Idées reçues et enjeux sur le genre, par l’AFD

Le dernier numéro de "Question de Développement" (Synthèses des études et recherches de l’AFD - Agence Française du Développement) est consacré au genre : ce document fait le point sur les caractéristiques de l’approche "genre et développement" et du "gender mainstreaming".

Moins éduquées, plus pauvres, sans pouvoir de décision dans la sphère publique... Dans les années 1970, les femmes semblent "à la traîne" par rapport aux hommes. Ce constat des inégalités entre les sexes pousse les agences de développement à s’interroger sur ce "retard", et l’on en vient à considérer que la position économique et sociale des femmes dans les sociétés du sud appelle une réponse ciblée. Ainsi, "la première stratégie adoptée par les agences de développement a été de privilégier les femmes, à travers des projets « femmes » destinés à augmenter leur productivité et leurs revenus et rétablir ainsi un équilibre."

Mais on réalise au fil du temps que cette approche est simpliste et que les projets "femmes", qui par définition n’intègrent aucunement les hommes, peuvent causer indirectement une recrudescence des violences à l’égard des femmes, et donc une aggravation de leurs conditions de vie, car "les relations sociales de sexe sont généralement à la fois porteuses de relations de pouvoirs et enracinées dans un imaginaire et des systèmes de représentations".

A quoi sert la notion de genre ?

L’approche de genre permet de considérer les inégalités entre hommes et femmes non comme le synonyme d’un "retard de développement" des femmes, mais comme la marque de rapports sociaux entre les sexes, toujours défavorables aux femmes. La mise en évidence de cette construction sociale de la domination masculine invite alors à changer d’approche et à formuler des projets destinés non plus seulement aux femmes, mais à l’ensemble de la communauté, dans le but de travailler sur les rapports sociaux inégalitaires qui maintiennent les femmes dans des situations de précarité, de soumission et de vulnérabilité.
"Les inégalités homme-femme dans le monde résultent en grande partie de « rapports sociaux de sexe » inégalitaires, c’est à dire des rôles assignés aux hommes et aux femmes par la société, et non par leur « nature biologique ». Ces rôles ont historiquement toujours été défavorables aux femmes. « L’approche genre » analyse les rapports de pouvoir hommes-femmes fondés sur l’assignation de ces rôles."

Egalité de genre et développement : toujours liés ?

Il existe un lien fort entre le développement économique et la réduction des inégalités de genre (Duflo, 2012). Mais ce lien n’est pas systématique, comme le montrent certains exemples de pays très inégalitaires malgré de hauts revenus moyens par habitant.
Dire que le développement économique suffira à faire avancer la condition féminine est donc faux. En revanche, diminuer les inégalités de genre a un impact significatif sur le développement : quand l’égalité progresse, la productivité aussi, notamment dans le secteur agricole. L’éducation des filles, l’accès à la santé, aux ressources et aux opportunités sont autant d’investissements qui conduisent à une augmentation de la richesse nationale. Et ce qui est vrai au sud... l’est aussi au nord : "selon le dernier rapport de l’OCDE (2012), si les pays de l’OCDE éliminaient com- plètement les inégalités hommes-femmes pour ce qui est du taux d’activité d’ici 2030, leur produit intérieur brut (PIB) progresserait de 12 %."

Lire la synthèse :

Idées reçues et enjeux sur le genre (PDF, 315 Ko)

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