

En effet, les opportunités qu’ont les femmes d’accéder aux sphères décisionnelles
sont certes limitées, mais un peu plus d’effort de leur part toutes les fois qu’elles ont
une opportunité d’exercer le pouvoir, leur permettrait de faire la différence - à travers
leurs comportements et leurs actes, et par les décisions qu’elles prennent et leurs
relations avec celles et ceux qui collaborent avec elles ; ainsi l’on pourra dire qu’en
matière d’exercice du pouvoir, il existe une différence positive dans la façon de faire
des femmes ! Evitons l’attachement ou l’accrochement au pouvoir au mépris des
règles et normes qui régissent son exercice et son alternance !

Massan d’ALMEIDA
Présidente AFARD Togo et ReTOP Genre

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