Google viole-t-il les droits des femmes ?

Masum Momaya revient sur les questions de l’influence des médias et d’internet sur la liberté d’information. En effet, la société Google Inc. vient d’imposer des restrictions sur les annonces publicitaires sur la prestation de services d’avortement dans 15 pays. Nier l’accès à ce type d’informations, n’est-ce pas bafouer les droits des femmes ?

Le 17 septembre 2008, la société Google, le géant de l’Internet, a actualisé ses politiques en matière de publicité et a communiqué qu’elle n’accepterait plus les avis publicitaires offrant des services d’avortement dans les 15 pays suivants :
-  Allemagne,
-  Argentine,
-  Brésil,
-  France,
-  Espagne,
-  Hong Kong,
-  Indonésie,
-  Italie,
-  Malaisie,
-  Mexique,
-  Pérou,
-  Philippines,
-  Pologne,
-  Singapour
-  Taiwan.

Lorsqu’on cherche la traduction pertinente du terme « avortement » dans les 15 moteurs de recherche localisée de Google, aucun lien commercial relatif à des services associés à l’avortement n’est indiqué dans aucun de ces pays.
Il faut signaler, par la même occasion, qu’aucune publicité n’apparaît non plus en Chine, pays qui impose de sévères restrictions aux recherches dans de nombreux domaines, en Grèce ou en Corée du Sud. En revanche, les liens commerciaux indiquant des prestataires de services liés à l’avortement sont indiqués dans les moteurs de recherche localisés du Japon, des Pays-Bas, de la Suisse, du Royaume-Uni et des États-Unis
En juin 2009, plusieurs organisations des droits des femmes, notamment Women on Waves et Health Equity and Law Clinic de l’université de Toronto, ainsi que la Blogueuse féministe (Feministing) Lori Adelman, ont demandé à la société Google qu’elles avaient été les raisons de ce remaniement de politique.

Tout en reconnaissant que la société Google avait tout le droit « de refuser ou de mettre fin à toute annonce publicitaire à n’importe quel moment et pour n’importe quelle raison », les opérateurs de cette investigation ont manifesté leurs préoccupations quant à « l’effet néfaste de [cette politique] de restriction de l’information sur les femmes qui sont en quête de services légaux et médicalisés d’avortement. »
Elles affirment que ces restrictions « risquent de contribuer à la réalisation d’avortements non médicalisés trahissant ainsi les principes des droits humains » et ajoutent que la société Google « joue un rôle important dans la protection des droits humains. »

Souhaitons-nous que la société Google choisisse, accrédite et ordonne l’information pour nous, qu’il s’agisse ou non d’annonces publicitaires ? Et cette sélection de l’information peut-elle être considéré comme réellement objective de la part d’une société à but lucratif dont la principale source de revenus dépend de la publicité ?

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Pour lire l’article en entier :
Google viole-t-il les droits des femmes ?

Source : Common Ground

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