Intégration de la dimension genre à la lutte contre la pauvreté et OMD

Ce rapport est un manuel à l’intention des instances de décision et d’intervention ; il représente un apport majeur à la série d’ouvrages établie par le Secrétariat du Commonwealth sur la prise en compte des questions sexospécifiques dans différentes problématiques multisectorielles se rapportant au développement. Il a pour but de faire mieux comprendre les articulations entre l’autonomisation des femmes, l’éradication de la pauvreté et les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).

Intégration de la dimension genre à la lutte contre la pauvreté et OMD
Manuel à l’intention des instances de décision et d’intervention

Naila Kabeer
Traduction de l’anglais par Catherine Ego

Résumé du manuel

En septembre 2000, lors du Sommet du Millénaire des Nations Unies, 189 gouvernements du monde se sont engagés à unir leurs efforts pour réduire la pauvreté mondiale de moitié à horizon 2015. La Déclaration du Millénaire énonçait plusieurs objectifs majeurs du développement s’inscrivant dans la droite ligne de ses valeurs fondamentales. En plus de la réduction de la pauvreté et de la faim, ces
objectifs engageaient les États à promouvoir le développement humain, maintenir un environnement durable et mettre sur pied des partenariats pour le développement. En outre, ils établissaient explicitement l’égalité entre les genres comme une fin en soi : « Aucune personne, aucune nation ne doit être privée des bienfaits du développement. L’égalité des droits et des chances des femmes et des hommes doit être assurée. »

Le présent ouvrage fait le point sur les résultats des recherches théoriques et empiriques entourant les progrès réalisés par rapport aux objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) du point de vue de l’égalité des genres. Pourquoi avoir choisi cet angle d’analyse ?

Premièrement, s’il existe dans certaines sociétés des formes d’inégalité socioéconomique qui dépassent le genre (par exemple,
l’apartheid racial en Afrique du Sud, le système des castes en Inde ou la segmentation par classes au Brésil), l’inégalité intergenres est la plus omniprésente de toutes. Sous différents visages, elle marque les relations sociales dans toutes les sociétés ou presque. Par conséquent, toutes les sociétés du monde, les riches comme les pauvres, devraient avoir à coeur de bien comprendre les causes et les
impacts de l’inégalité hommes–femmes.

Deuxièmement, l’inégalité intergenres est présente dans les différents groupes qui évoluent à l’intérieur des sociétés. Comme elle recoupe d’autres formes d’inégalité, elle touche les groupes riches aussi bien que les pauvres, les groupes raciaux dominants aussi bien que les subordonnés, les groupes privilégiés aussi bien que les castes « intouchables ». Dans une société donnée, l’inégalité des genres se manifeste de manières différentes selon la couche sociale ou le groupe considéré.
Souvent, mais pas toujours, elle est plus marquée chez les pauvres. Par conséquent, l’inégalité sexospécifique s’ajoute au dénuement économique : au total, les femmes sont touchées par des formes de pauvreté plus extrêmes que celles auxquelles les hommes sont soumis. L’inégalité des genres fait partie intégrante des mécanismes qui causent et aggravent la pauvreté dans la société. Elle doit par conséquent faire aussi partie intégrante des mesures mises en oeuvre pour éradiquer la pauvreté.

Enfin, l’inégalité intergenres structure les relations de la production et de la reproduction dans les sociétés. Dans la plupart des régions du monde, les hommes assument une part importante des moyens d’existence des ménages. Par contre, ils ne jouent en général qu’un rôle négligeable dans le travail reproductif non rémunéré de la sphère domestique. À l’inverse, les femmes assument l’essentiel du
travail non rémunéré se rapportant aux soins prodigués aux membres de la famille. Variable selon la région, c’est toutefois dans les ménages les plus pauvres que leur présence dans la sphère productive atteint généralement son apogée. Cependant, les hommes et les femmes sont très loin de bénéficier d’un accès égal aux ressources qui leur sont nécessaires pour s’acquitter de leurs responsabilités. La
valeur que la société reconnaît à leurs apports respectifs ainsi que les capacités dont ils et elles disposent pour agir et déterminer leurs propres destinées sont aussi très inégalitaires. Ainsi que les recherches citées dans le présent ouvrage le prouvent, plusieurs dizaines d’années de recherches et de militantisme en faveur de l’égalité des genres n’ont pas encore convaincu les instances
d’élaboration et d’implantation des politiques de renoncer au concept d’homme pourvoyeur.

***

Pour découvrir cet ouvrage en ligne : CIRD

Pour le télécharger, veuillez importer le document

PDF - 1.7 Mo
Intégration de la dimension genre à la lutte contre la pauvreté et OMD

Dans la même rubrique :

Communauté

  • Devenir membre
  • Se connecter
  • Nos membres
  • Le genre se bouge
  • Publier un article

infoGENRE

S'abonner à la newsletter