Iran : Le régime accentue sa répression contre les cyberféministes

Reporters sans frontières condamne l’arrestation le 18 novembre de la
journaliste Maryam Hosseinkhah, membre de la rédaction des sites Internet
Zanestan ("La cité des femmes") et Tagir Bary
Barbary ( "Changement pour l’égalité"), qui
dénoncent les atteintes aux droits des femmes iraniennes.

Accusée de
"publication de fausses informations, trouble à l’ordre public et publicité
contre le régime", elle a été arrêtée car elle a refusé d’obtempérer à la
demande d’une juge du tribunal de la révolution de Téhéran qui voulait
qu’elle livre l’identité de toutes ses collaboratrices.

"Nous sommes consternés par cette arrestation. Maryam Hosseinkhah a déjà
été arrêtée le 3 mars 2007 lors d’une manifestation pour demander la remise
en liberté de quatre militantes féministes. Ces femmes demandent simplement
de bénéficier de droits équivalents à ceux des hommes et ne sont en rien
dangereuses. La répression contre ces femmes courageuses montre
l’importance d’Internet dans le pays, notamment pour le combat féministe",
a déclaré l’organisation. Zanestan, mensuel féminin en ligne créé en 2005
est fermé depuis le 12 novembre 2007 sur ordre du bureau Internet du
ministère de la Culture et de l’Orientation islamique. On lui reprochait de
publier des informations relatives à la condamnation des femmes qui
participent à la campagne "Un million de signatures pour obtenir la
modification des lois discriminatoires envers les femmes", lancée sur le
Web. Ces derniers mois, plusieurs femmes ont été arrêtées ou convoquées par
la justice dans tout le pays.

En un an, Zanestan et Tagir Bary Barbary ont été filtrés six fois et ont dû
changer leur adresse URL afin d’échapper à la censure. Selon les
informations recueillies par Reporters sans frontières, les responsables de
la société d’hébergement de Zanestan ont également été convoqués et
interrogés par le parquet de Téhéran.

Par ailleurs, le parquet a demandé la semaine dernière aux opérateurs de
téléphonie mobile de contrôler les SMS et le Bluetooth (envoi de fichiers
son et vidéos) sur les téléphones portables sous prétexte que "l’envoi de
messages immoraux et d’insultes envers le sacré s’est accru avec
l’utilisation des SMS et du Bluetooth".

L’Iran est l’un des pays les plus répressifs sur la Toile. Il fait partie
de la liste des 13 ennemis d’Internet et se targue de filtrer 10 millions
de sites "immoraux". Depuis 2006, les autorités ont par ailleurs interdit
les connexions à haut débit. Une mesure qui peut s’expliquer par un souci
de ne pas surcharger le réseau iranien, qui est de très mauvaise qualité,
mais qui peut aussi s’interpréter comme une volonté de bloquer les produits
culturels occidentaux - films et chansons - téléchargés sur le Net.

***

Source :http://www.rsf.org/article.php3?id_...

Publié dans AWID Carrefour Semaine du 1er janvier 2008

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