Insurrection d’octobre 2014 au Burkina Faso : une analyse de genre

La récente insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 au Burkina Faso est la résultante d’une forte mobilisation des citoyennes et des citoyens pour s’opposer à un projet de modification, par le régime au pouvoir, de l’article 37 de la constitution en vue de permettre à son candidat, Blaise COMPAORE, de briguer un troisième mandat.
Cette insurrection a abouti à la chute du régime au pouvoir et a conduit à la mise en place d’une transition politique devant organiser les élections en octobre 2015.

L’Association d’Appui et d’Eveil Pugsada (ADEP) du Burkina Faso, membre du ROEG, a mené une étude sur le genre des acteurs et des actrices impliqué-e-s dans l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 au Burkina Faso.

Cette étude, élaborée avec l’ONG Diakonia, documente la participation des femmes et des hommes à cette insurrection populaire qui a abouti à la chute du pouvoir. Un régime provisoire a été mis en place, assurant la transition politique et devant organiser les élections en octobre 2015. L’étude propose également des recommandations sur les stratégies à mener pour une meilleure prise en compte des femmes dans la vie publique.

Dans la première partie de l’étude, les auteur-e-s font l’état des lieux des avancées en matière de droits pour les femmes au Burkina Faso. Malgré la ratification de la Convention sur l’Elimination de toutes les formes de Discrimination à l’égard des Femmes (CEDEF) et du Protocole de 2003 sur les droits des femmes en Afrique annexé à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, le pays est classé 115ème sur 135 pays selon l’Indice Global Genre du Forum Economique de 2011. A noter que le Burkina s’est engagé en 2009 dans un processus d’intégration du genre dans les politiques et programmes sectoriels à travers l’adoption d’une Politique Nationale Genre.

La seconde partie de l’étude est centrée sur l’implication des femmes et des hommes burkinabè dans la vie politique, sociale, économique avant, pendant et après l’insurrection. En 2010, les auteur-e-s mentionnent que 17,1% des postes ministériels étaient occupés par des femmes. Dans l’actuelle période de transition, 16% de femmes sont représentées dans le gouvernement et 13,33 % dans le Conseil National de Transition (CNT). L’implication des femmes dans l’insurrection est réelle (cf. la marche des femmes du 27 octobre 2014, mentionnée dans l’étude), cependant comme en témoignent les chiffres, elle ne s’est pas traduite par une meilleure représentation de celles-ci dans les sphères décisionnelles politiques. Cette situation de sous-représentation politique des femmes est expliquée par des facteurs historiques notamment par la façon dont est construit le champ politique depuis l’indépendance et par des facteurs sociologiques impliquant la moindre disponibilité des femmes pour l’engagement politique.

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