Genre et agroécologie : la journée internationale de la femme et du… soja

Un texte de Luc Vankrunkelsven sur les relations entre genre, agriculture et biodiversité.

À Curitiba (Brésil), je participe à une journée de débats concernant la question du « genre ». Près de 600 femmes du Mouvement des Sans Terre (MST) ont répondu à l’appel. En réalité, la rencontre a lieu sur deux jours mais, un après-midi, j’ai la possibilité d’accompagner Paulo Mayer. C’est donc, un « homme », mais il se consacre de plus en plus au thème de « l’agroécologie et du genre ». Qu’est-ce que l’inceste et la violence sexuelle contre les femmes ont à voir avec la destruction et la violation de la nature, des peuples indigènes ?

L’insertion sociale

Il s’adresse à ces femmes battantes du MST brésilien de manière impressionnante. Voici quelques bribes de ses interventions.

«  Quel est le rêve d’un agriculteur ?  » Il regarde l’assistance. Les 1 200 yeux féminins et les 600 bonnets rouges sont rivés sur lui.

« Exactement : un tracteur, une moissonneuse batteuse et une production importante ! L’homme moyen veut produire pour le marché et, si possible, pour le marché international. »

« Qu’est-ce qu’une femme défend ? Quel est le rapport entre « genre » et « agroécologie »  ? Elles sont assises sur la pointe de leurs chaises. Une personne de la crèche s’empare du micro : « Dans la crèche, une fillette n’arrête pas de pleurer. Elle veut voir sa maman. La « maman » pourrait-elle venir un instant ? »

« Les femmes défendent la reproduction de la vie. Le genre défend « l’insertion sociale » : les femmes, les hommes, les enfants, la nature. La production également, mais pas seulement une production de biens de marché, éloignée de la vie comme un tout. La vision féminine de l’agriculture est celle de la reproduction de la vie, elle est globaliste, dans laquelle tout a sa place et tout a une interaction. La ferveur est également une partie organique de cela.

L’agroécologie représente la préservation et la récupération de la diversité de la nature et de l’agrodiversité dans la propriété. Ce qui veut dire que la « Révolution verte » n’a pas uniquement conduit à planter du soja. Non. Nous allons également produire pour notre subsistance et avec la plus grande diversité possible. Les femmes ont toujours été responsables de la diversité génétique dans le monde. Le rapport entre « genre et agriculture » évoque beaucoup plus la « polyculture » que la « monoculture ».

Durant son discours et, surtout, en pensant à l’agrobiodiversité dans la polyculture, je me remémore la pratique des femmes indiennes. Vandava Shiva l’exprime parfaitement bien avec des mots, dans son discours « Satyagraha van het zaad » [La force de la vérité de la semence].

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